Réunions
Europa Humanistica : réunion de La Haye
Compte-rendu de la conférence des 7-8 octobre 2005 à l’Institut Huygens, La Haye
Vendredi 7 octobre
- Le dr. Henk Wals, directeur de l’Institut Huygens, ouvre la conférence en souhaitant la bienvenue aux équipes qui participent ou participeront dans divers pays à l’entreprise « Europa Humanistica », représentées par M. le pr. Robert Seidel, Mme Susann El Kholi et M. Volker Hartmann (Allemagne), M. le pr. Dirk Sacré (Belgique), Mme Patricia Cañizares Ferriz (Espagne), M. Jean-François Maillard, Mme Marie-Elisabeth Boutroue, M. Jean-Marie Flamand et M. Guy Cobolet (France), M. le pr. István Monok et Mme Csilla Biró (Hongrie), M. Luca Boschetto (Italie), MM. Henk Nellen et Steven Surdèl (Pays-Bas), Mme le pr. Henriette Harich-Schwarzbauer (Suisse).
Mme le pr. Marie-Luce Demonet, directrice du CESR de Tours, empêchée au dernier moment, s’était excusée. -
Marquant tout l’intérêt que porte à l’entreprise l’Institut Huygens, M. Wals souligne en premier lieu la nécessité de développer les études humanistes, non moins importantes que celles qui concernent le XVIIe siècle pour l’histoire des temps modernes, notamment dans le domaine des sciences. Aussi propose-t-il que le programme d’ « Europa Humanistica » soit soutenu et prolongé par la mise en place de groupes de recherche spécifiques. - M. Nellen ouvre la séance et présente le programme de la conférence.
En avant-propos, M. Maillard, coordinateur de l’entreprise, remercie l’Institut Huygens et son équipe humaniste d’avoir accueilli à La Haye l’ensemble des participants qui représentent déjà huit pays européens et du soin que celle-ci a mis à co-organiser la conférence. Rappelant l’esprit confédéral de l’entreprise, il exprime le vœu que soient toujours conciliés d’une part la cohérence des objectifs scientifiques et l’harmonisation des méthodes de travail, d’autre part les besoins de chaque équipe et les particularités nationales, parmi lesquelles la langue utilisée dans nos publications. La présente conférence commencera par mettre en évidence à travers des exemples précis les progrès de nos travaux depuis notre première réunion à Paris en avril 2001 pour en illustrer les aspects novateurs. Un deuxième volet consacré aux nouvelles technologies montrera la double nécessité de constituer une documentation commune à toutes les équipes et de travailler en réseau, en vue de résultats plus rapides et sans duplications. Enfin, devront être évoqués les moyens pratiques pour consolider et étendre l’entreprise.
- M. Monok présente son programme en cours sur les humanistes du bassin des Carpates, hongrois ou non, soit en tout cinq volumes : biblistes (sous presse), Johannes Sambucus, en voie d’achèvement, André Dudith, les humanistes nés avant 1550 tels que Janus Pannonius, les humanistes saxons de Transylvanie. Un volume supplémentaire pourrait rassembler les paraphrases. M. Monok évoque différents problèmes de méthode. Comment distinguer toujours nettement les imprimeurs-libraires transmetteurs et non transmetteurs ? Sont également évoqués le problème de la paraphrase, adaptation libre que l’on ne retient pas si ne figure pas le texte original, et celui des redondances d’un pays à l’autre (Pannonius édité par Beatus Rhenanus), qu’une concertation entre les équipes concernées permettrait de résoudre aisément.
Mme Biró expose ensuite les résultats de son travail sur Sambucus dans le cadre d’un thèse de doctorat et rend évidente la complémentarité de ses recherches sur l’ensemble de la production de cet humaniste et de la rédaction du volume 2 qui retient seulement ses aspects proprement philologiques.
- M. Hartmann et Mme El kholi dressent le bilan des travaux dirigés par le pr. Wilhelm Kühlmann sur les humanistes du Palatinat : Janus Gruter et Marquard Freher (volumes 1 et 2 sous presse), une série d’humanistes pour un troisième volume achevé à 80 %, parmi lesquels Johann Wimpheling, Postius, Opsopoeus, Xylander, Friedrich Sylburg et Denis Godefroy. Mme El Kholi a souligné de son côté la variété des transmissions textuelles, y compris en langue vernaculaire, de Marquard Freher, juriste formé par Jacques Cujas et historien. Cet exemple, comme celui de l’Alsacien Wimpheling ou de l’éditeur érudit Jérôme Commelin, montre les interférences d’un pays à l’autre et le critère décisif du lieu d’exercice de l’érudit plutôt que celui de sa nationalité d’origine.
Un débat s’est ensuite engagé sur la question des manuscrits à prendre en compte, dont il ressort qu’on ne peut taire certaines transmissions manuscrites significatives (par ex. Straneus à l’université de Valence pour le grec, Agosto Valdo pour Pline l’Ancien), quitte à considérer comme moins importantes celles d’humanistes qui purent imprimer leurs travaux à leur guise (Gruter). Il a cependant paru simple et peu coûteux en temps de recherche de noter toutes les transmissions manuscrites trouvées dans la littérature secondaire au cours du travail et de se limiter à une vérification rapide dans quelques grands répertoires et bases de données comme celle de Munich.
- M. Maillard s’appuie sur trois humanistes (Georges Hermonyme de Sparte, François Tissard et Jean Chéradame) qui figureront dans le deuxième volume d’hellénistes français à paraître en 2006 (le troisième, en chantier, concernera Jacques Lefèvre d’Etaples, Josse Clichtove et François Vatable) pour illustrer le renouvellement des connaissances relatives aux cercles érudits et aux réseaux humanistes nationaux et internationaux grâce à la publication systématique des pièces liminaires et à la redécouverte d’œuvres transmises souvent rares.
Au-delà de leur propos philologique, ces documents mettent en lumière la pensée de l’humaniste, la diversité des enjeux contemporains et des affrontements, mais remettent également en cause les simplifications historiques. Ainsi, le programme budéen et le milieu qui donnera naissance au Collège royal étaient déjà en place depuis près d’un demi-siècle. La restitution plus fidèle des contours tant intellectuels que politiques de ces cercles et réseaux humanistes suppose pour y parvenir qu’Europa Humanistica se concerte elle-même en réseau et échange sous d’autres formes ses informations.
- M. Nellen présente l’exemple de Gisbertus Longolius, qui confirme l’importance des préfaces pour combler les lacunes biographiques intéressant la carrière de l’humaniste, préciser la pratique de son enseignement, comme a permis de le faire une préface reprenant au XVIIe siècle une édition de texte aujourd’hui disparue, et en général éclairer ses méthodes philologiques adaptées aux besoins de ses étudiants, tant pour établir que pour traduire les textes. Les préfaces remplissent également une fonction apologétique : sauver les lettres et la philosophie païenne pour leurs qualités rhétoriques et pédagogiques. L’exemple de Longolius soulève divers problèmes de méthode dans le cadre de notre entreprise : l’extrême dispersion des éditions conservées dans toute l’Europe et le coût élevé d’un examen des nombreuses éditions plus tardives qui reprennent des extraits de l’œuvre originelle ; la nécessité de prendre en considération non seulement les pièces liminaires, mais l’ensemble du texte pour juger des réelles modifications apportées d’une édition à l’autre, afin de compléter les informations souvent imprécises que donnent à cet égard les dédicaces, au risque d’alourdir exagérément le travail. Un débat s’engage alors sur la limite chronologique à poser à l’inventaire et à l’étude des éditions d’un humaniste donné. Une limite, différente selon les auteurs anciens et les œuvres transmises, semble s’imposer, afin de ne pas confondre histoire de la transmission humaniste et histoire du texte jusqu’à nos jours.
- La seconde partie de la séance est consacrée à la présentation des travaux en cours ou en projet dans différentes équipes. Mme Cañizares expose l’état d’avancement des travaux sur les humanistes espagnols, menés par l’équipe madrilène du pr. Lisi, qui viennent d’aboutir à un premier vivier de 338 humanistes espagnols des XVIe-XVIIe siècles, à partir d’un fichier de travail fourni par l’équipe parisienne. Cet indispensable inventaire préalable permet d’envisager la mise en chantier d’un premier répertoire alphabétique d’humanistes espagnols. Mme Cañizares évoque enfin le problème général des humanistes dont les activités se déroulent hors de leur pays d’origine, tels que les Italiens en Espagne et les Espagnols à Naples, et conclut à la nécessité de répartir avec souplesse entre les différentes équipes concernées les humanistes selon l’aire culturelle où ils ont effectivement œuvré.
- Représentant Mme le pr. Concetta Bianca, de Florence, M. Boschetto présente ensuite un projet de recherche sur les humanistes italiens, suffisamment trans-régional pour fédérer à terme plusieurs équipes au niveau national. Commençant tout naturellement par le Quattrocento, le travail porterait dans un premier temps sur les chanceliers et les ambassadeurs humanistes, en adoptant un regard transversal qui manquait à des figures souvent connues, mais étudiées pour elles-mêmes dans leur contexte local. Un ouvrage d’ensemble sur les traducteurs en latin et en langue vernaculaire, qui manque actuellement, pourrait également être envisagé.
- Coordinateur de l’équipe belge, M. Sacré présente les deux phases du programme de travail prévu. Dans un premier temps, l’équipe participera à la rédaction du premier volume d’humanistes néerlandais, qui sera achevée en 2006, pour les humanistes de Haarlem, Deventer et Anvers (Coornhert, Junius, Agricola, Murmellius, Longolius, Pulmannus, Van Ghistele). Dans un deuxième temps, l’équipe belge prendra en charge pour un volume à paraître en 2009 les humanistes liés à la fondation du collège trilingue de Louvain jusqu’en 1575, date de la fondation de l’université de Leyde. Il comportera entre autres Nannius et Barlandus, dont MM. Nellen et Laureys donneront les monographies. Indépendamment du problème posé par Erasme et de sa bibliographie de quelque 300 éditions, une liste de monographies sera établie pour deux autres volumes après 2009, pour peu que soit aplanie d’ici là la question du financement.
- M. le pr. Seidel expose son projet de création à Francfort d’une équipe consacrée aux humanistes de Hesse, liés aux universités de Marbourg, Gießen, Francfort, Hanau, Cassel et Darmstadt. Le projet soumis l’an dernier à la DFG fera l’objet d’une nouvelle candidature sur la base de quelques spécimens représentatifs, le corpus se limitant plus précisément au réseau intellectuel, aux personnages et aux œuvres les plus importants.
- Mme le pr. Harich Schwarzbauer commence par décrire le programme interdisciplinaire « Opera poetica basiliensia » (2003-2005) et la situation en Suisse, en soulignant qu’un nouvel intérêt pour l’humanisme passe par le renforcement de ses liens avec les études anciennes, la littérature comparée, la philosophie, dans le cadre d’un projet non pas national, mais culturel et international, en l’occurrence avec les universités alsaciennes de Mulhouse (Marie-Laure Freyburger-Galland) et de Strasbourg (James Hirstein), les résultats de la recherches devant par ailleurs être valorisées dans l’enseignement. Les projets avec l’Union européenne seront favorisés. Selon ces lignes directrices très proches de l’esprit qui anime « Europa Humanistica », la mise en place d’une équipe humaniste suisse à Bâle, l’un des lieux d’échanges les plus importants à la Renaissance en matière d’érudition et de typographie, a paru particulièrement souhaitable à très brève échéance.
- La discussion du document franco-allemand récapitulatif des lignes directrices de nos recherches et de la méthode de travail suivie ayant déjà eu lieu à La Haye en décembre 2003, il a paru préférable d’en communiquer seulement le texte aux nouveaux participants à qui il a été demandé, ainsi qu’aux autres équipes, de renvoyer dès que possible leurs propositions d’amendement ou de complément. Un débat général s’engage ensuite sur les moyens humains et matériels à mettre en œuvre pour consolider les équipes actuelles ou permettre aux équipes nouvelles de commencer à travailler. Les possibilités d’une candidature dans le cadre de l’UE, la seule véritablement adaptée à l’esprit et aux besoins de l’entreprise, ont à nouveau été examinées, dans le cadre d’un tout récent appel d’offres de 36 millions d’ €, évoqué par M. Monok. Deux pistes plus légères et immédiates doivent du moins être explorées : celle de la Fondation européenne de la science (ESF) et des bourses européennes du type Marie-Curie ou Eurocores, d’autre part l’obtention de bourses post-doctorales au niveau universitaire. Il a été convenu que chacune des équipes universitaires présentes s’informerait et ferait circuler l’information sur les conditions actuelles, différentes d’un pays à l’autre. Outre ce dernier type de bourses, prévues pour un séjour à l’étranger, d’autres très courtes, de quatre à six semaines, existent en Allemagne pour un travail en bibliothèque.
Quoi qu’il en soit, le recours à plusieurs sources différentes n’est pas à négliger pour le démarrage d’une équipe encore dépourvue d’une reconnaissance et de subventions plus importantes. L’exemple hongrois donné ci-dessus du travail mené par Mme Biró montre qu’une thèse de doctorat peut servir à la rédaction parallèle d’une monographie, de même que le recours ponctuel à des spécialistes peut pallier en partie le manque de personnel permanent et permettre une publication, comme ce sera le cas pour les équipes belge et néerlandaise.
- Pour finir, M. Surdèl présente le résultat de l’heureuse initiative prise par M. Henk A. G. Braakhuis, ancien directeur par interim de l’Institut Huygens, de solliciter le patronage d’« Europa Humanistica » par l’Union académique internationale, candidature agréée dans la catégorie C sans financement ordinaire, lors de sa 79e session des 23-28 mai à Ankara. Les équipes présentes demandent toutefois que soient précisées les conditions mises par le président Pasquale Smiraglia. Ainsi, il devra être indiqué explicitement que l’agrément a été donné à l’entreprise (et non le « projet »), dans son ensemble, présentée par l’Académie royale néerlandaise des sciences. Le maintien de l’intitulé « Europa Humanistica » sera demandé au lieu de celui qui a été proposé par l’UAI (« Corpus Humanisticarum Praefationum »), trop restrictif. Il a été convenu que chacune des équipes présentes fournirait sous un mois le bref résumé de ses activités et/ ou de ses projets.
- M. Maillard conclut cette première journée en notant la richesse de l’information rassemblée, les progrès accomplis depuis la conférence fondatrice d’avril 2001, l’intérêt que présente pour nous tous les travaux décrits et les questions de fond qu’ils ont suscitées. En découle la nécessité de se concerter davantage et de faire plus régulièrement circuler l’information, sans attendre de se réunir à nouveau. Le rythme de trois années entre chaque réunion, à tenir si possible dans un pays différent, paraît le plus efficace pour faire le point et développer l’entreprise.
Samedi 8 octobre
- La circulation de l’information grâce aux nouvelles technologies, en premier lieu au service des participants d’ « Europa Humanistica », en second lieu d’un public plus large de spécialistes de diverses disciplines, a fait l’objet de la demi-journée suivante à laquelle participait M. Peter Boot (Service informatique de l’Institut Huygens).
- Mme Boutroue a commencé par décrire, démonstrations à l’appui, les objectifs de la base documentaire humaniste BUDÉ et son état actuel avant sa prochaine mise en ligne, en janvier 2006. Il est prévu de dépasser 200 000 enregistrements à la fin de cette même année. Ont été précisées les modalités d’utilisation et d’enrichissement de la base par nos différentes équipes. Afin d’éviter deux opérations distinctes et coûteuses en temps, le moyen d’extraire dans l’ordre tous les éléments préalablement saisis des monographies à mettre en page a d’autre part été mis au point sur la demande judicieuse de l’Institut Huygens. Cette application, qui fonctionne localement à partir du logiciel Access de Microsoft sera remplacée par une application en ligne dans la version suivante. Dans celle-ci, disponible en ligne début 2006, chaque équipe disposera d’un accès administrateur restreint permettant l’ajout et la suppression de données, l’équipe parisienne gardant l’administration technique de la base.
- Sur la demande également de l’équipe néerlandaise, a été réalisé un site « vitrine », lié à la base précédente, pour rendre visible le travail en cours. Ce site fonctionne à partir d’un CMS (SPIP) et de diverses fonctionnalités ajoutées (barre typographique, gestion d’albums d’images) A la date du 8 octobre, moyennant une publicité pourtant limitée, le site, en constante progression, avait reçu 7102 visites en 14 mois. Chaque équipe peut intervenir sur le site pour publier ses propres travaux en cours. Le site comporte également un forum interne, invisible de l’extérieur qui permet de laisser des informations plus confidentielles. M. Monok a rappelé à ce propos l’obligation légale à respecter vis-à-vis de l’éditeur Brepols de ne donner en ligne que des extraits des travaux publiés dans les volumes. Le site est consultable à l’adresse http://www.europahumanistica.org.
- Touchant les bibliothèques numériques au service de la documentation humaniste, M. Monok décrit l’état d’avancement du programme international de numérisation de la bibliothèque corvinienne actuellement conservée dans 52 bibliothèques de trente pays : un DVD a été réalisé pour les 52 manuscrits conservés en Hongrie. Dans le cadre d’une base de données sur les imprimés et les bibliothèques de Hongrie aux XVIe-XVIIe siècles (« Bibliotheca eruditionis »), 70 000 pages ont été déjà numérisées. La base Arcanum Adatbázis recense les fonds numérisés de 52 bibliothèques hongroises. La bibliotheca corviniana est visible à l’adresse http://www.corvina.oszk.hu/ ; la base de données à l’adresse http://www.eruditio.hu/.
- Mme Cañizares expose les différents projets de numérisation, la plupart liés aux travaux de l’équipe sur les humanistes espagnols et à l’opération financée par la Comunidad de Madrid depuis 2002, en vue de créer une bibliothèque virtuelle des 338 humanistes sélectionnés, actuellement disponible en ligne sur le site du groupe de recherche Akademos, de l’Université Carlos III de Madrid (Biblioteca Virtual del Humanismo Espagnol). Il est également prévu de numériser les pièces liminaires imprimées et les pièces autographes, enfin de créer ultérieurement une revue d’humanisme espagnol. Mme Cañizares présente en outre le catalogue en ligne des livres anciens (Catálogo Colectivo del Patrimonio Bibliográfico Español) réalisé par le ministère de la culture, indiquant systématiquement les cotes d’ouvrages conservés dans les bibliothèques publiques et privées du pays. Le site de la biblioteca virtual est consultable à l’adresse http://www.uc3m.es/uc3m/inst/LS/hum….
- M. Cobolet décrit les progrès de Medic@, la bibliothèque virtuelle de la Bibliothèque interuniversitaire de médecine, lancée en 2001, qui comprend en octobre 2005 une banque d’images (6 000 illustrations) et 3 000 documents numérisés (monographies, thèses, articles de périodiques, manuscrits), soit un total de 600 000 pages accessibles en ligne. Medic@ est organisée en séries thématiques, et comprend notamment un corpus des médecins de l’Antiquité rassemblant les éditions de dix-sept auteurs anciens, accompagnées de présentations savantes et d’index permettant la consultation. Le site de la BIUM est consultable à l’adresse http://www.bium.univ-paris5.fr.
- Mme Boutroue présente au nom de Mme Demonet, empêchée de venir au dernier moment, les Bibliothèques virtuelles humanistes (BVH), numérisant dans un premier temps 2 000 volumes, principalement conservés dans les bibliothèques de la région Centre. Mme Boutroue évoque également les recherches menées par plusieurs laboratoires de recherche en informatique (Lyon et Tours) avec le service informatique du CESR de Tours en vue de l’indexation en mode texte des textes numérisés. Ces progrès sont rendus possibles grâce au logiciel Agora, mis au point au laboratoire d’informatique de Tours, qui permet une analyse automatique de la mise en page et l’isolement des divers blocs de texte et d’images. La mise en œuvre de ces outils permettra ensuite de passer au mode texte, à l’aide d’un logiciel de transcription assistée par ordinateur (TAO). Les bibliothèques virtuelles humanistes sont visibles à l’adresse http://www.bvh.univ-tours.fr.
- Mme Boutroue conclut la demi-journée. Au terme de ces exposés, il apparaît que de nombreux programmes sont en cours dans les diverses équipes d’Europa Humanistica dont le but commun est d’assurer la publication et le partage des sources. A ce stade de notre travail, il est particulièrement important de rester en contact et d’échanger le plus possible les informations, notamment à l’aide des outils nouvellement créés : on pense particulièrement au site « vitrine » qui pourrait nous servir d’extranet commun. Reste cependant posé le délicat problème de la recherche de financements pour ce volet d’Europa Humanistica.
- Pour illustrer la conférence, une visite a été organisée par l’Institut Huygens au Musée du livre Meermanno-Westreenianum, sous la conduite de son conservateur, Dr. Jos van Heel. Elle a permis d’y découvrir de rares manuscrits provenant notamment de la bibliothèque des jésuites du collège de Clermont et quelques-uns des 1500 incunables conservés.
Réunion Europa Humanistica : La Haye 7 et 8 octobre 2005
Liste des participants.
Pour les adresses électroniques, remplacez ’at’ par @
Madrid : Mme. Patricia Cañizares Ferriz patca’at’filol.ucm.es
Paris : M. Jean-François Maillard, M. Jean-Marie Flamand, Mme. Marie-Élisabeth Boutroue humanisme’at’irht.cnrs.fr , Prof. Guy Cobolet cobolet’at’bium.univ-paris5.fr
Tours : Prof. Marie-Luce Demonet marie-luce.demonet’at’univ-tours.fr
Leuven : Prof. Dirk Sacré dirk.sacre’at’arts.kuleuven.ac.be
Den Haag : M. Henk Nellen henk.nellen’at’huygensinstituut.knaw.nl , M. Steven Surdèl steven.surdel’at’huygensinstituut.knaw.nl
Heidelberg : M. Volker Hartmann volker.hartmann’at’gs.uni-heidelberg.de , Mme Elkholi
Frankfurt : Prof. Robert Seidel robertcseidel’at’web.de
Budapesti : Prof. István Monók monok’at’oszk.hu ; Mme. Csilla Biró
Basel : Prof. Henriette Harich-Schwarzbauer henriette.harich’at’unibas.ch
Firenze : Prof. Luca Boschetto : boschettoluca’at’hotmail.com
Programme des deux journées
Vendredi 7 octobre
9h 30 : Accueil par M. Henk Wals, directeur de l’Institut Huygens.
9h 45 : Avant propos par MM. Henk Nellen et Jean-François Maillard.
1e partie : les apports scientifiques d’Europa Humanistica
1- Présentation des travaux publiés et à paraître. 2- Intervention, à partir des dossiers déjà travaillés, sur un sujet scientifique de choix afin de mettre en évidence les apports de l’entreprise.
10h 30 : M. le Prof. István Monok et Mme. Csilla Biró : Johannes Sambucus
11h : Café
11h 15 : Mme. Elkholi, M. Hartmann : Bilan des recherches à Heidelberg.
11h 45 : Discussion sur les deux exposés.
12h 15 : Déjeuner
14h : M. Jean-François Maillard : Bilan des recherches à Paris
14h 30 : M. Henk Nellen : Gibertus Longolius
15h 00 : Discussion sur les deux exposés.
2e partie : questions d’organisation scientifique
15h 30 : Table ronde
1- Établissement des corpus d’humanistes pour la publication - état des différentes équipes ; choix des critères de rassemblement des humanistes à l’intérieur d’un volume publié (reconnaissances de Mme. Patricia Cañizares, de M. le Prof. Dirk Sacré et Mme. la Prof. Henriette Harich-Schwarzbauer). 2- Principes d’édition. Discussion des documents franco-allemands amendés lors de la réunion de décembre 2003 à La Haye (ci-avec). 3- Répartition des humanistes entre différentes équipes.
16h 45 : Café
3e partie : moyens humains et matériels
17h : Personnels et moyens financiers. Quelles bourses, quels financements permanents ou provisoires. Circulation des étudiants et des chercheurs (postdocs, chercheurs en poste etc.). L’opportunité de préparer de nouvelles candidatures - quels organismes. Distribution d’un aide-mémoire pour récapituler les sources de financements connues. (propos de M. le Prof. Henk Braakhuis, ancien directeur a.i. de l’Institut Huygens, sur le patronage de l’Union Académique Internationale)
17h 30 : Conclusion de la journée (MM. Maillard et Nellen).
Samedi 8 octobre
4e partie : outils électroniques au service de l’entreprise Europa Humanistica
9h 30 : Base de données centralisée et extraction des monographies rédigées - Pré-publication des résultats (site Europa Humanistica ; « vitrine ») (Mme. Marie-Élisabeth Boutroue)
10h15 : Café
10h30 - 12h30 : Bibliothèques numériques et discussion
20mn de présentation et discussion à la fin.
(Mme le Prof. Marie-Luce Demonet, M. le Prof. István Monok, M. le Prof. Francisco Lisi, M. Guy Cobolet).
12h 30 : Conclusion par Mme Marie-Élisabeth Boutroue.
Séminaire 2010-2011
Programme du séminaire
Le séminaire organisé par Jean Céard, Catherine Magnien, Jean-François Maillard et la section de l'Humanisme est consacré en 2010-2011 comme l'année dernière au genre du commentaire à la Renaissance.
Il commence cette année par deux séances spéciales consacrées pour l'une à Josse Clichtove, pour l'autre à Guillaume Budé.
Le séminaire est en accès libre. Les séances se tiennent à l'institut de recherche et d'histoire des textes, 40 avenue d'Iéna - 75116 PARIS.
Pour tout renseignement, merci de contacter la section de l'Humanisme par courriel : humanisme@irht.cnrs.fr
24 septembre 2010, à partir de 15h
Farkas Gábor Kiss (ELTE, Budapest – IRHT, Paris, Section d’Humanisme)
De la liturgie à l'astrologie et au platonisme : l’horizon de l’humanisme français
au début du 16e siècle dans un ouvrage inédit de Josse Clichtove
8 novembre 2010, de 14h à 18h 30
Sylvie LE CLECH-CHARTON (Archives nationales de Fontainebleau et UMR ARTéHIS),
Louise KATZ (EPHE – IVe section),
Olivier PEDEFLOUS (Fondation Thiers),
Mireille HUCHON (Univ. Paris-Sorbonne – Paris IV, sous réserve),
Laurent CANTAGREL (Univ. Humboldt, Berlin, sous réserve),
Luigi-Alberto SANCHI (IRHT),
Marie-Élisabeth BOUTROUE (IRHT)
Approches récentes de Guillaume Budé (1468-1540)
Histoire, philologie et rhétorique de l’humanisme français
Conférence de Budapest
Diego López de Cortegana
La traducción en el humanismo español.
Un primer ejemplo : Diego López de Cortegana Patricia Cañizares FerrizUniversidad Complutense de Madrid
De entre las figuras representativas del periodo que nos proponemos abordar en el volumen dedicado a la traducción en España entre 1472 y 1520, destaca sin lugar a dudas la de don Diego López de Cortegana. Su producción humanística, dedicada fundamentalmente a la traducción, lo convierte no sólo en uno de los primeros difusores del erasmismo en España, sino también en un claro ejemplo de la importancia que el humanismo vernáculo, impulsado en gran medida a través de las traducciones, tuvo en el periodo de eclosión y desarrollo de la imprenta en España.
Diego López de Cortegana nació en 1455, probablemente en la localidad de la actual provincia de Huelva cuyo nombre lleva como apellido. A comienzos de la década de los ochenta, es decir, cuando contaba alrededor de treinta años, debió instalarse en la capital hispalense. Allí, con el tiempo, llegó a desarrollar una brillante carrera eclesiástica : fue canónigo y arcediano de la catedral, fiscal y secretario de la Santa Inquisición, y además, capellán de la reina. Como inquisidor, sucedió en 1508 al famoso y terrible Lucero, cargo en el que tuvo que hacer frente a las tropelías de su predecesor y del que fue destituido tras querer revocar infructuosamente una de las sentencias de éste.
El rasgo más destacado de su perfil, sin embargo, es su faceta como humanista de filiación erasmiana, labor a la que se dedicó cuando contaba ya con una edad avanzada, después de abandonar su cargo como inquisidor. En las letras, destacó como traductor, aunque también nos legó la edición de una Crónica del rey Fernando el Santo, de 1516. Unos años más tarde es él quien supervisa, por orden del arzobispo Deza, la impresión del Misal de la diócesis, que imprime Jacobo Cromberger en 1520. Muere pocos años después, en 1524, a los sesenta y nueve años de edad. El clérigo Cristóbal de Arcos, probablemente protegido de Cortegana, le dedicó su traducción del Intinerario de L. Barthema (Sevilla, Jacobo Cromberger, 1520) donde se dirige a él llamándolo “el más docto y exercitado almirante que en estos tales piélagos suele nadar”.
Su trayectoria como traductor demuestra curiosidad e interés tanto por textos clásicos como por las obras de grandes humanistas, entre los que cabe citar a Eneas Silvio Piccolomini y al mencionado Erasmo ; del primero traduce el Tratado de la miseria de los cortesanos y el Sueño de fortuna ; y de Erasmo la Querella de la paz.
Sin embargo, antes de publicar estas versiones ya había traducido la obra con la que su nombre pasaría a la posteridad de las letras humanísticas castellanas : el Asno de oro de Apuleyo, texto que tradujo, en palabras de Marcel Bataillon, “como hombre que gozaba ingenuamente, sin ninguna gazmoñería, de la vieja fábula milesia”[1]. Por el año que figura al final del prohemio a la traducción, la concluyó en 1513. Además de su temprana fecha (que la convierte en la primera impresa en una lengua románica), esta versión tiene el mérito de ser la única íntegra de la obra de Apuleyo, ya que las otras versiones europeas contemporáneas (las de Boiardo, Firenzuola, Michel, etc.) fueron compuestas ad usum Delphini y, por tanto, recortadas[2].
Según la pormenorizada descripción realizada por Clive Griffin del único ejemplar conocido que se conserva de la editio princeps, el que custodia la Biblioteca de Santa Genoveva de París (signatura OE.XVe. 635 (II)), y que no presenta fecha ni pie de imprenta, el libro fue impreso entre 1513 y 1516 en los talleres de Jacobo Cromberger, aunque el estudioso británico admite la posibilidad de que lo imprimiese Juan Varela de Salamanca utilizando los materiales de Jacobo[3].
El éxito que cosechó la traducción de Cortegana queda demostrado en las sucesivas impresiones que siguieron a la princeps. También sevillanas son dos ediciones que hasta hace bien poco habían pasado desapercibidas.
Una es la de Juan Varela de Salamanca, sin fecha ni pie de imprenta, pero que Julián Martín Abad ha estudiado recientemente y ha datado entre 1520-1535, sobre el ejemplar mútilo de portada y de una hoja que se conserva en la Biblioteca Nacional de Madrid (R/3393)[4]. Para la elaboración de nuestro catálogo he tenido ocasión de identificar otro ejemplar de esta edición sevillana mucho mejor conservado que el de la Nacional, es decir, con portada y foliación completa, que custodia la Biblioteca de la Real Academia de la Lengua (signatura RM 61) ; hasta ahora se pensaba que éste era un ejemplar de la editio princeps de Cromberger, probablemente por la anotación manuscrita moderna que aparece al final del volumen donde se da noticia de que es la primera edición de la obra ; sin embargo, se trata de un ejemplar similar al del la Biblioteca Nacional, es decir, de la edición sevillana de Juan Varela de Salamanca realizada entre 1520 y 1535.
La otra edición sevillana de la traducción ha sido localizada y descrita en 2003 por Francisco Escobar, quien actualmente está realizando la edición crítica del texto, y fue impresa en cuarto en los talleres de Doménico de Robertis en 1546[5].
Palau recoge dos ediciones realizadas en Zamora en 1536 y 1539, aunque de la primera no existe hasta la fecha justificación documental ni bibliográfica[6]. De la segunda edición zamorana, realizada en los talleres de Pedro Tovans, sí que contamos con un ejemplar en la Biblioteca Nacional de París (Rés. R. 310).
A partir de la siguiente edición conservada, la de Pedro de Castro, que ve la luz en 1543 en Medina del Campo, los ejemplares aumentan en relación con las sucesivas ediciones del texto. En la década siguiente a esta edición, la traducción se vuelve a imprimir en Amberes, en 1551, a manos de Juan Steelsio.
Según Francisco Escobar, la edición sevillana de Juan Varela de Salamanca depende textualmente de la princeps, mientras que la edición de Doménico de Robertis, de Zamora y de Medina del Campo forman otra familia de testimonios. Prueba de ello es, entre otras cosas, la misma división en capítulos, procedimiento pedagógico y de estrategia comercial que aparece por vez primera en la impresión de Zamora para facilitar al lector el seguimiento del texto.
La traducción de Cortegana, como sucedió con otros muchos textos contemporáneos suyos, no fue ajena a las manos de la censura. Fue incluida en el Índice Expurgatorio de 1559, y a partir de esta fecha se publicó en versión recortada. Tal como informa Pellicer, el inquisidor general Fernando de Valdés y Llano prohibió que se tradujera el texto de Apuleyo a cualquier lengua, pero “no permitiendo el Consejo Real de Castilla que el público se privase de un libro tan entretenido, le remitió a la censura de un erudito, cuyo nombre ignoramos, que le limpió de todas sus obscenidades, y según estas enmiendas se imprimió la quarta vez en Alcalá de Henares…”[7]. Así pues, a partir de la edición de Alcalá de 1584, impresa por Hernán Ramírez, se suprimen del texto los pasajes más atrevidos del relato y se recalca su propósito moralizante mediante la siguiente adición al título : “Es obra de mucho gusto y provecho, porque tiene cuentos poéticos muy graciosos, y varias historias compuestas para recrear el ánimo del hombre ; y debajo de cuentos donosos enseña a huir de los vicios, y seguir la virtud”.
De 1601 son otras dos ediciones, de Madrid y Valladolid, en las que por primera vez aparece de forma explícita el nombre del traductor, aunque como decimos presentan un texto expurgado y bastante recreado de la traducción de Cortegana.
Ya en el siglo XIX, en la edición de la colección “Biblioteca Clásica”, de 1890, los pasajes expurgados son restablecidos pero sólo se insertan en latín. La costumbre de dar en latín los pasajes obscenos de los clásicos era una norma habitual en las ediciones del XIX. La edición, además, ofrece un texto retocado y abreviado en ciertos lugares.
Finalmente, a comienzos del siglo pasado Menéndez Pelayo recuperó la versión íntegra en el tomo IV de sus Orígenes de la Novela (Madrid, 1915, pp. 1-103) ofreciendo una transcripción de la edición de Medina del Campo de 1543, que conoció a su vez una reedición años después. Hoy en día todavía nos podemos deleitar leyendo el texto de Cortegana en edición moderna, gracias a la colección Biblioteca Clásica de Alianza Editorial y a la labor de su introductor, Carlos García Gual, que la rescató en 1988[8].
Así las cosas, la traducción de Cortegana constituye un raro ejemplo de supervivencia editorial, ya que se ha publicado prácticamente de forma ininterrumpida hasta nuestros días.
Para llevar a cabo su traducción, el arcediano de Sevilla trabajó con la edición comentada del Asinus aureus (posiblemente la prínceps de Bolonia, 1499 ó 1500) de Felipe Beroaldo (1453-1505) y además hizo uso, traduciéndolos, de algunos de los paratextos del boloñés[9].
Cortegana coloca al frente de la traducción varias piezas : un Prohemium escrito en latín y trasladado al castellano, donde explica el motivo de su traducción sirviéndose de las autoridades de San Jerónimo, San Agustín, Lactancio Firmiano y Fulgencio ; a continuación, una comparación de la obra de Apuleyo con un texto griego atribuido erróneamente por la tradición a Luciano de Samósata, en la que defiende la supremacía literaria del texto del africano ; y por último, una vida de Apuleyo, donde realiza un recorrido por la vida y obra del escritor, proponiendo al final una lectura alegórica del Asinus en torno al tema del vicio y la virtud. Estas dos últimas piezas las toma y traduce de la edición comentada de Beroaldo.
Los preliminares se cierran, después del argumento del libro primero, con un tetrástico y dos dísticos latinos del orador y poeta sevillano Juan de Tovar, que ensalzan la traducción de Cortegana, subrayando la importancia que ésta tiene para el conocimiento de una obra desconocida pero esperada por el lector en castellano del siglo XVI.
La dependencia de la edición de Beroaldo es, como decimos, evidente en estas piezas. Ya Menéndez Pelayo señaló la conexión de algunas con la edición del boloñés, aunque más recientemente se ha comprobado que la deuda del arcediano es aún mayor. No sólo traduce las piezas mencionadas, además de los argumentos de los libros, sino también la interpretación alegórica que da Beroaldo en su edición (Scriptoris intentio atque consilium), que Cortegana inserta a continuación de La vida de Lucio Apuleyo, así como parte del colofón de Beroaldo.
En estas tres piezas preliminares, Cortegana sienta las líneas de su valoración de la obra de Apuleyo y pone de manifiesto la influencia que sobre él han ejercido el alegorismo de Fulgencio, el sentido moral de los Padres de la Iglesia y, por supuesto, la mediación de Beroaldo.
Tras el argumento del libro XI Cortegana inserta un tetrástico latino dirigido al lector en el que hace referencia, antes de abordar la tarea de traducir el último libro, al esfuerzo del traductor para llevar a cabo su tarea.
Por último, como piezas posliminares a la traducción leemos un tetrástico, un hexástico y un dístico latinos obra del propio traductor, en los que subraya la dificultad de la tarea, la altura de la ficción de Apuleyo, a la vez que declara su dignidad eclesiástica, su nombre propio y, en un acróstico, su apellido. De hecho, ésta será la única mención al autor de la traducción hasta las ediciones de 1601, donde ya aparece su nombre explícitamente.
La difusión en vernáculo del texto de Apuleyo a comienzos del siglo XVI trajo consigo, sin lugar a dudas, una ampliación del horizonte literario castellano, en especial de la literatura novelesca. Sería difícil hablar de la influencia que el texto de Apuleyo ejerció en las letras españolas, en especial en la literatura picaresca, sin mencionar la mediación del arcediano de Sevilla[10].
No menos significativa, sobre todo por lo que concierne a sus afinidades intelectuales, es su faceta como traductor de textos humanísticos. Como he señalado al comienzo, en 1520 publicó en los talleres de Jacobo Cromberger, en un solo volumen, la traducción castellana de tres textos : el De curialium miseris y el Somnium de Fortuna del papa Pío II, Eneas Silvio Piccolomini ; y la versión de un tratado de Erasmo, la Querela pacis. El volumen, impreso en folio, salió a la luz el 27 de abril de 1520, apenas un mes después de haberlo concluido, según se desprende de la fecha de composición del prólogo, 1 de abril de ese mismo año. En esta breve pieza Cortegana dedica sus traducciones a Rodrigo Ponce de León (1488-1530), I Duque de Arcos, y en ella aprovecha para confesar su inclinación hacia Erasmo, a quien llama “varon doctissimo mas que ninguno a mi juyzio de /nuestros tiempos”. La traducción del tratado de Erasmo pasó, como era de esperar, también por manos de la censura, ya que fue incluida en el Índice Expurgatorio de Valdés en 1559[11].
Este volumen tiene el valor de ser uno de los primeros textos de Erasmo que llegó al gran público español[12]. Como apunta Marcel Bataillon, Diego de Cortegana se sintió seducido no tanto por el significado puntual del texto de Erasmo, que en el marco político peninsular de esos años encajaba bien poco, como por su valor humano, por su ideal cristiano de paz[13]. A pesar de su importancia, sin embargo, la obra no cosechó el éxito fulminante que conocería la traducción del Enchiridion de 1527. La publicación de esta versión realizada por Alonso Fernández de Madrid favoreció la ebullición de los textos de Erasmo y la reimpresión de la olvidada traducción de Cortegana, que se publicó de nuevo en 1529 en Alcalá, en los talleres de Miguel de Eguia, “como si hubiera tenido que aguardar la primera esperanza de una paz duradera con Francia para volver a salir a la luz”, como perspicazmente apunta Bataillon[14]. No obstante, éste último estudioso piensa que su relativa falta de éxito se debe “no menos que al disfavor de las coyunturas, a la orientación general de los espíritus”[15].
Las afinidades intelectuales de don Diego López de Cortegana y su innovadora manera de leer y traducir los textos clásicos lo convierten en una de las figuras más relevantes de esa selecta minoría eclesiástica de Sevilla de espíritu europeizante, pionera en el desarrollo del humanismo cristiano.
[1] M. Bataillon, Erasmo y España. Estudios sobre la historia espiritual del siglo XVI, Madrid, 1998 (= 1950), p. 86.
[3] Clive Griffin, The Crombergers of Seville : the History of a printing and Merchant dynasty, Nueva York, 1988, nº 97 (pp. *136-*139).
[4] Julián Martín Abad, “Una edición sevillana del siglo XVI de hecho ignota”, en De libros y bibliotecas. Homenaje a Rocío Caracuel, Sevilla, Universidad de Sevilla, 1994, pp. 211-217.
[5] F. Escobar Borrego, “Una Edición del Siglo XVI de Hecho Desconocida : la traducción del Asinus Aureus por Diego López de Cortegana (Sevilla, Doménico de Robertis, 1546)”, Il Confronto Letterario 39 (2003), pp. 7-14.
[6] A. Palau y Dulcet, Manual del librero hispano-americano : bibliografía general española e hispanoamericana desde la invención de la imprenta hasta nuestros tiempos, Barcelona 1948-772, t. I, p. 403.
[7] J. A. Pellicer y Safornada, Ensayo de una bibliotheca de traductores españoles, Madrid 1778, p. 49.
[8] De 2007 es la cuarta reimpresión de esta edición.
[9] Cf. F. J. Escobar Borrego, “Textos preliminares y posliminares de las traslación del Asinus aureus por Diego López de Cortegana : sobre el planteamiento de la traducción”, Cuadernos de Filología Clásica. Estudios Latinos 21 (2001), pp. 151-175.
[11] De hecho, algunos de los ejemplares conservados de esta edición no contienen la traducción del tratado de Erasmo : es el caso del ejemplar de la biblioteca de la Universidad de Cambridge, del de la British Library de Londres, y del de la Real Academia de la Historia de Madrid.
[12] El primero sería la edición sevillana de 1516 del Sermón del niño Jesús traducido por Diego de Alcocer, traductor que quizá perteneció al mismo ambiente intelectual sevillano que Cortegana.
[13] M. Bataillon, Erasmo y España. Estudios sobre la historia espiritual del siglo XVI, Madrid, 1998 (= 1950), p. 91.
Du manuscrit à l’imprimé : le cas de Georges Hermonyme de Sparte (ca. 1440-ca. 1510)
La carrière de Georges Hermonyne : quelques repères biographiques
Beaucoup de points restent obscurs dans la biographie de cet important « transmetteur de textes », qui fut surtout copiste de manuscrits, mais aussi traducteur (il traduisit en latin plusieurs textes grecs, assez courts : voir infra), et qui enseigna le grec à Paris à plusieurs humanistes de renom. On sait peu de choses sur ses origines : est-il né à Sparte, ou bien a-t-il été l’élève de Georges Gémisthe Pléthon, ce qui pourrait expliquer son surnom de « Spartanus » ou « Lacedaemonius » ? Après la prise de Constantinople par les Turcs (1453), il est contraint de fuir la Grèce, comme tant de ses compatriotes, Janus Lascaris entre autres. Il va trouver refuge en Italie et séjourner au moins quelque temps à Rome : il est certain qu’il a fait partie de l’entourage du cardinal Bessarion (mort à Ravenne le 18 novembre 1472) et qu’il a acquis une bonne connaissance de la langue latine. Il est alors choisi par le pape Sixte iv pour accomplir une mission diplomatique en Angleterre : muni d’un sauf-conduit le 28 juin 1473, il est chargé d’obtenir la libération de l’archevêque d’York George Neville qui avait été arrêté en avril 1472 pour avoir soutenu la révolte de son frère Richard contre le roi Édouard iv. Georges Hermonyme, ayant traversé la France et peut-être les Flandres, gagne l’Angleterre et obtient la libération de Neville, mais il est lui-même accusé d’espionnage par des marchands anglais et emprisonné à la Tour de Londres en décembre 1475. Il n’obtient sa libération au bout de quelques mois qu’après paiement d’une lourde rançon, qu’a contribué à réunir son ami le copiste grec Andronikos Kallistos. Au printemps de 1476, Hermonyme peut rejoindre la France : il est à Paris en juin 1476, comme il en témoigne lui-même au colophon d’un manuscrit de Quintus de Smyrne qu’il achève le 23 juin. Désormais, sa carrière va se dérouler à Paris, mais les renseignements précis nous manquent. Il a donné des leçons de grec, sans doute dans des collèges (à Sainte-Barbe ?) mais aussi à titre privé, auprès d’élèves qui ne tarderont pas à être connus comme des humanistes prestigieux. Plusieurs viennent des pays germaniques : Johannes Reuchlin, le praeceptor Germaniae, qui était présent à Paris en 1478 ; Beatus Rhenanus, Michel Hummelberg ; le parisien Guillaume Budé en 1491 ; peut-être aussi Érasme, aux alentours de 1500… Budé a critiqué l’avarice d’Hermonyme et surtout l’a présenté comme un mauvais pédagogue. Longtemps à la recherche de protecteurs, princes ou prélats, Hermonyme semble avoir mené une vie matérielle précaire. Durant plus d’une trentaine d’années, peut-être jusqu’en 1510, il a vécu de son activité de copiste, réalisant quelquefois sur commande des manuscrits de luxe, le plus souvent produisant de simples exemplaires de travail. À mener durant de si longues années une vie marginale et laborieuse, ce personnage dont on ignore s’il était clerc ou laïc a sans doute fini par gagner l’estime de certains milieux universitaires parisiens et a su entrer dans la familiarité de personnages intéressés par le grec, comme Lefèvre d’Etaples. On en sait trop peu sur sa vie, il faut à présent examiner ses œuvres.
Localisation et contenu des manuscrits de Georges Hermonyme
On peut aujourd’hui recenser quelque 119 manuscrits de la main de Georges Hermonyme, dont très peu sont datables avec exactitude. Voici leur répartition : 57 sont conservés en France (54 à Paris, 1 à Aix-en-Provence, 1 à Albi, 1 à Montpellier), 17 sont en Angleterre (6 à Londres, 6 à Oxford, 5 à Cambridge), 13 aux Pays-Bas (12 à Leiden et 1 à Utrecht), 10 au Vatican, 8 en Suisse (Berne, Bâle, Genève, Saint-Gall), 7 en Autriche (Vienne), 3 en Italie (Florence, Milan, Turin), 2 en Allemagne (Berlin), 1 en Pologne, 1 aux États-Unis d’Amérique (New York).
Les textes copiés de la main de Georges Hermonyme sont d’une très grande variété : on y trouve des auteurs grecs classiques (soit poètes : Hésiode et Pindare, les tragiques Eschyle et Euripide, le fabuliste Ésope, le poète géographe Denys le Périégète ; soit prosateurs : les historiens Thucydide et Xénophon, les orateurs Eschine et Démosthène, le médecin Galien ; des philosophes et des auteurs intéressant la philosophie : les Lois et l’Epinomis de Platon, Plutarque, Diogène Laërce, Hiéroclès), des auteurs byzantins (Maxime Planude, Manuel Moschopoulos, Gennade), des recueils de sentences censés refléter la sagesse grecque (ps.-Phocylide) ; des textes sacrés : le Nouveau Testament, les Psaumes ; des ouvrages liturgiques et livres de prières ; des ouvrages grammaticaux (Manuel Chrysoloras, Théodore Gaza) et un grand Lexicon gréco-latin.
Quelle était l’origine de tous ces textes ? De quels modèles le copiste a-t-il disposé ? Comment a-t-il pu se procurer à Paris tant de modèles, pour des textes aussi nombreux et si divers ? Sans doute avait-il des correspondants, en Italie ou même en Grèce, qui ont pu lui envoyer les documents réclamés par lui. Pour l’heure, faute d’une connaissance suffisante des réseaux auxquels appartenait Hermonyme, il n’est guère possible de répondre à la question de l’origine des textes. Pour l’histoire de leur transmission, on peut atteindre un éclairage historique plus satisfaisant si l’on oriente la recherche en direction des destinataires ou des commanditaires de ses travaux.
Du manuscrit à l’imprimé
On peut parler d’une véritable, et du reste très particulière, collaboration de Georges Hermonyme avec des imprimeurs établis à Paris, pour l’édition des Institutiones imperiales due à Jean Chappuis et parue chez Ulrich Gering et Berthold Rembolt, en 1499. Aucun imprimeur parisien ne disposant alors de fontes grecques, Hermonyme a apporté sa contribution de copiste en insérant dans le texte imprimé des termes spécifiques grecs, écrits dans des espaces qui avaient été laissés blancs en attente lors de la composition du texte. Mais Hermonyme a-t-il réalisé cet ajout manuscrit sur tous les exemplaires sortis des presses ? Fastidieuse opération, même si le tirage est probablement resté assez réduit… L’enquête n’a pas encore été menée sur pièces.
D’autre part, certains des manuscrits d’Hermonyme ont abouti à des imprimés. Deux cas sont à envisager : du vivant d’Hermonyme, il est arrivé qu’une traduction latine soit réalisée à partir d’un texte grec qu’il venait de copier. C’est ce qui s’est produit pour les trois traités tirés des Moralia de Plutarque, qui, copiés dans le manuscrit Paris, BnF, gr. 972, furent traduits par Guillaume Budé et édités chez Josse Bade en 1505. Bien après la mort d’Hermonyme, des textes grecs ont été imprimés à Paris à partir de ses manuscrits : c’est le cas de textes édités par le chartreux Godefroy Tilmann (Éloge et Martyre de saint Denys, Paris, Robert Estienne, 1547), ou par le premier lecteur royal de grec Jacques Tusan, dit Toussaint (Description de la terre, de Denys le Périégète, imprimé en 1538).
Il faut enfin signaler que certaines traductions latines faites par Hermonyme ont été très tôt imprimées : le petit traité De virtutibus et vitiis attribué à Aristote, suivi d’un recueil de sentences des Sept Sages (cum dictis septem sapientum) semble être sorti dès 1478 ou 1480 (date incertaine) des presses parisiennes d’Ulrich Gering ; il fut réédité à Paris en octobre 1507 chez Jean et Gilles de Gourmont. Traduits également par Georges Hermonyme, deux traités du patriarche Gennade (De via salutis et De quibusdam fidei articulis) ont été imprimés, le premier à Vienne, chez Hieronymus Vietor, en 1530, le second à Paris, chez Michel de Vascosan, en 1533. Une Vie de Mahomet, texte anonyme écrit en grec, fut traduite en latin par Hermonyme et imprimée beaucoup plus tard, en 1541, sans doute à Bâle, avec une dédicace du traducteur à Germain de Ganay.
Conclusion : quelques réflexions méthodologiques
Suivant le principe de base d’« Europa Humanistica », notre intérêt fondamental est toujours resté fixé avant tout sur l’étude de la transmission des textes. Par conséquent, la description des manuscrits copiés par G. Hermonyme n’a jamais constitué pour nous une fin en soi : il nous a donc fallu mettre au point une méthode de description matérielle « réduite », usant des méthodes de la codicologie sans prétendre devenir nous-mêmes codicologues. C’est ainsi que nous avons laissé de côté l’examen des filigranes, et réduit au strict minimum la description des signatures. Mais d’autre part, nous avons accordé un soin particulier à l’identification précise des textes : dans certains cas, nous avions affaire à des textes particulièrement obscurs, ou du moins très peu connus, dont il fallait reconnaître les auteurs ; d’autres fois, le texte transmis par Hermonyme était tronqué par rapport à celui que d’autres manuscrits pouvaient donner du même texte ; dans certains cas, une poussière de textes très courts étaient autant de défis à l’identification (ainsi dans les livres de prières).
Finalement, la constitution d’un dossier complet sur Georges Hermonyme, riche aujourd’hui de plus de 150 pages, que nous avons réalisé sur la base d’un nouvel examen de tous ses manuscrits (examen direct de quelque 80 manuscrits, le reste hélas n’étant vu que sur microfilm), a permis, en rassemblant des pièces jusque là éparses, d’obtenir une vision plus précise du personnage, sur ses réseaux de protection, son rôle de professeur, sa position auprès des maîtres de l’université de Paris, sa méthode de travail. Toutefois, faute de documents, beaucoup de questions restent encore trop souvent sans réponse, notamment pour tout ce qui touche à l’origine des textes grecs qu’a copiés Georges Hermonyme.
Jean-Marie Flamand
IRHT - CNRS
Andreas de Resende, un exemple portugais
André de Resende / Andreas Resendius (1500-1573), qui a signé plus de cent cinquante textes, dont la plupart écrits en latin, est sûrement l’un des humanistes portugais les plus représentatifs, par ses contacts à l’étranger, la qualité de son expression latine, son sens de l’amitié humaniste, son érudition et ses intérêts archéologiques, son imagination inventive de l’histoire, voire par ses complicités de silence. Il est fâcheux que, dans la prestigieuse Encyclopædia Universalis [1], Jacques Chomarat (s.v. « Littérature néo-latine ») l’ignore presque et que, la seule fois où il fait référence à lui, il le confonde avec Garcia de Resende ; il est tout aussi étrange que, dans la même encyclopédie, Paul Teyssier, d’ailleurs grand connaisseur de la langue et de la culture portugaises (et qui dans son article sur Camões fait référence à Garcia de Resende, éditeur du Cancioneiro Geral de 1516), ne tienne pas compte de notre humaniste, oubliant, par exemple, que le poème de Camões, Os Lusíadas, doit à André de Resende beaucoup de sa langue et de son contenu, à commencer par le titre et l’amour de Vénus pour le peuple portugais [2]. Du reste, ces omissions de représentants de la culture humaniste sont d’autant plus inexplicables qu’Odette Sauvage avait récemment attiré l’attention sur la personnalité humaine et littéraire de l’humaniste dans un ouvrage où, signalant l’itinéraire érasmien d’André de Resende [3], elle ouvrait des portes pour saisir la dimension européenne de notre humaniste et l’intégrer dans son temps.
L’homme.
La personnalité d’André de Resende se manifeste dans sa manière d’aborder Érasme. Il cherche à le rencontrer à Louvain, à un moment où ses œuvres lui étaient déjà familières, malgré les critiques que la figure du maître déchaînait dans les milieux ibériques : Diego López de Zuñiga en est un exemple [4], après le concile de Valladolid, en 1527 [5]. Par malchance, quand il arrive à Louvain, en 1529, Érasme avait quitté la ville huit ans plus tôt ; Resende ne pouvait pas l’ignorer et ne se leurrait sûrement pas lui-même, car depuis trois ans des rumeurs lui arrivaient, assurant qu’Érasme était de retour à Louvain. Les deux hommes n’auront jamais l’occasion de se rencontrer, mais pendant une demi-douzaine d’années ils ont échangé des lettres et se sont manifesté une affection mutuelle.
Né à Évora vers 1500 (peut-être un peu avant, en 1498), Resende commence son parcours d’études très tôt, à huit ans, dans sa ville natale, fréquentant, à ce qu’on pense, les cours de grammaire d’Estêvão Cavaleiro dit Stephanus Miles, auteur d’une Ars grammatica qui dépasse les catégories médiévales de la discipline ; son entrée dans l’ordre dominicain se fait tôt, à l’âge de 10 ans, à Évora ou à Lisbonne ; il va à Santarém, mais, à 13 ans, il poursuit sa formation à Alcalá de Henares [6], où il suit les leçons d’Antonio de Nebrija, pour le latin, et, ensuite, à Salamanque (1518-1521) pour écouter son compatriote Aires Barbosa, pour le grec ; passant à Lisbonne (1523), il part pour le Sud de la France, à Marseille et Aix (où il fait certainement des études de théologie et reçoit les ordres de sous-diacre et diacre, en 1526). Il est à Paris en 1528, mais pour retourner à Lisbonne, en 1529, il prend le chemin de la mer et se rend à Louvain, où l’enseignement pratiqué au Collège Trilingue de Busleiden, dès 1517, sous l’inspiration d’Érasme, est l’objet de toutes les attentions [7].
En raison de l’absence du maître, installé à Bâle, les contacts entre les deux humanistes se feront par voie écrite. Tout d’abord par l’intermédiaire de Conrad Goclenius, qui enseigne les auteurs latins au Collège Trilingue et avec lequel il liera une amitié profonde ; il écrit dans une ode : « Cocleni, o animae dimidium meae ». En fait, tout juste arrivé à Louvain, le 19 septembre 1529, Resende présente à Goclenius un poème latin [8] qu’il dit avoir composé pendant les huit jours suivant son arrivée : sous prétexte de célébrer la ville qui l’émerveille, mais plus sûrement pour rendre hommage à Érasme, il peint la « ville de Louvain, consacrée à Phébus et aux Muses », vouée à écouter des maîtres, « capable de dispenser les nourritures de la sagesse » à une jeunesse qui y vient pour « secouer à jamais la barbarie », disposée à « prendre soin des Lettres de façon à lutter sur son stade pour savoir à qui les dieux accorderont la palme ». Dans son éloge, Resende projette l’image des aspirations culturelles qu’il apporte avec lui et se fait aussi le témoin d’un idéal qui peut changer un monde barbare par la main des maîtres des Humanités. Le poème sera publié tout de suite à Anvers (Antuerpiae, 1530, chez Joannes Grapheus), juste après un texte du Polonais Joannes Dantiscus, ambassadeur près Charles Quint [9], ce qui laisse supposer que son auteur est bien placé dans les milieux scolaires et dans la haute société ; il est certain qu’il fut également bien accueilli près de la factorerie portugaise située justement à Anvers depuis 1499 et très prospère après 1511 - ce qui attire l’attention, notamment de Thomas More qui s’en inspira dans son Utopie [10].
La pensée de Resende se fixe sur Érasme et, quelques mois plus tard, il demande encore les bons offices de Goclenius pour lui faire parvenir un nouveau poème, cette fois-ci sous la forme d’un éloge direct du maître vénéré : daté du 13 février 1531, le texte est dans les mains de son destinataire au cours du printemps. Le maître n’en accuse réception qu’au mois de juin, mais, pour compenser ce retard, il lui avoue sa satisfaction et se déclare touché par l’admiration de son correspondant et par l’habileté avec laquelle il s’en prend aux détracteurs de ses doctrines, notamment aux dominicains de Louvain. En septembre, Érasme publie le poème chez Froben, à Bâle, sous le titre Carmen eruditum et elegans Angeli Andreae Resendi Lusitani, adversus stolidos politioris litteraturae oblatratores. Ce geste d’amitié de la part d’Érasme risquait, à son insu, de compromettre Resende auprès de sa communauté dominicaine à Louvain, où Érasme avait des détracteurs, voire des ennemis qui refusaient d’autoriser la lecture des œuvres de l’humaniste, quand bien même le pape le permettait.
Le poème loue en Érasme les qualités supérieures d’un humaniste : sensibilité littéraire, excellence dans l’expression écrite, science philologique appliquée à des domaines littéraires et théologiques, savoir profond et piété éclairée, efficacité de l’éducateur, compétence de l’éditeur de textes anciens et bibliques. Ce sont les valeurs de l’humanisme proposées par le maître, ce sont aussi celles de Resende ; celui-ci ne s’inspire pas des auteurs italiens, comme certains de ses compatriotes, et n’a pas été dans l’obligation de se prononcer pour ou contre Cicéron, selon une problématique bien connue dans les débats italiens. L’Encomium Erasmi, selon son titre traditionnel, est complété par un autre ouvrage où Resende prend plus ouvertement la défense du maître : ce sont les Iambes contre ceux qui fustigent Érasme de leurs calomnies / In Erasmomastigas iambi. Cet ouvrage, écrit entre 1531 et 1537, ne sera publié qu’en 1537 à Anvers, mais le maître était déjà mort en 1536.
Entre temps, pour échapper à l’hostilité des dominicains de Louvain, en 1531, Resende est reçu chez l’ambassadeur portugais près Charles Quint, à Bruxelles, Pedro de Mascarenhas, amateur de faste, animé d’une piété sincère et qui, désireux de se doter d’un halo de culture, trouve dans le dominicain un maître d’humanités [11]. Néanmoins, soit par conviction, soit par fidélité à l’idéal humaniste, Resende ne se déclare pas enthousiaste du monde de la cour : dans une lettre à son ami et ancien collègue Speratus Martianus Ferraria, jeune noble portugais et grand érudit, il se montre plutôt attiré par les rythmes de la nature plutôt que par les modes de la cour (Vita aulica, publiée à Bologne, 1533) ; il consacre son temps surtout à l’enseignement, mais trouve encore en 1531 l’occasion de soutenir la geste militaire de son pays : à la demande de Goclenius, il met en latin les seize pages de l’Epitome rerum gestarum in India a Lusitanis, une missive envoyée d’Orient l’année précédente, en 1530, par le capitan Nuno da Cunha (Nonius a Cugna) au roi du Portugal, faisant ainsi connaître dans toute l’Europe la geste portugaise en Orient. Pour les fêtes célébrées lors de la naissance du fils du roi, qui durent trois jours à l’ambassade portugaise, en 1531 [12], Resende, en sa qualité de poète officiel à la cour de l’ambassadeur, de précepteur en langues classiques et de secrétaire pour les lettres latines, compose un poème, le Genethliacon Principis Lusitani, qui sera publié en 1535 à Bologne, dédié au roi Jean III du Portugal par l’entremise de l’humaniste et cardinal Miguel da Silva. Le poème, dont un exemplaire a été offert par son auteur à Érasme, lui vaut ses commentaires élogieux [13]. Plus tard, en raison des événements politiques, Resende doit suivre son ambassadeur qui accompagne Charles Quint aux différents endroits où son action est nécessaire : Cologne, Ratisbonne, Vienne, Venise, enfin Bologne pour y parlementer avec le pape. Notre humaniste ne reste pas oisif : à Cologne il découvre la dévotion accordée aux Onze Mille Vierges et écrit un petit texte sur la Translatio sacrarum Virginum et Martyrum Christi Responsae et sociae eius (1532) qui ne laissera pas d’attirer l’attention de l’ambassadeur [14]. Le voyage se termine à Barcelone, d’où Resende revient dans sa patrie, pour rendre à sa mère les derniers devoirs.
Sa situation change alors en raison des difficultés qu’il rencontre auprès de ses confrères de l’ordre dominicain, qui n’apprécient pas ses missions et son style de vie dans le monde. Son esprit d’humaniste l’amènerait à repartir pour l’étranger, mais le roi et le cardinal Alphonse le pressent de rester au Portugal. Le roi lui destinait l’éducation des princes à la cour, qui siégeait à Évora, sa ville natale. Il choisit de vivre dans une petite maison entourée d’un jardin potager qu’il confie aux soins de deux servantes et qu’il orne lui-même d’inscriptions anciennes découvertes aux environs de la ville.
En 1533, Resende est envoyé en mission à Salamanque par le roi : il est chargé d’inviter Nicolas Clénard, qu’il a jadis connu à Louvain et qui lui a peut-être appris l’hébreu, à venir enseigner à ses côtés à Évora. L’année suivante, en 1534, au synode convoqué par l’archevêque de la ville, Resende se voit confier la mission de prêcher en latin le sermon d’ouverture. En octobre suivant, invité de l’université encore établie à Lisbonne, Resende prononce l’Oratio pro rostris en début d’année académique : faisant état d’un projet d’enseignement humaniste qui loue à la manière cicéronienne les disciplines libérales, il fait un bilan élogieux des hommes de lettres de son pays et, à la manière érasmienne, plaide pour la conciliation de la sagesse chrétienne et de la sagesse antique, qu’uniraient une culture éclairée et une expression élégante. Mais il envisage également de célébrer la ville de Lisbonne dans son histoire légendaire, à travers sa figure éponyme, celle d’Ulysse, et ses gloires chrétiennes, notamment les reliques de saint Vincent qu’il chantait déjà dans son poème Vincentius leuita et martyr, dont il se permet de citer lui-même une vingtaine de vers [15]).
Bien qu’il soit au service de la cour, notre humaniste s’isole : en 1534, dans une lettre à Damien de Goes, Érasme se plaint amèrement de son silence [16]. Attitude calculée en raison des critiques qui se lèvent contre le Maître ? Resende se livre à la lecture, à l’enseignement et à la recherche archéologique et prend ses distances avec la vie du palais par une attitude critique, résistant à la tentation de devenir poète de cour, rôle qu’il abandonne volontiers à Jorge Coelho / Georgius Coelius : dans un nouveau poème De vita aulica de 1535, cette fois-ci adressé à Damien de Goes, notre humaniste tente de se purifier de ce milieu, mais n’ose pas renoncer à la cour, en raison de nécessités matérielles ; dans une sorte de scénario de comédie, le roi, dont il loue la volonté philosophique de justice, n’arrive pas à en garantir l’application, tandis que l’humaniste se voit dans l’obligation de s’occuper à des futilités, frustré de ne pas avoir le temps de s’occuper des lettres. La nouvelle de la mort d’Érasme, en 1536, lui arrive en retard à Évora où se trouve Resende : c’est pour lui l’occasion de la déplorer en trois odes adressées à ses amis Nicolas Clénard, André Cotrim, Damien de Goes, et de prouver ses capacités et son attachement aux idéaux humanistes. Quelques années plus tard, il pourra se réjouir de la présence de Jean Vasaeus qui, par l’entremise de Clénard et à l’invitation du prince cardinal Henri, arrive au Portugal pour y enseigner pendant une douzaine d’années, de 1538 à 1550.
Quoique discret ou volontairement absent du monde du palais qu’il fréquente [17], Resende a été accusé de ne pas réagir aux circonstances politiques et religieuses et de garder le silence face aux hommes de pouvoir que protègent diverses formes de censure. En fait, jamais l’Inquisition ne l’a inquiété, contrairement à son ami Damien de Goes. Il se livre tout à loisir à l’enseignement de la grammaire (De verborum coniugatione commentarius, Lisbonne, 1540) et à ses études d’histoire et d’archéologie (Vincentius levita et martyr, Lisboa, 1545 ; Historia de Antiguidade da ciidade Évora, Évora, 1553 ; le De Antiquitatibus Lusitaniae ne paraîtra qu’en 1593, après la mort de son auteur, par les soins d’un ami, Diogo Mendes de Vasconcelos). Il reste modéré pour présenter des idées de rénovation sociale ou religieuse, même quand on lui laisse la parole pour ouvrir les travaux d’un synode, à Évora, ou quand on l’invite à parler, une deuxième fois, à l’Université : à l’anniversaire de la fondation du Collège des Arts, à Coïmbre, le 28 juin 1551, il s’en tient dans son discours à faire l’éloge du roi Jean III. Ne voulant pas outrepasser les convenances, il se réfugie dans le silence ou dans la dévotion et la contrition, tourné vers la science historique et archéologique, profitant de son savoir philologique pour donner crédit aux légendes et aux mythes et n’hésitant pas à fabriquer des monuments épigraphiques s’ils lui sont nécessaires pour faire accepter ses propos patriotiques. Il accepte de se faire l’orateur de circonstances festives ou funèbres : en 1560, il déplore la mort de l’humaniste Louise Sigée. Sa mort survint le 1er décembre 1573. À ce moment, le poème de Camoens Les Lusiades (Os Lusíadas) était publié depuis un an : Resende a pu reconnaître que son enseignement avait donné de beaux fruits et que ses mythes y étaient présents [18].
Frère dominicain, Resende passera sa vie loin du cloître ; ses confrères lui défendent de porter l’habit monastique dans le monde profane, mais de son côté il obtient du pape une dispense [19] comme Érasme et le droit d’avoir sa sépulture près du chapitre. Il collabore avec les pouvoirs politiques et ecclésiastiques, sans proposer de plans de réformes ni élever la voix contre des mesures arbitraires : il n’ose pas plaider en faveur des professeurs bordelais [20] persécutés par l’Inquisition. De sa vie de piété, il a laissé des élégies spirituelles émouvantes et pleines de contrition, tandis que ses hagiographies proposent des modèles de vie sanctifiée (Conversio miranda D. Aegidii et A santa vida e religiosa conversação de Frei Pedro, porteiro do mosteiro de S. Domingos de Évora). Sa vie n’a pas l’éclat de certaines autres, sans doute en raison de choix qu’on peut être tenté d’interpréter comme des compromis ; un tel qualifiera son mutisme de « silence sans drame », tel autre encore montrera qu’il se cache dans la « pénombre » de son petit coin, qui est pour lui plus paisible que celui du cloître dominicain, ou loin de l’université, car il aime l’otium quietum et déteste le negotium turbulentissimum. Resende est surtout un homme d’érudition, en qui se mélangent l’idéal humaniste, la fierté patriotique, le service de la cour, le goût pour le savoir et l’étude permanente : il est apparemment sans ambition pour les honneurs ou les situations avantageuses ; loin même de l’enseignement universitaire, il est conscient des vanités du monde et critique ses propres faiblesses humaines et spirituelles. Au modèle érasmien il ajoute des particularités qui en mettent en valeur les origines et attire le respect des ses compatriotes qui le tiennent pour une autorité en raison de son savoir et font de lui le guide de leur affirmation dans l’Histoire.
Son nom, qu’il l’a inventé en bonne partie, est un nom révélateur : quand il signe Lucius Angelus Andreas Resendius Lusitanus, il cède peut-être à la tentation des gens du monde pour un nom qui sonne bien. Cependant, en dépit de ses origines nobles, une forme de piété filiale et de dévotion lui permet d’échapper à cette tentation : le prénom Angelus est un hommage à sa mère Ângela Leonor Vaz Gois - il avait perdu son père, André Vaz Resende, à l’âge de deux ans ; quant au choix de Lucius, plus tardif, c’est un acte de piété envers sa patronne sainte Lucie, célébrée le 13 décembre, jour de son anniversaire. Dans ses grands traits, physiques et moraux, il fut, d’après son biographe, procera statura, praegrandibus oculis, crispo capillo, colore vultus aliquantulum subfuso, sed hilari, & minime contracta fronte, in domesticos & discipulos seuerus, ex cuius schola insignes aliquot viri prodierunt, inter quos fuit Achilles Statius.
L’écrivain.
La production littéraire de Resende est variée, comme le souligne son biographe Vasconcelos : complura igitur scripsit quorum nonnulla in lucem edere neglexit, aliqua morte interceptus. Elle est le reflet de sa manière de s’insérer dans l’histoire de sa nation et de ses relations personnelles. Sensible à la geste de son pays, il a contribué, par son érudition et son talent littéraire, admirés de ses contemporains, à faire du passé mythologisé le cadre du présent historique : les Portugais sont les Lusiades (les fils de Lusus), Olisipo est la ville fondée par Olysses / Ulysse, la déesse des Romains Vénus se retrouve chez les Portugais dont la langue est si proche du latin, les Découvreurs sont les nouveaux Argonautes. L’histoire de son peuple jouit d’une protection particulière de Dieu par la médiation de ses saints. Par ses textes, Resende confère une légitimité mythique prestigieuse à l’histoire d’un peuple qui prolonge celle des Romains et se couvre de gloire par ses aventures maritimes commencées à Lisbonne, sa capitale, centre du monde des affaires en son temps. Il fait plonger la mémoire de son pays dans les mythes de l’Antiquité, mais ne s’attache pas moins aux gloires chrétiennes, interprétant les héros et les saints de son pays comme preuves et témoignages d’une protection divine que le premier roi chrétien avait bien comprise quand il a marqué sa bannière et son écu des plaies du Christ qui l’avait assisté dans la bataille décisive contre les infidèles.
Le recours aux mythes, constitutif de la poésie épique de Camoens, est effectivement sensible dans les textes de Resende. Il n’a eu ni la curiosité de Damien de Goes pour enquêter sur les peuples étrangers, ni l’élan épique de Camoens pour célébrer les héros nationaux et la geste des Découvertes, mais il s’impose par une érudition à la mesure de son époque et de sa nation et fournit les éléments fondamentaux d’un imaginaire au service de l’identité nationale face à des voisins qui ne laissent pas de montrer des appétits de domination. Érudit, connaisseur des classiques et de la mythologie antique, fier de sa patrie, de ses humanistes (qu’il cite dans son Oratio pro rostris) et de sa mythologie (« royaume de Lusus »), défenseur des lettres contre la barbarie, Resende a su valoriser son intelligence et sa sensibilité littéraire pour se placer dans son temps et nouer des amitiés qui ont duré toute sa vie. En même temps, par sa curiosité intellectuelle et son érudition, archéologique et documentaire, parfois factice et mythologisée, servie par l’exploitation des étymologies et des légendes hagiographiques, il trouva les moyens de créer le langage capable d’intégrer son pays dans le monde de la culture humaniste. Il a su découvrir les arguments favorables à l’identité de sa nation, contre la menace d’intégration politique par un voisin plus fort et confronté à des conceptions très différentes, qu’il s’agisse de Lorenzo Valla à propos d’Ulysse à Lisbonne, ou de Bartholomé Quevedo, chanoine de Tolède, à propos des saints du territoire occidental. Ouvert et admiratif à l’égard des qualités d’hommes de science, tels que son compatriote Pedro Nuñes (dit Petrus Nonius) ou d’hommes de lettres, tels qu’Érasme, Clénard ou Vasaeus [21], Resende a su cultiver des amitiés et a réussi à vivre apparemment sans ambitions, assez proche des hommes de pouvoir pour en tirer des bénéfices, et assez détaché pour les servir sans se laisser attirer dans des débats passionnés, sans contester ouvertement leurs décisions politiques ni s’enthousiasmer à l’excès pour les Découvertes maritimes. Il refuse de partir pour l’Orient, se disant retenu par des affaires familiales.
L’œuvre
La bibliographie d’André de Resende est abondante en titres, assez limitée en pages, mais significative par sa dimension humaniste. Notre fichier procure une information tirée soit directement des témoins manuscrits ou imprimés, soit, pour les œuvres perdues, d’indications fournies par l’auteur lui-même ou par d’autres de ses contemporains. Pour notre premier fichier, nous n’avons retenu que la bibliographie en latin, laissant de côté quelques titres en portugais. Il faut se méfier des fantômes qu’on voudrait lui attribuer, faute d’une analyse suffisante [22] ou découlant d’interprétations malhabiles et erronées [23].
Notre fichier, qui a en vue la plus grande lisibilité possible, présente les caractéristiques suivantes :
a) références bibliographiques de base ;
b) liste bibliographique des titres, en ordre alphabétique ;
c) chaque titre est accompagné de références d’édition (ville, date, adresse typographique) ;
d) chaque première édition comporte l’indication des exemplaires connus et de nos sources d’information ;
e) le cas échéant, sont mentionnées pour information les éditions modernes.
André de Resende / Andreas Resendius (1500-1573), qui a signé plus de cent cinquante textes, dont la plupart écrits en latin, est sûrement l’un des humanistes portugais les plus représentatifs, par ses contacts à l’étranger, la qualité de son expression latine, son sens de l’amitié humaniste, son érudition et ses intérêts archéologiques, son imagination inventive de l’histoire, voire par ses complicités de silence. Il est fâcheux que, dans la prestigieuse Encyclopædia Universalis [1], Jacques Chomarat (s.v. « Littérature néo-latine ») l’ignore presque et que, la seule fois où il fait référence à lui, il le confonde avec Garcia de Resende ; il est tout aussi étrange que, dans la même encyclopédie, Paul Teyssier, d’ailleurs grand connaisseur de la langue et de la culture portugaises (et qui dans son article sur Camões fait référence à Garcia de Resende, éditeur du Cancioneiro Geral de 1516), ne tienne pas compte de notre humaniste, oubliant, par exemple, que le poème de Camões, Os Lusíadas, doit à André de Resende beaucoup de sa langue et de son contenu, à commencer par le titre et l’amour de Vénus pour le peuple portugais [2]. Du reste, ces omissions de représentants de la culture humaniste sont d’autant plus inexplicables qu’Odette Sauvage avait récemment attiré l’attention sur la personnalité humaine et littéraire de l’humaniste dans un ouvrage où, signalant l’itinéraire érasmien d’André de Resende [3], elle ouvrait des portes pour saisir la dimension européenne de notre humaniste et l’intégrer dans son temps.
L’homme.
La personnalité d’André de Resende se manifeste dans sa manière d’aborder Érasme. Il cherche à le rencontrer à Louvain, à un moment où ses œuvres lui étaient déjà familières, malgré les critiques que la figure du maître déchaînait dans les milieux ibériques : Diego López de Zuñiga en est un exemple [4], après le concile de Valladolid, en 1527 [5]. Par malchance, quand il arrive à Louvain, en 1529, Érasme avait quitté la ville huit ans plus tôt ; Resende ne pouvait pas l’ignorer et ne se leurrait sûrement pas lui-même, car depuis trois ans des rumeurs lui arrivaient, assurant qu’Érasme était de retour à Louvain. Les deux hommes n’auront jamais l’occasion de se rencontrer, mais pendant une demi-douzaine d’années ils ont échangé des lettres et se sont manifesté une affection mutuelle.
Né à Évora vers 1500 (peut-être un peu avant, en 1498), Resende commence son parcours d’études très tôt, à huit ans, dans sa ville natale, fréquentant, à ce qu’on pense, les cours de grammaire d’Estêvão Cavaleiro dit Stephanus Miles, auteur d’une Ars grammatica qui dépasse les catégories médiévales de la discipline ; son entrée dans l’ordre dominicain se fait tôt, à l’âge de 10 ans, à Évora ou à Lisbonne ; il va à Santarém, mais, à 13 ans, il poursuit sa formation à Alcalá de Henares [6], où il suit les leçons d’Antonio de Nebrija, pour le latin, et, ensuite, à Salamanque (1518-1521) pour écouter son compatriote Aires Barbosa, pour le grec ; passant à Lisbonne (1523), il part pour le Sud de la France, à Marseille et Aix (où il fait certainement des études de théologie et reçoit les ordres de sous-diacre et diacre, en 1526). Il est à Paris en 1528, mais pour retourner à Lisbonne, en 1529, il prend le chemin de la mer et se rend à Louvain, où l’enseignement pratiqué au Collège Trilingue de Busleiden, dès 1517, sous l’inspiration d’Érasme, est l’objet de toutes les attentions [7].
En raison de l’absence du maître, installé à Bâle, les contacts entre les deux humanistes se feront par voie écrite. Tout d’abord par l’intermédiaire de Conrad Goclenius, qui enseigne les auteurs latins au Collège Trilingue et avec lequel il liera une amitié profonde ; il écrit dans une ode : « Cocleni, o animae dimidium meae ». En fait, tout juste arrivé à Louvain, le 19 septembre 1529, Resende présente à Goclenius un poème latin [8] qu’il dit avoir composé pendant les huit jours suivant son arrivée : sous prétexte de célébrer la ville qui l’émerveille, mais plus sûrement pour rendre hommage à Érasme, il peint la « ville de Louvain, consacrée à Phébus et aux Muses », vouée à écouter des maîtres, « capable de dispenser les nourritures de la sagesse » à une jeunesse qui y vient pour « secouer à jamais la barbarie », disposée à « prendre soin des Lettres de façon à lutter sur son stade pour savoir à qui les dieux accorderont la palme ». Dans son éloge, Resende projette l’image des aspirations culturelles qu’il apporte avec lui et se fait aussi le témoin d’un idéal qui peut changer un monde barbare par la main des maîtres des Humanités. Le poème sera publié tout de suite à Anvers (Antuerpiae, 1530, chez Joannes Grapheus), juste après un texte du Polonais Joannes Dantiscus, ambassadeur près Charles Quint [9], ce qui laisse supposer que son auteur est bien placé dans les milieux scolaires et dans la haute société ; il est certain qu’il fut également bien accueilli près de la factorerie portugaise située justement à Anvers depuis 1499 et très prospère après 1511 - ce qui attire l’attention, notamment de Thomas More qui s’en inspira dans son Utopie [10].
La pensée de Resende se fixe sur Érasme et, quelques mois plus tard, il demande encore les bons offices de Goclenius pour lui faire parvenir un nouveau poème, cette fois-ci sous la forme d’un éloge direct du maître vénéré : daté du 13 février 1531, le texte est dans les mains de son destinataire au cours du printemps. Le maître n’en accuse réception qu’au mois de juin, mais, pour compenser ce retard, il lui avoue sa satisfaction et se déclare touché par l’admiration de son correspondant et par l’habileté avec laquelle il s’en prend aux détracteurs de ses doctrines, notamment aux dominicains de Louvain. En septembre, Érasme publie le poème chez Froben, à Bâle, sous le titre Carmen eruditum et elegans Angeli Andreae Resendi Lusitani, adversus stolidos politioris litteraturae oblatratores. Ce geste d’amitié de la part d’Érasme risquait, à son insu, de compromettre Resende auprès de sa communauté dominicaine à Louvain, où Érasme avait des détracteurs, voire des ennemis qui refusaient d’autoriser la lecture des œuvres de l’humaniste, quand bien même le pape le permettait.
Le poème loue en Érasme les qualités supérieures d’un humaniste : sensibilité littéraire, excellence dans l’expression écrite, science philologique appliquée à des domaines littéraires et théologiques, savoir profond et piété éclairée, efficacité de l’éducateur, compétence de l’éditeur de textes anciens et bibliques. Ce sont les valeurs de l’humanisme proposées par le maître, ce sont aussi celles de Resende ; celui-ci ne s’inspire pas des auteurs italiens, comme certains de ses compatriotes, et n’a pas été dans l’obligation de se prononcer pour ou contre Cicéron, selon une problématique bien connue dans les débats italiens. L’Encomium Erasmi, selon son titre traditionnel, est complété par un autre ouvrage où Resende prend plus ouvertement la défense du maître : ce sont les Iambes contre ceux qui fustigent Érasme de leurs calomnies / In Erasmomastigas iambi. Cet ouvrage, écrit entre 1531 et 1537, ne sera publié qu’en 1537 à Anvers, mais le maître était déjà mort en 1536.
Entre temps, pour échapper à l’hostilité des dominicains de Louvain, en 1531, Resende est reçu chez l’ambassadeur portugais près Charles Quint, à Bruxelles, Pedro de Mascarenhas, amateur de faste, animé d’une piété sincère et qui, désireux de se doter d’un halo de culture, trouve dans le dominicain un maître d’humanités [11]. Néanmoins, soit par conviction, soit par fidélité à l’idéal humaniste, Resende ne se déclare pas enthousiaste du monde de la cour : dans une lettre à son ami et ancien collègue Speratus Martianus Ferraria, jeune noble portugais et grand érudit, il se montre plutôt attiré par les rythmes de la nature plutôt que par les modes de la cour (Vita aulica, publiée à Bologne, 1533) ; il consacre son temps surtout à l’enseignement, mais trouve encore en 1531 l’occasion de soutenir la geste militaire de son pays : à la demande de Goclenius, il met en latin les seize pages de l’Epitome rerum gestarum in India a Lusitanis, une missive envoyée d’Orient l’année précédente, en 1530, par le capitan Nuno da Cunha (Nonius a Cugna) au roi du Portugal, faisant ainsi connaître dans toute l’Europe la geste portugaise en Orient. Pour les fêtes célébrées lors de la naissance du fils du roi, qui durent trois jours à l’ambassade portugaise, en 1531 [12], Resende, en sa qualité de poète officiel à la cour de l’ambassadeur, de précepteur en langues classiques et de secrétaire pour les lettres latines, compose un poème, le Genethliacon Principis Lusitani, qui sera publié en 1535 à Bologne, dédié au roi Jean III du Portugal par l’entremise de l’humaniste et cardinal Miguel da Silva. Le poème, dont un exemplaire a été offert par son auteur à Érasme, lui vaut ses commentaires élogieux [13]. Plus tard, en raison des événements politiques, Resende doit suivre son ambassadeur qui accompagne Charles Quint aux différents endroits où son action est nécessaire : Cologne, Ratisbonne, Vienne, Venise, enfin Bologne pour y parlementer avec le pape. Notre humaniste ne reste pas oisif : à Cologne il découvre la dévotion accordée aux Onze Mille Vierges et écrit un petit texte sur la Translatio sacrarum Virginum et Martyrum Christi Responsae et sociae eius (1532) qui ne laissera pas d’attirer l’attention de l’ambassadeur [14]. Le voyage se termine à Barcelone, d’où Resende revient dans sa patrie, pour rendre à sa mère les derniers devoirs.
Sa situation change alors en raison des difficultés qu’il rencontre auprès de ses confrères de l’ordre dominicain, qui n’apprécient pas ses missions et son style de vie dans le monde. Son esprit d’humaniste l’amènerait à repartir pour l’étranger, mais le roi et le cardinal Alphonse le pressent de rester au Portugal. Le roi lui destinait l’éducation des princes à la cour, qui siégeait à Évora, sa ville natale. Il choisit de vivre dans une petite maison entourée d’un jardin potager qu’il confie aux soins de deux servantes et qu’il orne lui-même d’inscriptions anciennes découvertes aux environs de la ville.
En 1533, Resende est envoyé en mission à Salamanque par le roi : il est chargé d’inviter Nicolas Clénard, qu’il a jadis connu à Louvain et qui lui a peut-être appris l’hébreu, à venir enseigner à ses côtés à Évora. L’année suivante, en 1534, au synode convoqué par l’archevêque de la ville, Resende se voit confier la mission de prêcher en latin le sermon d’ouverture. En octobre suivant, invité de l’université encore établie à Lisbonne, Resende prononce l’Oratio pro rostris en début d’année académique : faisant état d’un projet d’enseignement humaniste qui loue à la manière cicéronienne les disciplines libérales, il fait un bilan élogieux des hommes de lettres de son pays et, à la manière érasmienne, plaide pour la conciliation de la sagesse chrétienne et de la sagesse antique, qu’uniraient une culture éclairée et une expression élégante. Mais il envisage également de célébrer la ville de Lisbonne dans son histoire légendaire, à travers sa figure éponyme, celle d’Ulysse, et ses gloires chrétiennes, notamment les reliques de saint Vincent qu’il chantait déjà dans son poème Vincentius leuita et martyr, dont il se permet de citer lui-même une vingtaine de vers [15]).
Bien qu’il soit au service de la cour, notre humaniste s’isole : en 1534, dans une lettre à Damien de Goes, Érasme se plaint amèrement de son silence [16]. Attitude calculée en raison des critiques qui se lèvent contre le Maître ? Resende se livre à la lecture, à l’enseignement et à la recherche archéologique et prend ses distances avec la vie du palais par une attitude critique, résistant à la tentation de devenir poète de cour, rôle qu’il abandonne volontiers à Jorge Coelho / Georgius Coelius : dans un nouveau poème De vita aulica de 1535, cette fois-ci adressé à Damien de Goes, notre humaniste tente de se purifier de ce milieu, mais n’ose pas renoncer à la cour, en raison de nécessités matérielles ; dans une sorte de scénario de comédie, le roi, dont il loue la volonté philosophique de justice, n’arrive pas à en garantir l’application, tandis que l’humaniste se voit dans l’obligation de s’occuper à des futilités, frustré de ne pas avoir le temps de s’occuper des lettres. La nouvelle de la mort d’Érasme, en 1536, lui arrive en retard à Évora où se trouve Resende : c’est pour lui l’occasion de la déplorer en trois odes adressées à ses amis Nicolas Clénard, André Cotrim, Damien de Goes, et de prouver ses capacités et son attachement aux idéaux humanistes. Quelques années plus tard, il pourra se réjouir de la présence de Jean Vasaeus qui, par l’entremise de Clénard et à l’invitation du prince cardinal Henri, arrive au Portugal pour y enseigner pendant une douzaine d’années, de 1538 à 1550.
Quoique discret ou volontairement absent du monde du palais qu’il fréquente [17], Resende a été accusé de ne pas réagir aux circonstances politiques et religieuses et de garder le silence face aux hommes de pouvoir que protègent diverses formes de censure. En fait, jamais l’Inquisition ne l’a inquiété, contrairement à son ami Damien de Goes. Il se livre tout à loisir à l’enseignement de la grammaire (De verborum coniugatione commentarius, Lisbonne, 1540) et à ses études d’histoire et d’archéologie (Vincentius levita et martyr, Lisboa, 1545 ; Historia de Antiguidade da ciidade Évora, Évora, 1553 ; le De Antiquitatibus Lusitaniae ne paraîtra qu’en 1593, après la mort de son auteur, par les soins d’un ami, Diogo Mendes de Vasconcelos). Il reste modéré pour présenter des idées de rénovation sociale ou religieuse, même quand on lui laisse la parole pour ouvrir les travaux d’un synode, à Évora, ou quand on l’invite à parler, une deuxième fois, à l’Université : à l’anniversaire de la fondation du Collège des Arts, à Coïmbre, le 28 juin 1551, il s’en tient dans son discours à faire l’éloge du roi Jean III. Ne voulant pas outrepasser les convenances, il se réfugie dans le silence ou dans la dévotion et la contrition, tourné vers la science historique et archéologique, profitant de son savoir philologique pour donner crédit aux légendes et aux mythes et n’hésitant pas à fabriquer des monuments épigraphiques s’ils lui sont nécessaires pour faire accepter ses propos patriotiques. Il accepte de se faire l’orateur de circonstances festives ou funèbres : en 1560, il déplore la mort de l’humaniste Louise Sigée. Sa mort survint le 1er décembre 1573. À ce moment, le poème de Camoens Les Lusiades (Os Lusíadas) était publié depuis un an : Resende a pu reconnaître que son enseignement avait donné de beaux fruits et que ses mythes y étaient présents [18].
Frère dominicain, Resende passera sa vie loin du cloître ; ses confrères lui défendent de porter l’habit monastique dans le monde profane, mais de son côté il obtient du pape une dispense [19] comme Érasme et le droit d’avoir sa sépulture près du chapitre. Il collabore avec les pouvoirs politiques et ecclésiastiques, sans proposer de plans de réformes ni élever la voix contre des mesures arbitraires : il n’ose pas plaider en faveur des professeurs bordelais [20] persécutés par l’Inquisition. De sa vie de piété, il a laissé des élégies spirituelles émouvantes et pleines de contrition, tandis que ses hagiographies proposent des modèles de vie sanctifiée (Conversio miranda D. Aegidii et A santa vida e religiosa conversação de Frei Pedro, porteiro do mosteiro de S. Domingos de Évora). Sa vie n’a pas l’éclat de certaines autres, sans doute en raison de choix qu’on peut être tenté d’interpréter comme des compromis ; un tel qualifiera son mutisme de « silence sans drame », tel autre encore montrera qu’il se cache dans la « pénombre » de son petit coin, qui est pour lui plus paisible que celui du cloître dominicain, ou loin de l’université, car il aime l’otium quietum et déteste le negotium turbulentissimum. Resende est surtout un homme d’érudition, en qui se mélangent l’idéal humaniste, la fierté patriotique, le service de la cour, le goût pour le savoir et l’étude permanente : il est apparemment sans ambition pour les honneurs ou les situations avantageuses ; loin même de l’enseignement universitaire, il est conscient des vanités du monde et critique ses propres faiblesses humaines et spirituelles. Au modèle érasmien il ajoute des particularités qui en mettent en valeur les origines et attire le respect des ses compatriotes qui le tiennent pour une autorité en raison de son savoir et font de lui le guide de leur affirmation dans l’Histoire.
Son nom, qu’il l’a inventé en bonne partie, est un nom révélateur : quand il signe Lucius Angelus Andreas Resendius Lusitanus, il cède peut-être à la tentation des gens du monde pour un nom qui sonne bien. Cependant, en dépit de ses origines nobles, une forme de piété filiale et de dévotion lui permet d’échapper à cette tentation : le prénom Angelus est un hommage à sa mère Ângela Leonor Vaz Gois - il avait perdu son père, André Vaz Resende, à l’âge de deux ans ; quant au choix de Lucius, plus tardif, c’est un acte de piété envers sa patronne sainte Lucie, célébrée le 13 décembre, jour de son anniversaire. Dans ses grands traits, physiques et moraux, il fut, d’après son biographe, procera statura, praegrandibus oculis, crispo capillo, colore vultus aliquantulum subfuso, sed hilari, & minime contracta fronte, in domesticos & discipulos seuerus, ex cuius schola insignes aliquot viri prodierunt, inter quos fuit Achilles Statius.
L’écrivain.
La production littéraire de Resende est variée, comme le souligne son biographe Vasconcelos : complura igitur scripsit quorum nonnulla in lucem edere neglexit, aliqua morte interceptus. Elle est le reflet de sa manière de s’insérer dans l’histoire de sa nation et de ses relations personnelles. Sensible à la geste de son pays, il a contribué, par son érudition et son talent littéraire, admirés de ses contemporains, à faire du passé mythologisé le cadre du présent historique : les Portugais sont les Lusiades (les fils de Lusus), Olisipo est la ville fondée par Olysses / Ulysse, la déesse des Romains Vénus se retrouve chez les Portugais dont la langue est si proche du latin, les Découvreurs sont les nouveaux Argonautes. L’histoire de son peuple jouit d’une protection particulière de Dieu par la médiation de ses saints. Par ses textes, Resende confère une légitimité mythique prestigieuse à l’histoire d’un peuple qui prolonge celle des Romains et se couvre de gloire par ses aventures maritimes commencées à Lisbonne, sa capitale, centre du monde des affaires en son temps. Il fait plonger la mémoire de son pays dans les mythes de l’Antiquité, mais ne s’attache pas moins aux gloires chrétiennes, interprétant les héros et les saints de son pays comme preuves et témoignages d’une protection divine que le premier roi chrétien avait bien comprise quand il a marqué sa bannière et son écu des plaies du Christ qui l’avait assisté dans la bataille décisive contre les infidèles.
Le recours aux mythes, constitutif de la poésie épique de Camoens, est effectivement sensible dans les textes de Resende. Il n’a eu ni la curiosité de Damien de Goes pour enquêter sur les peuples étrangers, ni l’élan épique de Camoens pour célébrer les héros nationaux et la geste des Découvertes, mais il s’impose par une érudition à la mesure de son époque et de sa nation et fournit les éléments fondamentaux d’un imaginaire au service de l’identité nationale face à des voisins qui ne laissent pas de montrer des appétits de domination. Érudit, connaisseur des classiques et de la mythologie antique, fier de sa patrie, de ses humanistes (qu’il cite dans son Oratio pro rostris) et de sa mythologie (« royaume de Lusus »), défenseur des lettres contre la barbarie, Resende a su valoriser son intelligence et sa sensibilité littéraire pour se placer dans son temps et nouer des amitiés qui ont duré toute sa vie. En même temps, par sa curiosité intellectuelle et son érudition, archéologique et documentaire, parfois factice et mythologisée, servie par l’exploitation des étymologies et des légendes hagiographiques, il trouva les moyens de créer le langage capable d’intégrer son pays dans le monde de la culture humaniste. Il a su découvrir les arguments favorables à l’identité de sa nation, contre la menace d’intégration politique par un voisin plus fort et confronté à des conceptions très différentes, qu’il s’agisse de Lorenzo Valla à propos d’Ulysse à Lisbonne, ou de Bartholomé Quevedo, chanoine de Tolède, à propos des saints du territoire occidental. Ouvert et admiratif à l’égard des qualités d’hommes de science, tels que son compatriote Pedro Nuñes (dit Petrus Nonius) ou d’hommes de lettres, tels qu’Érasme, Clénard ou Vasaeus [21], Resende a su cultiver des amitiés et a réussi à vivre apparemment sans ambitions, assez proche des hommes de pouvoir pour en tirer des bénéfices, et assez détaché pour les servir sans se laisser attirer dans des débats passionnés, sans contester ouvertement leurs décisions politiques ni s’enthousiasmer à l’excès pour les Découvertes maritimes. Il refuse de partir pour l’Orient, se disant retenu par des affaires familiales.
L’œuvre
La bibliographie d’André de Resende est abondante en titres, assez limitée en pages, mais significative par sa dimension humaniste. Notre fichier procure une information tirée soit directement des témoins manuscrits ou imprimés, soit, pour les œuvres perdues, d’indications fournies par l’auteur lui-même ou par d’autres de ses contemporains. Pour notre premier fichier, nous n’avons retenu que la bibliographie en latin, laissant de côté quelques titres en portugais. Il faut se méfier des fantômes qu’on voudrait lui attribuer, faute d’une analyse suffisante [22] ou découlant d’interprétations malhabiles et erronées [23].
Notre fichier, qui a en vue la plus grande lisibilité possible, présente les caractéristiques suivantes :
a) références bibliographiques de base ;
b) liste bibliographique des titres, en ordre alphabétique ;
c) chaque titre est accompagné de références d’édition (ville, date, adresse typographique) ;
d) chaque première édition comporte l’indication des exemplaires connus et de nos sources d’information ;
e) le cas échéant, sont mentionnées pour information les éditions modernes.
Nous aurons besoin de revenir sur quelques informations que nous avons rassemblées pour HISLAMPA et qui ont été révisées par la suite, dès qu’un renseignement plus complet ou plus fondé nous arrivait. Notre propos est maintenant de le reprendre, en consultant directement les premières éditions dans leur lieu de conservation pour obtenir un résultat final entièrement fiable.
Il faudra décider s’il est également pertinent de retenir les textes en portugais ; en fait, ils font partie d’une œuvre qu’il sera utile de considérer en sa pleine globalité.
Nous pensons que, sous un nouveau format, conçu pour s’intégrer dans un schéma commun de travail et de diffusion, notre dossier vise à devenir plus solide, fiable et accessible, utile à tous ceux qui se consacrent à l’étude de l’humanisme européen. Le passage de HISLAMPA à PORTHUM (Portugal des Humanistes) permettra d’assurer une collaboration qui, dans un cadre fonctionnel intégré, devrait aboutir à la mise en commun des richesses qui appartiennent à tous, même si leur communication relève de notre responsabilité.
Andreas de Resende (Lucius Angelus Andreas Resendius Lusitanus)
n. 1500 m. 1573
Références Bibliographiques : NAN 1. 83 ?85 ; BM 1. 161 ?170, 3. 45 ; ANS 197, 283, 309, 339, 400, 401, 431, 604, 678, 1012, 1046, 1081, 1098 ; RHCEE 4. 274, 276, 330 ?331 ; BHP 2969 ?3014 ; FLF 323-326, 335-336, 339-340, 354, 360, 370, 512 ; EV 16. 382 ?384 ; 20. 1023 ;
Liste bibliographique des textes latins
Acta Synodi Olisiponensis an. 1566
(ex lingua lusitana ipse acta vertit in latinum sermonem quorum exemplar existebat anno 1763 apud bibliothecam Domnae Margaritae, Comitissae Redondi - cf. J. B. Castro, Mapa de Portugal, III, 142)
Cf. ms Lisboa BN FG 3872 ; Évora BP Cod. CVI/1-12
Ad Andream Quatrinum - Eborae Oct. 1536
Coloniae 1600
Ad Christum opt. maximum crucifixum - [Resendii contemplation] (incipit : Quur sic despectus rigido de stipite pendes ? / Et faciem liuor pallidaque ora notat ?)
Conimbricae 1551 Ioannes Barrerius & Ioannes Alvarus Socii = Évora, Res. 360 (nº 4) [cf. Oratio habita Conimbricae in gymnasio regio anniuersario dedicationis eius die]
2000, Algumas obras de André de Resende, vol. I (1531-1555), Lisboa, Ed. Távola Redonda, pp.311
Olisipone 1567 Ap. F. Garcionem in officina Ioannis Barrerae = Évora BP Res 155 (5) ; Santander, BMP, R-I-4-28 (M 295) (6) ; PBN Yc 4003
Ad Christum Opt. Maximum Resendi confessio (inc. : Christi opifex rerum, mundique.
Olisipone 1577 Ioannes Barrera = Évora, Res 349 (nº 5)
Ad Bartholomaeum Kebedium Resendo responsio
Cf. Pro sanctis Christi Martyribus Vincentio Olisiponensi patrono, Vincentio, Sabina et Christhetide, Eborensibus ciuibus et ad quaedam alia
Ad Deum patrem ob calamitatem sectarum Ode
Olisipone 1567 Ap. F. Garcionem in officina Ioannis Barrerae = Évora BP Res 155 (3) ; Santander, BMP, R-I-4-28 (M 295) (3) ; PBN Yc 4003
Ad epistolam D. Ambrosii Moralis viri doctissimi inclytae Academiae Complutensis Rhetoris, ac regii historiographi responsio (data Eborae XIIII Calendas Aprilis MDLXX
Eborae 1570 Andreas Burgius = Évora BP Res. 155 B ; Lisboa BN Res 157 (5) V ; -158(2) V ; -159(5) V ; -5546(2) V ; Vila Viçosa BP 346 ; Rio de Janeiro BN W 1-5-20 ; Coimbra BU VT 18-8-21
Coloniae 1613, pp. 233-263
Ad Iacobum Menoetium Vasconcellum urgentem Antiquitatum Lusitaniae editionem (ap. De Antiquitatibus… : "Quam vim clique sua inseruit natura, vel aetas")
Eborae 1593 (nº 10)
Adnotationes in L. Andreae Resendii Vincentium Leuitam et Martyrem, eiusdem locorum obscuriorum. Ad studiosos adolescentes
Olisipone 1545 (cf. ed. nº 3)
Ad Philippum maximum Hispaniarum regem. Ad maturandam aduersus rebelleis Mauros expeditionem cohortatio
Eborae 1570 Andreas Burgius = Lisboa BN Res. 157(5) V ; -157(4) V, -158(5) V ; -159(4) V ; Évora BP 155 D ; Vila Viçosa BP 345 ; Rio de Janeiro BN W 1-5-17 ; Coimbra BU VT 18-8-22
Ad Sebastianum excelsum Lusitaniae regem Epigramma (Quae sublimi petas frustrata est ardea nuper…)
Eborae 1570 Andreas Burgius (4), fl. 10
Ad Sebastianum regem serenissimum (Ob regni adceptum regimen)
Eborae 1570 Andreas Burgius (nº 3), fl. eij
Ad Vernandum Rhotorigium Almadicum, Rhotorigii Vernandi Almadici filium, optimae spei puerum
Olisipone 1545 (nº 3)
Alfonso S. E. R. Cardinali Emmanuelis Regis filio L. Andr. Resendius S. P. D. Eborae calendis Octobribus M D XXXIII
Eborae 1593 (ap. De antiquitatibus Lusitaniae : Illi qui vetusta haec saxa…)
Antiqua Epitaphia (siue Monumenta Romanorum in Lusitanis urbibus inuenta)
(disperditum)
Apologeticum Francisco Nunes de Beja
(ipse meminit libro V "De Antiquitatibus Lusitaniae")
Apologia (aduersus Michaelem da Silvam et Gasparem Barreiros)
(disperditum)
Bartholomaeo Friae Albernotio iurisperito doctissimo … Eborae Idibus Maii 1556 (ap. De Antiquitatibus…)
Eborae 1593
Breviarium Eborense (sc. Breviarium divinorum officiorum iuxta ritum sanctae Eborensis ecclesiae)
[sibimetipsi adrogat in epistola Bartholomaeo de Quevedo directa[24]]
Olyssipone 1548 Ludovicus Rotorigius = Lisboa BN Res 85 P ; Lisboa, Museu Arqueológico JLV = LA 27 P ; Madrid BN R 3827 ; Évora Arquivo da Sé ; Évora BP sec. XVI 2912 ; Bruxelles, B Société des Bollandistes
1942, BAUDOUIN DE GAIFFIER ; « Le Bréviaire d’Évora de 1548 et l’hagiographie Ibérique », Analecta Bollandiana, 60, p. 131-139
Carmen ad [Hieronymum] Britonium Italum (c. 1545)
(ipse meminit ap. Vincentius martyr)
Carmen ad Henricum Principem humanissimum
Carmen Damiano Goi
Coloniae Agrippinae 1600 (nº 27)
Carmen Diuae Virgini Aquaelupianae
ms Lisboa BN FG 6368, fl. 317-319
1973, José da Silva Terra, "Seis poemas de André de Resende", Arquivos do Centro Cultural, 7, pp. 454-457.
Carmen endecasyllabon ad Sebastianum regem serenissimum
Olisipone 1567 Franciscus Garcio in Off. Ion. Barrerae = Lisboa BN Res. 157(3) V ; -158(1) V, -159(6) V ; -5546(1) P ; -F.R 589 ; Évora BP Res. 155 A ; Porto BP Res-XVI-A-0163 ; Santarém, BM, 7/2/34 ; Vila Viçosa BP 328 ; PBN Ya 4003 ; Rio de Janeiro BN W 1-5-16 ; -23-2-5(3)
Carmen eruditum et elegans Angeli Andreae Resendii Lusitani adversus stolidos politioris literaturae oblatratores (sc. Desiderii Erasmi Roterodami Encomium) - Datum Louanii Eidibus Februariis M D XXX I
Basileae 1531 Hieronymus Froben & Nicolaus Episcopius = Évora BP sec XVI, 6105 ; Wien BN *35.E.241 ; Den Haag 228.F.46 ; Sélestat, B. Humaniste, K 999 c (ex Beato Rhenano)
1961, WALTER SOUSA DE MEDEIROS & JOSÉ PEREIRA DA COSTA, Elogio de Erasmo, Lisboa
1971, Odette Sauvage, L’itinéraire Erasmien d’André de Resende, Paris, 45-71
Carmen in laudem Ludouici Athaidi
ap. Diuersorum auctorum carmina in laudem illustrissimi domni L. A. … pro foelici uictoria apud Indos reportata
Romae 1575 Iosephus de Angelis = Roma, BN
Carmen in obitum Beatricis Allobrogum Reginae (c. 1538)
(ipse meminit ap. Vincentius martyr)
Carmen Iuliano Albio
ms Lisboa BN 6368 ; ANTT 2209, f. 328v-329v
1985, A. COSTA RAMALHO, Latim Renascentista em Portugal, Coimbra, p. 204
Carmen Iuliano Albio et Rhotorigo Sanctio
ms Lisboa BN, Cod. 6368 ; ANTT 2209, fl. 330-331
1973, JOSÉ DA SILVA TERRA, « Seis poemas de André de Resende », Arquivos do Centro Cultural Português, Paris, VII
Carmen Ludouico Ataidio (25 Iulii 1572)
Conimbricae 1616
Carmen Rotorigo Sanctio suo
ms Lisboa BN, Cod. 6368 ; ANTT 2209, fl. 331-332
1973, JOSÉ DA SILVA TERRA, « Seis poemas de André de Resende », Arquivos do Centro Cultural Português, Paris, VII
Carmina aduersus I. Vives
(disperditum)
Carmina Damiano Goi dicata (Elige utro mauis ; Haec Damiane ; Tu Cydonia pinsita ; Estis porro dei ; Exemplo Damiane malo - Eborae ad VI Calendas Novemb. M.d.xxxv).
Ap. Damiani Goes, Opuscula - Farrago carminum clarissimorum uirorum ad Damianum Goes equitem Lusitanum
Lovanii 1544 = Lisboa BN Res 4135 P
Carmina duo Balthasari Tebio iuris perito
ms Lisboa BN, Cod. 6368 ; ANTT 2209, fl. 332-334
1973, JOSÉ DA SILVA TERRA, « Seis poemas de André de Resende », Arquivos do Centro Cultural Português, Paris, VII
Carmina varia
ms Lisboa BN, Cod. 6368 ; ANTT 2209, fl 1-97 ; Évora BP CXIV/1-16(d) fl 48-87 (aliquot tantum nostro certe tribuenda)
1973, JOSÉ DA SILVA TERRA, « Seis poemas de André de Resende", Arquivos do Centro Cultural Português, Paris, VII
1989, JOHN R. C. MARTYN, « An unknown piscatorial Eclogue by André de Resende », Euphrosyne, 17, 277-304 (perperam nostro trib.)
1998, John R. C. Martyn, Andre de Resende’s Poemata Latina / Latin Poems (translated, edited and with an introduction), Lewiston, New York (perperam multa nostro tribuuuntur)
Conversionis mirandae Diui Aegidii Lusitani doctoris Parisiensis Ord. Praedicatorum libri IV, a L. Andreae Resendio ex quibusdam preuetustis libellis olim collecta in modum dialogi edita
Ms Évora, Manizola, ms 20 ; Lisboa BAC ms 383 V ; - 640 V
s. l. s. ed. s. d. = Coimbra BU 4-8-8-194
Parisiis 1586
2000 Virgínia Soares Pereira, Aegidius Scallabitanus : Um diálogo sobre Fr. Gil de Santarém - Estudo introdutório, edição crítica, tradução e notas, Lisboa
De aera Hispanica - Ioanni Vasaeo epistola
Salmanticae 1552
1600, Coloniae, In officina Birkmannica, sumptibus Arnoldi Mylii (nº 44, p. 123) = Lisboa BN
1603, Hispaniae Illustratae, Francufurti
1613 Coloniae, Apud Gerhardum Grewenbruch, pp. 123-1127 = Évora BP
1790 Conimbricae
1988 Virgínia Soares Pereira, « Uma carta de André de Resende reconstruída », Humanitas, 39-40, 1987-1988, 229-232
De Antiquitatibus Lusitaniae Libri quattuor a Lucio Andrea Resendio olim inchoati & a Iacobo Menoetio Vasconcello recogniti atque absoluti. Accesit liber quintus de antiquitate municipii Eborensis.
Eborae 1593 Martinus Burgensis = PBN Fol. Oq4(1) ; LBL 796 fff 3(1) ; Lisboa BN Res 35 A ; -525 V ; -526 V ; -527 V ; -1754 V ; -3068 V ; 3069 V ; - Acad Ciências 11 ?32 ?1 ; - B Ajuda 50 ?XIII ?16 ; ?, 15 ?X ?13 ; Porto BP Res-XVI-B-0030 ; Vila Viçosa BP 535 ; Santarém, BM, 18/6/2 ; Madrid BN R ? 28944 ; Rio de Janeiro BN W 1.3.bis12 ; Coimbra BU VT 18-9-16 ; -R-40-1 ; -RB-19-8 ; -RB-28-4 ;
Romae 1597 Bernardus Basa (ed. Gondisalvus Mendez de Vasconcellos & Cabedo Lusitanus ; dicatum Cardinali Petro Aldobrandino) = Lisboa, BN Res. 719 P ; -Res. 720 P ; -Res 3990 V ; -Res. 4164 P ; Évora BP sec. XVI 3092 (inc.) ; - sec. XVI 5357
Coloniae Agrippinae 1600 Officina Birckmannica sumptibus Arnoldi Mylii = Lisboa, BN Res 4754 P ; -REs 5140 P
Coloniae 1613 Gerhardus Greuenbruch = Paris, BN149, 580 ; Lisboa, ANTT SP 1767 ; BN Rex 715 ; Évora BP Res 844
1996, André de Resende, As Antiguidades da Lusitânia - Introdução, tradução e comentário, de R. M. Rosado Fernandes, Lisboa, Fund. C. Gulbenkian
De aquae ductibus (aduersus Michaelem da Silva)
(disperditum)
De arquitectura
(disperditum)
De Bracharensis urbis antiquitate et laudibus poema epicum (Domino Didaco de Sousa archiep. dicatum carmen)
(quod Manuel Severim de Faria extraxit, D. Roderico a Cunha editioni proponebat, sed disperditum)
De Coloniarum et Municipiorum Iure (siue De Iure Italico)
Dedicatio Mariae principi eruditissimae (D. Emmanuelis P. F. Inuicti Filiae D. Ioannis III P. F.inuicti Sorori
Conimbricae 1551 (nº 1)
De institutione Ordinis Militaris Avisiensis
Meminit Dom. Rodericus a Cunha, Commentario in primam partem Decreti ad cap. General. Dist. 54. n. 90
De obitu Beatricis, Allobrogum reginae
(ipse allegat scholiis ad Vincentii martyris poema, p. 49)
De uerborum coniugatione commentarius
ms Évora, BP, CX / 1-3, nº 9 (ab impresso deriuato ?)
Olisipone 1540 Ludovicus Rhotorigius = Lisboa B Ajuda, 50 ?VIII ?43(1) ; Vila Viçosa BP 117 ; LBL 829 d. 10 ; Coimbra BU VT 18-8-20 ; Lisboa BN Res 156(2) V ; 5546(3) P ; Évora BP sec XVI, 6294 (Manis.) ; Bruxelles BR V.B. 5622 A 1 LP
1968, Custódio Joaquim Pão-Alvo Magueijo « O de verborum coniugatione commentarius de André de Resende », Euphrosyne, 2, 1968, 191-195.
D. Emanuelis pii, felicis, inuicti filiae, D. Ioanni III pio, felici, inuicti Sorori Mariae, principi eruditissimae (ap. Geneathliacon…)
Bononiae 1533 Ioannes Baptista Phaellus = Evora Res. 155 C(nº2), fl. 3-5
Dysthica XII Nicolao Clenardo
In Opera omnia, 1600, pp. 54-55
Elegia in memoriam Mercurini Cardinalis
[ed. in Epitaphia, epigramma et elegiae aliquot illustrium uirorum in funere R. D. Mercurini S. Ro. Ecclesiae… Cardinalis]
Antuerpiae 1531 Ioannes Grapheus = LBL 11422.c.5 ; Bruxelles BR VB 23432(2) B ; -,VB 24301 B ; Anvers BM Plantin R.24.33
Antuerpiae 1532 Ioannes Grapheus = Gand BU BL 5321
Encomium urbis & academiae Louaniensis
Antuerpiae 1530 Ioannes Grapheus = Lisboa BN Res 683 P ; - Res 1678 P : Paris B Mazarine 21224 ; Bruxelles BR VH.26149.A ; -,VH.11852 ; Gand BU M.16(2) ; Haia, Panfleto, 51 ; Zurich BC Z.XVIII.376(7) ; Roma BN Misc Val.674(5), Rostock, BU ; Munique, B Baviera, 8º P.o.lat.3810 (periit 1945)
1971, Ed. Odette Sauvage, L’itinéraire Érasmien d’André de Resende (1500-1573), Paris
Epicedium ad Caesarem
Epicedion rapto Daciae Principi (ap. Geneathliacon… )
Bononiae 1533 Ioannes Baptista Phaellus, fl. 43-44 (nº 4)
Epigramma Damiano Goi
Lovanii 1544
Epigramma ad Damianum Goium musicum
Lovanii 1544 = Evora BP Res 356
Epigramma ad Iacobum Menoetium Vasconcellum (ap. De Antiquitatibus… : "Inter magnificas dapes, et amplas / Amplo,et magnifico ospiti paratas")
Eborae 1593 (nº 1)
Epigramma ad Ludouicum Ataidium (ap. De Antiquitatibus…)
Eborae 1593
Epigramma ad Sebastianum excelsum Lusitaniae regem (ap. De Antiquitatibus…)
Eborae 1570 (nº 2)
Epistola ad Bartholomaeum Quevedo (ap. Carmen endecassylabon ad Sebastianum regem, nº 3) : Eborae, quarto Nonas Maii, 1567
1988, VIRGÍNIA SOARES PEREIRA, Carta a Bartolomeu de Quevedo, Coimbra (ed. intrep. lusit. comment.)
Epistola ad Damianum de Goes
[inter Opuscula huius, Louanii, 1544]
Epistola ad Doctorem Fragosum Badajocensem (Eborae, mense Maio 1556)
Epistolae ad Georgium Coelium (Eborae 1534) (ap. De Antiquitatibus…)
Eborae 1593 (nº 8)
Epistola ad Henricum Cardinalem
Olisipone 1557 J. Blauius (ap. Hieronymus de Azambuja, Commentaria in Leuiticum)
Epistola ad Hieronymum Cardosum
Olisipone 1555
Epistola ad Iacobum Freyrem
Epistola ad Ioannam Vasiam (Eborae 7 Martii 1534)
Epistola ad Ioannem Vasaeum (Eborae 1553)
Olisipone 1561 Ioannes Balvius
Epistola ad Iulium III Papam
Epistola ad Reuerendum in Christo patrem D. Gasparem Casalem episcopum Leirenensem
Olisipone 1567 Ap. F. Garcionem in officina Ioannis Barrerae (nº 6) = PBN Yc 4003
Epistola Alfonso S.R.E. Cardinali Emmanuelis regis filio… Eborae calendis Octobribus M.D.XXXIII
Cf. Andrea Resendius, De Antiquitatibus Lusitaniae, ed. laud., Praefatione.
Epistola Bartolomaeo Friae Albernotio giurisperito doctissimo [annum esse 1565 Carolina Michaelis de Vasconcelos censet]
Cf. Andrea Resendius, De Antiquitatibus Lusitaniae, ed. laud., Praefatione.
Epistola D. Emmanuelis P. F. Inuicti Filiae D. Ioannis III D. F. Inuicti sorori Mariae principi eruditissimae
Conimbricae 1551 Ioannes Barrerius & Ioannes Alvarum Socii = Évora BP Res 155 (nº 3)
2000, Algumas obras de André de Resende, vol. I (1531-1555), Lisboa, Ed. Távola Redonda, pp. 305-310
Epistola de vita aulica ad Speratum Martianum Ferrariam Lusitanum (script. Bruxellis, Calendis Novembribus 1531)
Bononiae 1533 Ioannes Baptista Phaellus = Lisboa B Ajuda 50-VIII-43(5) ; Coimbra BU, VT 20-8-8 ; Évora BP sec XVI 6104 ; -, Res 155(7) ; Vila Viçosa BP 78 ; PBN *E 1082 ; -*E 1306 ; Madrid BN 2/8306(2) ; Escorial BM 38-V-16 ; Salamanca BU 1ª/2246(5)
1990, John R. C. Martyn, André de Resende, On Court Life, Berna
***De Vita Aulica
Bruxelae 1536
Epistola de vita aulica ad Damianum Goium (script. Eborae ad VI Calend. Novemb. 1535)
Lovanii 1544 = Evora BP Res 356 (inter Damiani de Goes Opuscula)
Epistola prosa oratione pro Colonia Pacensi : Ad Ioannem Vasaeum virum doctissimum - data Eborae, quarto nonas Februarii, 1553 (ed. post Epistolae tres…)
Olisipone, Ioannes Blauius, 1561 = Lisboa BN Res 158 e 159 V ; Évora BP Res 73 ; - 378 ; Coimbra, BU VT 18-8-19
Epistolae Hieronymo Cardoso
Ap. Hieronimus Cardosus, Epistolarum Familiarium libellus
Epistolae tres carmine : Duae ad Lupum Scintillam iuris consultum peritissimum. Vna ad Petreium Sanctium poëtam. Item epistola prosa oratione pro colónia Pacensi ad Ioannem Vasaeum virum doctissimum…
Olisipone 1561 Ioannes Blavius = Lisboa BN Res. 158(3) V ; -159(1) V ; Évora BP Res. 73 ; -378 ; Torino BN ; Vila Viçosa BP 248 ; LBL 1213 f. 47(2) ; Madrid BN V. C 293 ?22 ; Coimbra BU VT 18-8-19
Epitaphia, epigrammata et elegiae aliquot illustrium uirorum in funere R. D. Mercurini… Cardinalis
Antuerpiae 1531 Ioannes Grapheus, fol. 8 = LBL, 11422.c.5 ; Bruxelas, BR, VH 23432 ; -VH 24301 B ; Antuerpia, Mus. Platin, R.24.33 ; Madrid, BN
Antuerpiae 1532 Ioannes Grapheus = Gand, BU, B.L. 5321.
Epitaphium Ludouicae Sigaeae = Lud. Sig. Elegia
Lisboa 1561 Her. Germão Galharde
1981 : Ed. Facsimil,, Rio de Janeiro, BN = Lisboa L 82958 P
Epitaphium pro matre sua (ap. De Antiquitatibus… : Ap. Didacum Mendes de Vasconcelos, Vita Andreae Resendii : "Memoriae et Pietati Dicatum / Salue mea mater formina innocentissima…")
Eborae 1593 (nº 13)
Epitome rerum gestarum in India a Lusitanis, anno superiori, iuxta exemplum epistolae quam Nonius Cugna, Dux Indiae max. designatus ad regem misit ex urbe Cananorio IIII Idus Octobris An. MDXXX
Louanii 1531 Seruatius Zassenus = LBL 1197 d. 13(2) ; -G 6976 ; -1312.b.12 ; PBN 4ºOy. 64 ; Vila Viçosa BP, 74 ; Lisboa BN D.S. XVI-7 (ex B Pal. Foz (Bib. Duarte de Sousa) XVI-7) ; Évora BP sec XVI 6106 (correctio ab ipso actore ; fl Ci= Pellaconensibus > bellatoribus uiris) ; LBL G.6976 ; -,1312.b.12 ; -,1197.d.13(2) ; Oxford Bodl Vet.Bi e.6 ; Bruxelles BR VB.9412(3).A ; Gand BU Hist.7748 ; Escorial BM 40.V.51(1) ; Roma B Casanatense Misc. in 4º, vol. 174 ; Den Haag BR 229.E.32 ; Rio de Janeiro, SLR, 23.4.9 (ex Barbosa Machado) ; Providence, John Cárter Brown (ex J. F. Van de Velde) ; Minnesota, BU James Ford Bell.
Coloniae 1613 Gerhardum Greuenbruch = Lisboa, BN Res 716(2)P
Erasmi Encomium (= Carmen eruditum et elegans…)
Basileae 1531
Expostulatio aduersus Gasparem Barrerium
Genethliacon Principis Lusitani ut in Gallia Belgica celebratum est, a uiro clariss. D. Petro Mascaregna, regio legato, mense Decembri MDXXXII ; dedicatio : Bononiae, Calendis Ianuariae 1533 (inseq. Epicedion et Ode in raptum Dacorum…)
Bononiae 1533 Ioannes Baptista Phaellus (Bononiae impressit anno Incarnationis Dominica[e] 1533, mense Ianuario = Lisboa, BN, Res. 157 (2)V ; -B Ajuda 50 ?VIII ?43(2) ; Vila Viçosa BP 79 ; Lisboa BN Res. 157(2) V ; PBN Res p. Yc 1391 ; Évora BP Res 6013 ; 155 (6) ; Coimbra BU VT ; Madrid BN 2/8306(1) ; Escorial BM 38-V-16(4)
1987, ed. Fac-similada, Fidelino de Figueiredo, Lisboa, INCM
1990, JOHN R. C. MARTYN, André de Resende on court life, Berne.
Hendecassilabi Michaeli Siluio Pontifici (ed. post Ode ad Caesarem)
Bononiae 1533 (nº 1)
Henemanno Rhodio praeposito Rigensi, oratorisque ad Caesarem Livoniensis archiepiscopi, Silvulas duas (cum responsio eiusdem / Henemanni Rhodii Urbindaginei Resendio Lusitano suo)
= Évora sec. XVI 6.106, fl. 56v-57v (1) Inc. : Quid non longa dies mutat ? & orbita ; 2) Inc. Sulmonis gelidi exulem quum alumnum ; 3) Docte cliens Phoebi, doctarum cura sororum…
Hexametra Card. Bembo dicata (disperdit.)
Historia Sancti Rudesindi episcopi
In Erasmomastygas Iambi
[ed. in Epistola quaedam D. Erasmi Rot. nunquam antehac aedita… Epitaphia nonnulla in eundem…]
Gandavi 1536 Iodocus Lambertus = Gand BU G. 177 ; -,A.12422(1) ; Den Haag BR 231.G.42 ; Cambridge, B St. John College
Antuerpiae 1537 Vid. Martini Caesaris = LBL 1075.h.1 ; Oxford Bodl ; Cambridge, B Emmanuel Col. ; Paris B Arsenal H.8º19149 ; Bruxelles BR Res Prec II.26326.A ; Gand BU A.168(6) ; Utrecht BU
1971, ed. Odette Sauvage, L’itinéraire Érasmien d’André de Resende (1500-1573), Paris
In obitum D. Ioannis III Lusitaniae regis conquestio
Olisipone 1557 Ioannes Blauius = Lisboa BN Res. 158(4)V ; -159(3) V ; Évora BP Res. 360 A ; - Res 155 B ; -F. R. 589 ; Vila Viçosa BP 208 ; LBL 1213 f. 47(1) ; Rio de Janeiro BN 23.3.4(1) ; Coimbra BU VT 18-7-17
Insignissima duo miracula Sancti Blasii
(ipse meminit in Vita Beati Aegidii)
In secundum tomum Sanctorum Fratrum Minorum concinnantum a religioso uiro Fratre Marco Olisiponensi (Parte segunda das Chronicas da Ordem dos Frades Menores, por Fr. Marco de Lisboa) [inc. : Altera Francisci procerum turm exit, adeste)
Olisipone 1562 Iohannes Blavius, Tomo II = Évora, BP sec. XVI 3635
Inuectiva in Venetiorum Rempublicam (disperdit.)
Libellus de Pace Iulia ad Franciscum Nonium (Resendius ipse meminit ap. De Antiquit. Lusit., IV, p. 257).
Ludouicae Sigeae tumulus, Elegia
Olyssippone 1561 Haeredes Germani Galiardi = Rio de Janeiro BN W 1-5-14
Syntrae 1566 Haeredes Germani Galiardi = LBL 11408 f. 42
Magnifici oratoris Angliae in effigiem Sebastiani regis nostri Christianissimi Epigramma
Olisipone 1567 Ap. F. Garcionem in officina Ioannis Barrerae = PBN Yc 4003
Michaeli Siluio pontifici (ap. Geneathliacon… )
Bononiae 1533 Ioannes Baptista Phaellus, fl. 1v
Monumenta Romanorum in Lusitanis urbibus (fortasse idem ac Antiqua Epitaphia Domino Cardinali Infanti Alfonso dicata)
]Rodericus da Cunha, episcopus Olisiponensis memorat]
Narratio rerum gestarum in India a Lusitanis anno M D XXX iuxta exemplum epistolae quam Nonius Cugna, dux Indiae max. designatus ad regem misit ex urbe Cananorio III Idus Octobros anni eiusdem = Epitome rerum gestarum…
1613 Coloniae, pp. 305 ss. = Évora BP Res 366
Ode ad Caesarem [incip. : Fortuna inuida (ed. post Epistola de Vita Aulica)
Bononiae 1533 (nº 5)
Ode ad Conradum Coclenium (Lovanii, 1529) (ap. De Antiquitatibus… : "Te nonne plus oculis amem / Cocleni, atque animo, luceque amicius")
Eborae 1593 (nº 12)
Ode ad Deum Patrem ob calamitatem sectarum (post Genethliacon…)
Olisipone 1567 (nº 4)
Ode Damiano Goi
Louanii 1544 (ap. D. Gois Opera)
Ode ad Nicholaum Clenardum (Eborae 1536)
Coloniae Agrippinae 1600 (nº 28)
Ode de eodem rapto Daciae Principo puero miserrimo (ed. post Epicedion)
Bononiae 1533 (5)
Officium Diui Gundisalui de Amarantho
ms Abrantes, Arq. Hist. Municipal, Cod. 11 ; ms Ancede (Baião), Arquivo Paroquial, séc. XVI( ?)
Conimbricae 1562 ap. Ioan. Aluari Typographum Regium
Officium Sanctae Elizabet Portugalliae quondam reginae
Conimbricae 1551 [Iohannes Barreira & Iohannes Alvari] (nº 2) = Lisboa BN Res 101 P ; -INC 1491(3)
***Opera : L. Andreae Resendii, Eborensis, Scriptorum nunc simulque editorum
1600, Coloniae, Arnoldus Mylius
Opera Aurelii Prudentii (ed. corr.)
(I. Vasaeus, Chron. Hisp. meminit ad annum Christi 351)
Opera Sidonii Appolinaris (ed. corr.)
(ipse meminit Ant. Lusit. Lib I, tit. De Barbaris)
Oratio de Synodis, in Synodo Eborensi habita anno MDLXV, mense Febru. Praeside Ioan. Mello archiepisc. Eborensi
1600 Coloniae (nº 51)
Coloniae, 1613, pp. 285-299
Oratio habita Conimbricae in Gymnasio Regio anniversario dedicationis eius die quarto calendas Iulii MDLI (praecedit Dedicatio D. Emmahnuelis P. F. inuicti. filiae D. Ioannis III P. F. inuicti. sorori Mariae principi eruditissimae)
ms Evora, BP, CX / 1-3, nº 14 (ex impresso deriuato) ; CIX / 1-10, nº 14 (manu Fr. Vicente Salgado) ; Coimbra, BGU, ms 3170 (ex impresso) ; - ms 2583
Conimbricae 1551 Ioannes Barrerius & Ioannes Alauarus = Santander, BMP, R-I-4-28 (M 295) (5) ; Lisboa B Ajuda 50 ?VIII ?43(3) ; Évora BP Res. 155 C - 1 e 2 ; -Res 166-B ; -360-F ; Porto BP Y1-3-58[4] ; Vila Viçosa BP 160 ; Rio de Janeiro BN W 1-5-18 ; Coimbra BU R-73-13 ; Lisboa BN Res 159(2) V ; Porto BPM Y-3-58
1613 Coloniae pp. 264-304
1982, GABRIEL DE PAIVA DOMINGUES, Oração pronunciada no Colégio das Artes em 1551 (ed. intrepr. lusit.), Coimbra
2000, Algumas obras de André de Resende, vol. I (1531-1555), Lisboa, Ed. Távola Redonda, pp.285-304
Oratio habita coram sacra Synodo Eborensi an. 1534
ms Évora, Arquivo da Sé
Olisipone 1534 = Lisboa BN Res 129 A (mut.) ; ANTT, Série preta, nº 2948
1971 Isaías da Rosa Pereira, "Sínodo Diocesano de Évora de 1534", Anais da Academia Portuguesa da História, 2ª ser. Vol. 20, pp. 171-232
2000, Algumas obras de André de Resende, vol. I (1531-1555), Lisboa, Ed. Távola Redonda, pp.239-246 ; ed., transl. Lusit., a Miguel Pinto de Meneses, pp. 247-269
Oratio pro rostris pronuntiata in Olisiponensi Academia calendis octobribus MDXXXIIII
Olisipone 1534 German Gallard = Vila Viçosa BP 84 ; LBL C62 b38 ; Évora BP sec XVI, 6108
1956, MIGUEL PINTO DE MENESES, Lisboa (interpr. lusit.)
Paulo Aphasi suo
Bononiae 1533 (nº 1)
Paulo Antoni suo
Olisipone 1540 (nº 1)
Petreio Aphanio
Bononiae 1533 Ioannes Baptista Phaellus (ante Epistola de Vita Aulica as Speratum Martianum Ferrariam Lusitanum)
Petreio Sanctio Epistola
Olisipone 1561 (nº 3)
Philippo, Hispaniarum regi maximo
Eborae 1570 (nº 1)
Poema epicum de Sanctis Martyribus Ulyssiponensibus
penes Ioannem Tamayum Salazar existebat
Pro colonia Pacensi (Epistola ad I. Vasaeum - Eborae IV Nonas Februarii 1553)
Olisipone 1561 (nº 4)
1613 Coloniae pp. 128-150
1790, Opera…, Conimbricae, vol II, pp. 7-33
Pro sanctis Christi martyribus Vincentio Olisiponense patrono, Vincentio, Sabina et Christhelide Evorensibus civibus et ad quaedam alia responsio - Ad Bartholomaeum Kebedium….
Olisipone 1567 Ap. F. Garcionem in officina Ioannis Barrerae = PBN Yc 4003 ; Évora BP Res 155 (2) : Lisboa BN Res 157-159 V
1613 Coloniae, pp. 151-226
1988, VIRGÍNIA SOARES PEREIRA, Carta a Bartolomeu de Quevedo, Coimbra (ed. intrep. lusit. comment.)
Responsio ad epistolam D. Ambrosii Moralis, uiri eruditissimi inclytae academiae Complutensis rhetoris ac regii historiographi (Eborae XIII Calendas Aprilis M D LXX) [insequitur post Ambrosii Morlis Cordubensis Andreae Resendio, Compluti, 1570]
Eborae 1570 Andreas Burgius (nº 2) = Évora Res. 155 A
Responsio ad Epigramma Magnifici Oratoris Angliae in effigiem Sebastiani regis nostri christianissimi (1567)
Olisipone 1567 (nº 8)
Sanctae Elizabet Portugaliae quondam reginae officium
Conimbricae 1561 = Lisboa BN Res 101(3) P
Saturnalibus (Ad Iulianum Albium et Petrum Sancium) (ap. De Antiquitatibus… : "Viuamus hodie, nam caras reddemur amaris / Aulae tumultibus grauis")
Eborae 1593 (nº 9)
1955 Cândido Aparício Pereira, "Uma ode inédita", Humanitas, 4-5, 1955-1956, 215-219
Sebastiano huius nominis primo, Lusitaniae regi, Africo, Atlantico, Aethiopico, Arabico, Persico, Indico, Trapobanico
Olisipone 1567 Ap. F. Garcionem in officina Ioannis Barrerae = PBN Yc 4003 (nº 1 - 2)
Sperato Martiano Ferrariae, ad bellum Turcicum uenienti (ed. post Epistola de Vita Aulica ad Speratum…)
Bononiae 1533 (nº 3)
Sperato Martino Ferrariae, a Caesare sacramentis militaribus obstricto
Bononiae 1533 (nº 4)
Sperato Martino Ferrariae, equestris ordinis nobilli et erudito uiro (Olisipone VI Cal. Decembris M D XLV) (ante Vincentius Leuita et Martyr)
Olisipone, 1545 (nº 1), fl. Aii
Sylua Angeli Andreae Resendi Lusitani
(in De Alba Febre Carmen, adauctum & recognitum per Iacobum Papam)
Antuerpiae 1534 Symon Coquus = Gand BU Res 446
Syluulae duae ad Henemannum Rhodium Praepositum Rigensem Oratoremque Caesareum Livoniensis Archiepiscopi
Lovanii, 1531 (nº 3 - 4)
Translatio sacrarum uirginum et martyrum Christi Responsae et Sociae eius
Venetiis 1532 Bernardinus de Vitalibus = Évora BP sec XVI 6107
Urbis Olisiponis descriptio
Eborae 1554 = Lisboa B Ajuda 50 ?VIII ?51(2)
Vincentius levita et martyr
Olisipone 1545 Ludouicus Rhotorigius = Lisboa, Res 156(1) ; Lisboa B Ajuda 50 ?VIII ?51(1) ; Évora BP Res. 360 E ; Vila Viçosa BP 134 ; Lisboa B Acad Ciências Res. 2 ?5 ; Madrid BN 3 ?58926 (2) ; Coimbra BU R-1-17 ; Lisboa BN Res 156 (1) V ; -157 (1) V ; Roma B. Vallicel. S. Borr. F. II. 319 (4)
1981, J. V. PINA MARTINS, « Aspectos de erasmismo de André de Resende », Humanismo e erasmismo na cultura portuguesa do século XVI, Paris
1981, J. V. PINA MARTINS (ed.), Braga
Vita Beati Aegidii Scalabitani, Ordinis Praedicatorum (Idem ac Conuersio Miranda)
Parisiis 1586 Stephanus de Sampaio = Lisboa B Acad. Ciências = Évora BP Col. Manizola, Ms 20
Votum Diuae Virgini Aquilupianae
Ms Lisboa BN FG 6368, f. 317r-319r
1974, José da Silva Terra, "Seis poemas de André de Resende", in Arquivos do Centro Cultural Português, 7, 454-469
Liste Bibliographique des Textes en Portugais
Crónica Lusitana (ms.)
cf. Bernardo de Brito
Fala que Meestre Andree de Reesende fez a El Rey Dom Sebastiam a primeyra vez que entrou en Euora. Rio de Janeiro, Biblioteca Nacional, apresentação Plinio Doyle, 1981. Ed. fac-similada de ed. 1569 = Lisboa, BN L. 82956 P.
Historia de antiguidade da ciidade Euora
Evora per Andree de Burgos, 1553 = BNP RES 55 P ; BNP F 1287.
Evora per Andre de Burgos, 1576 (2ª ed. cor.) = BNP RES. 56 P.
Lisboa, Off. de Simão Thaddeo Ferreira, 1783. [109] = BNP RES. 3989(2) V ; BNP H.G. 5335 P ; BNP H.G. 5336 (2) P ; BNP H.G. 15834 P ; BNP H.G. 22963(6) P. .
Obras portuguesas de André de Resende, pref. e notas de José Pereira Tavares.
Lisboa : Sá da Costa, 1963 = BNP L. 91859 P.xe "CDU : 869.0-94 Resende 3 Obras port."
A santa vida e religiosa conversação de Frei Pedro : porteiro do Mosteiro de S. Domingos de Évora. Script.1570. Edição fac-similada do único exemplar conhecido, acompanhada de transcrição, introdução e notas / por Serafim da Silva Neto ; Prefácio-estudo de Jaime Cortesão. [s.l. : s.n.], 1943 (Rio de Janeiro : Ed. Dois Mundos [Comp. Brasileira de Artes Gráfica]) = BNP R. 11382 V ; BNP R. 19726 V
1963, Lisboa, Sá da Costa : Obras Completas.
Vida do Infante Dom Duarte, script. 1567.
Lisboa, Off. da Academia Real das Sciencias, 1789 [prol. José Corrêa da Serra],= BNP H.G. 5624 P ; H.G. 5793 P ; H.G. 12463 (2) V ; H.G. 14107(6) V ; H.G. 22921(9) P ; H.G. 23184 P ; H.G. 4771 V ; H.G. 13941//9 V ; H.G. 49905 V.
Études
- Anselmo Braamcamp Freire, "Appendices às Notícias da Vida de André de Resende, de Francisco Leitão Ferreira", Archivo Histórico Português, III, Lisboa, 1910
- Firmino Crespo, "André de Resende", humanista e poeta latino", Revista da Faculdade de Letras de Lisboa, 2, 1934, 50-72
- Maria Manuela Barroso de Albuquerque, "André de Resende : o drama dum humanista português", Euphrosyne, 1, 1967, 107-134.
[1] Je me sers de l’édition en CD-Rom, de 2008.
[2] Le mot « Lusiadas » apparaît déjà, et pour la première fois, dans l’Encomium Erasmi, figure dans son Vincentius leuita et martyr et se retrouve dans divers autres textes de l’auteur, comme dans les discours à l’Université, en 1534, et au Collège des arts, en 1551.
[3] Odette Sauvage, L’itinéraire érasmien d’André de Resende : 1500-1573, Paris, Centro Cultural Português - Fundação Calouste Gulbenkian, 1971. Voir aussi José V. de Pina Martins, Humanismo e Erasmismo na Cultura Portuguesa do século XVI : Ensaios e Textos, Paris, Centro Cultural Português, 1973 (surtout chap. VI et VIII).
[5] L’attitude de Resende est d’autant plus à souligner que, au concile de Valladolid, les représentants portugais étaient hostiles à Érasme : voir Marcel Bataillon, « Les Portugais contre Érasme à l’Assemblée théologique de Valladolid, 1527 », in Études sur le Portugal au temps de l’Humanisme, Paris, Centro Cultural Português da Fundação C. Gulbenkian, 1974, p. 7-34. Les représentants portugais étaient Estêvão d’Almeida, Diogo Gouveia, Pedro Margalho.
[6] À Ambrosio de Morales, A. Resende écrit : « Ego nondum annos decem & treis excesseram, quum istheic, curante matre, nam patre orbatus pridem eram, Antonio Nebrissensi praeceptori operam dedi. Sed coorto inter funebria iusta, suae Cardinalis Academiae patrono, per eos dies mortalitatem exuto, soluebantur, nescio quo inter munícipes & scholasticos tumultu, abductus inde sum. Ea tempestate, neque tam ualidum neque tanta opulentia oppidum esse uidebatur".
[8] Il ne faudra pas oublier une ode dédiée à Goclenius, en 1529.
[9] L’auteur de la biographie de Resende (Diogo Mendes de Vasconcelos / Iacobus Menoetio Vasconcellus) rappelle l’amitié de notre humaniste avec Ioannes Dantiscus Polonus, ce qui nous explique l’association de l’Éloge de Louvain de Resende avec l’œuvre de Dantiscus.
[10] Depuis 1523 Damião de Goes arrive à cette factorerie et apprend auprès de Corneille de Schrijver (Grapheus ou Scribonius) les secrets de la poésie latine ; il a passé sept mois à l’université de Louvain, en 1531-1532 et y reviendra plus tard, en 1539. Ses relations avec Érasme sont connues : Damien lui rend visite deux fois, en 1533 et 1534 à Fribourg-en-Brisgau.
[11] Le Genetheliacon est un document souvent cité par la philologie portugaise, car il sert à documenter la représentation théâtrale d’une pièce de Gil Vicente, le grand dramaturge portugais du xvie siècle : la pièce intitulée Jubileo de Amores est une comédie imprégnée de l’esprit de la Réforme. Le nonce papal, Girolamo Aleandro, en a été indigné et, dans son rapport officiel, par lettre du 26.12.1536, avertit le roi du Portugal qu’il doit freiner la divulgation de la pièce : le texte, d’ailleurs, en a été perdu, par suite de son inscription dans l’Index librorum prohibitorum portugais (Rol de livros defesos) de 1551. Lors des festivités célébrant la naissance du nouveau prince portugais, l’ambassadeur a fait brûler du bois de cannelle pour réchauffer l’espace où se tenait la fête. Il s’agit du même personnage qui de Rome recommande les jésuites au roi du Portugal.
[12] À cette occasion, Resende connaît Damien de Goes et le nomme dans son poème ; il semble que Damien participe à la fête en qualité de musicien.
[13] Érasme formule ces éloges dans une lettre envoyée à Damien de Goes : voir P. S. Allen, Opus epistolarum Desiderii Erasmi Roterodami, Oxford, 1906-1958, vol. X, nº 2915, p. 367, lignes 10-15.
[14] Nous savons qu’il existe dans la ville d’Alcácer do Sal une chapelle à l’intérieur de l’église du couvent de Saint-Antoine, fondée en 1524 par Violante Henriques, mère de Pedro Mascarenhas ; la chapelle, fondée aussi par la même donatrice, semble due au travail de Francisco de Holanda ; les bonnes relations de l’ambassadeur avec le peintre ainsi qu’avec Michel-Ange sont connues. Il n’est pas non plus à exclure que le texte de Resende soit dû à une demande de l’ambassadeur.
[15] Le poème ne sera publié, avec des commentaires, qu’en 1545 ; il est significatif qu’il le cite déjà en 1534, deux années avant que George Coelius n’utilise le terme « Lusiades » dans son poème intitulé Serenissimi et illustrissimi Principis D. Alfonsi SRE cardinalis ac Portugaliae Infantis Consecratio, Coimbra, 1536.
[16] Voir P. S. Allen, ed., Opus epistolarum…, vol. XI, pp. 206-207 et 259.
[17] D’après l’appréciation de son biographe, son ami Diogo Mendes de Vasconcelos, in De antiquitatibus Lusitaniae, Resende « ita diuitiarum opulentiaeque contemptor fuit tamque ingenuis et candidis moribus, nec non egregia quadam animi libertate praeditus ut cum et apud Caesarem et apud Ioannem Lusitaniae regem caeterosque principes, assidue semper versatus fuerit illisque in primis charus extiterit, tenui nihilominus fortunae conditione sit usus nec ad altiorem honoris gradum opumue cupiditatem aspirauerit, musis semper & literario otio delectatus ».
[19] Concession faite par le pape Clément VII, entre 19.11.1533 et 25.09.1534, et par la suite renouvelée par les papes Paul III, Paul IV et Pie IV.
[20] Ils étaient invités par le roi et travaillaient sous la direction du Portugais André de Gouveia (dux praestantissimus : le plus grand principal de France, selon Montaigne) qui, au Collège de Guyenne, à Bordeaux, avait réussi à transformer une « pauvre école provinciale » en un collège florissant.
Arbeitsplan "Europa Humanistica"
Bereits erschienen :
Die deutschen Humanisten. Dokumente zur Überlieferung der antiken und mittelalterlichen Literatur in der Frühen Neuzeit. Abteilung I : Die Kurpfalz. Band I/1 : Marquard Freher. Band I/2 : Janus Gruter. Herausgegeben und bearbeitet von Wilhelm Kühlmann, Volker Hartmann und Susann El Kholi. Turnhout : Brepols 2005 (= Europa Humanistica. Collection publiée par l’Insitut de Recherche et d’Histoire de Textes)
Fertigstellung von Bd. II (Jacobus Micyllus, Johannes Opsopoeus, Johannes Posthius, Abraham Scultetus) und Band III (Daniel Pareus, David Pareus, Johann Philipp Pareus) ;
Fortsetzung der Arbeiten an Bd. IV (Jacob Wimpfeling, Friedrich Sylburg, Wilhelm Xylander)
Fertigstellung von Bd. IV ; Fortsetzung der Arbeiten an Bd. V (Dionysius Gothofredus, Johann Kahl, Giulio Pacio, Aemilius Portus, Lambertus Pithopoeus, Simon Stenius, Hieronymus Commelinus)
Fertigstellung von Bd. V
Abteilung II : Vorderösterreich und Altbaden
Arbeiten an Bd. I (Henricus Glareanus, Jacob Locher)
Fertigstellung von Bd. I ; Fortsetzung der Arbeiten an Bd. II (Johann von Botzheim, Johann Hartung, Joseph Lang, Johann Lonicer, Johannes Pistorius der Jüngere und andere)
Fertigstellung von Bd. II ; Fortsetzung der Arbeiten an Bd. III (Jodocus Lorichius, Martin Waldseemüller, Ottmar Nachtgall, Ulrich Zasius und andere)
Fertigstellung von Bd. III
Abteilung III : Württemberg
Fertigstellung von Bd. I (Ausgewählte Tübinger Humanisten)
Heidelberger Akademie der Wissenschaften
FORSCHUNGSSTELLE "EUROPA HUMANISTICA"
Prof. Dr. Wilhelm Kühlmann (Leiter)
c/o Universität Heidelberg
Germanistisches Seminar
Hauptstraße 207-209
D-69117 Heidelberg
Telefon : 06221 543229
e-mail : wilhelm.kuehlmann@gs.uni-heidelberg.de
Aus der Werkstatt eines Texteditors : Marquard Frehers (1565-1614)
Conclusions et perspectives
Débats …
Les débats entre les participants ont tourné autour de la méthodologie, des objectifs et du corpus d’Europa Humanistica, compte tenu des expériences des différentes équipes.
Pour limiter l’enquête et répondre aux objectifs philologiques fondamentaux de l’entreprise visant à éclairer l’histoire de la transmission des texte antiques et médiévaux, les œuvres personnelles publiées par les humanistes de la Renaissance. seront mentionnées dans l’introduction biographique, mais ne seront pas prises en compte dans les monographies.
Dans le cas le plus général, on retient les oeuvres transmettant les oeuvres anciennes et médiévales jusqu’à 1500. On prendra, par exemple, un humaniste transmetteur d’un docteur de l’Eglise, aussi bien qu’un humaniste transmetteur d’un auteur de l’Antiquité classique.
Pour les auteurs à la limite de ce cas général, on retiendra dans le corpus les humanistes transmetteurs d’autres auteurs humanistes, si les plus anciens d’entre eux sont reconnus comme des transmetteurs de textes anciens ou médiévaux.
Le cadre géographique de nos enquêtes a également été abordé : c’est le cadre régional qui doit être privilégié au-delà des frontières politiques actuelles ou plus exactement l’aire culturelle dans laquelle un humaniste a effectivement travaillé. Cette approche va également dans le sens de la collaboration paneuropéenne promue par les autorités de Bruxelles.
Enfin, le public des monographies a été abordé. Il s’agit à la fois d’offrir un instrument de travail pour les spécialistes et de diffuser les résultats auprès d’un public plus large. Cela impose de limiter l’annotation dans les monographies à un niveau raisonnable, d’avoir le souci de la présentation matérielle des études et de leur lisibilité.
… et conclusions
En filigrane, tous les exposés présentés mettaient l’accent sur les enjeux de l’humanisme.
Des enjeux politiques pour fonder les légitimités nationales ; des enjeux religieux et des enjeux épistémologiques pour fonder de nouveaux savoirs.
Tout cela prouve, s’il en était besoin, le bien fondé de nos travaux. Pour nos projets futurs, j’aimerais retenir ces deux idées :
1- C’est en comprenant les modalités de la transmission des textes et des idées que nous reocnstituerons, selon la belle image de Caterina Tristano, les tesselles de la mosaïque. Continuons donc à tailler, pièce après pièce ces tesselles.
2- Nos travaux supposent des échanges : les différentes équipes, ont besoin de se rencontrer et aussi de faire connaître à l’extérieur les travaux menés dans le cadre de notre réseau. Nos réunions devront devenir régulières , un intervalle de deux ans ne semblant pas excessif.
L’effort de communication passe aussi par le site web d’Europa Humanistica qui doit devenir un lien entre les équipes. Chaque équipe peut y avoir accès et publier ses propres données.
Enfin, un réseau a besoin de moyens pour vivre. Le programme TRANSERE proposé en février 2008 dans le cadre du 7e PCRDT sera revu, corrigé et représenté dans les mois qui viennent. toujours dans le cadre du programme Infrastructures. D’autres financements sont à l’étude, notamment auprès de l’ESF. L’équipe espagnole porte l’une de ces demandes en cours. Parallèlement, il faut aussi favoriser les financements bilatéraux permettant la mise en place d’échanges et de missions.
La prochaine réunion du réseau aura lieu fin 2009 ou début 2010.
De HISLAMPA à PORTHUM : repères et prévisions
Pour les auteurs, quelques-uns avaient échappé par excès à notre filtrage (par confusion de noms, de dates ou de caractérisation). Tout de suite on s’est aperçu que, par exemple, PETRUS DE ALLIACO n’avait rien à voir avec nos auteurs ; la confusion était due à la caractérisation de l’auteur comme « Pampilionensis » et aussi à cause des éditions faites à Salamanque au début du XVIe siècle.
Inversement, il existait des noms qui avaient été exclus à tort : ainsi, PETRUS JUAN PERPINIÀ n’avait pas été retenu en raison d’une interprétation malheureuse sur son origine : c’est plus tard que nous-mêmes avons pu confirmer qu’en fait il était né à Valence (et non à Perpignan), qu’il avait travaillé à Lisbonne et à Coimbra avant de partir pour l’Italie et de mourir, à l’âge de 36 ans, en France : il s’est révélé un humaniste d’un temps nouveau, un jésuite de la deuxième génération, personnellement très doué et très sensible à la culture collective de son groupe e de son temps.
Pour la fiabilité des fichiers individuels, nous pouvons confirmer que nous avons retenu l’information disponible, mais, heureusement, par après la recherche a beaucoup progressé dans notre monde universitaire. Nos fichiers présentent encore une validité opératoire, mais il faut aller plus loin. Il y a même des cas d’excellence, bien que quelques ajouts complémentaires soient utiles. Il suffira d’indiquer un ou deux cas, où la recherche bibliographique nous a été facilitée par des recherches spécialisées :
ACHILLES ESTAÇO (STATIUS)
n. 1524 m. 1581
NAN 1. 3-4 ; BM 1. 4-10 ; RHCEE 4. 96, 267, 300-302 ; 7. 102 ; EV 7. 1348-1349 ; 19. 1200 ; BHP 2111-2126 ; FLF 442, 452, 453
1957, A. MOREIRA DE SÁ, "Manuscritos e obras impressas de Aquiles Estaço", Arquivo de Bibliografia Portuguesa, 3, n. 12, 167-178 ;
1991, BELMIRO FERNANDES PEREIRA, As orações de obediência de Aquiles Estaço, Coimbra.
DIDACUS PIRES
n. 1517 m. 1607 u. 1537
NAN 1. 394 ; BM 2. 79-80 ; 4. 103 ; EV 15. 183-184 ; BHP 2944-2959 ; FLF 429, 430, 464, 371, 384, 391
1980, J. P. SANTOS CARVALHO, "De Évora a Ragusa : a peregrinação sem regresso de Didacus Pyrrhus Lusitanus", O Instituto, 140-141, 79-100.
1984, CARLOS ASCENSO ANDRÉ, Um poeta no exílio - Portugal na obra de Diogo Pires (diss. ), Coimbra.
1990, CARLOS ASCENSO ANDRÉ, Mal de ausência - o canto do exílio na lírica do humanismo português (diss. doct.), Coimbra.
1992, G. H. TUCKER, "Didacus Pyrrhus Lusitanus (1517-1599), poet of exile", Humanistica Lovaniensia, 41, 221-443
Inversement, il y a eu des moments où notre bonne foi a été trahie par des sources trompeuses. C’est le cas de Stephanus Cavaleiro (Stephanus Eques / Miles, d’après les sources de base). Avertis par un ami (Manuel Saraiva Barreto, aujourd’hui malheureusement décédé, mais qui était très attentif à son objet d’étude que mes responsabilités scientifiques m’amenaient à suivre de près), j’ai dû corriger définitivement et impitoyablement son fichier :
STEPHANUS CAVALEIRO
u. 1493
NAN 2. 289 ; BM 1. 753-754 ; RHCEE 4. 69 ; ANS 557 ; EV 19. 723-724 ; BHP 1976-1978 ; FLF 198
Artis grammatice precepta
Salmanticae 1493 = Sevilla, Bib. Colomb. (Vindel, El arte tipográfico en España durante el siglo XV – Salamanca, Zamora, Coria y Reino de Galicia, Madrid, 1946, pp. 53-54 ; falso describitur, deponit Manuel Sariava Barreto, “Os Artis grammaticae praecepta de Estêvão Cavaleiro”, Humanitas, 33-34, 1982, 31-47)
Artis grammatice precepta : [ I ] Praecepta ad prima grammatices rudimenta perutili prosodiae tractatulo bonis ex auctoribus ; [ II ] Prosodie tractatus grammatice (…) optimis ex auctoribus excerptum feliciter inicipit : Prosodie grammatices secunda pars est que latine dici potest
Hispali 1503 Ioannes Pegnicer de Nuremberga (ed. Lazaro de Gazanis) = Évora BP Inc 25-26 (sec. XVI 6315) ; Sevilla B Colomb 12. 600 (a1 ; quaternion, sc., primum tantum)
Epigramma authoris ad barbariem necnon ad Virginis dei matris artem
(Noua Grammatices Marie Matris dei Virginis ars – sub fine)
Noua Grammatices Marie Matris Dei Virginis Ars cuius author est magister Stephanus eques lusitanus. Haec grammatices ars quinque libros continet, Primus liber est de dictionum declinabilium praeceptis (…). Secundus est de octo dictionum earumque omnium accidentium aetymologia. Tertius vero est de earum quoque octo dictionum syntaxi. Quartus es de prosodia et de omnium syllabrum quantitate. Quintus est de syntaxeos figurarumque omnium copiosis praeceptis.
Olissipone 1516 Valentinus Fernandus (& Herman de Campis – infertur ex capitularibus litteris] = Coimbra BU R-31-5
Grammatica in quinque libris summa diligentia correctis
Olissipone 1517 Petrus de Bonis-Hominibus (de existentia huius editionis dubitatur, quamuis a NA laudata)
À mesure que des recherches menées par nos étudiants avançaient ou nous-mêmes arrivions à des résultats certifiés, il nous a été possible de récupérer et valider des informations antérieures. Soit un auteur de la première génération des jésuites :
MICHAEL VENEGAS
n. 1531 m. 1567 u. 1559
EV 18. 861-862 ; BHP 3210-3215
1972, NIGEL GRIFFIN, “Some Jesuit theatre manuscripts”, Humanitas, 23-24, 1971-72, 427-434 ;
1973, NIGEL GRIFFIN, “Miguel Venegas and the sixteenth-century Jesuit School Drama”, The Modern Language Review, 68, 1973, 796-806.
1995, J. F. ALCINA, Repertorio de la poesía latina del Renacimiento en España, Salamanca.
2002, Margarida Miranda, Miguel Venegas e o nascimento da Tragédia Jesuítica, Universidade de Coimbra.
ms Lisboa BN Cod. 3308, p. 413-423
Absalom (1562)
ms Lisboa BN Cod. 3092, f. 91-122 ; Évora BP Cod. CXIV/1-40, f. 202-241 ; New York Hispanic Society of America ms 411/53, f. 101-137
Achabus (1560)
ms Lisboa BN Cod. 3092, f. 3-53 ; Cod. 3308, p. 491-567 ; Chantilly, Arch. des Jés. Fonds Vanège, ms. 6500, f. 162-213 ; Coimbra BU Cod. 1235, f. 160-217 ; Colonia, Histor. Arch. der Stadt, Hs. Univ. 1058, f. Bv ff. ; Évora BP Cod. CXIV/1-40, f. 17-80 ; Messina, BU, Fondo Vecchio, ms 113, p. 193-261 ; New York Hispanic Society of America Ms HC 411/53, f. A-58r ; Roma BN, F.G. ms 142, f. 8-28
Aenigmata
ms Lisboa BN Cod. 3308, p. 958 ; 959 ; 961
Carmen de nuptiis Isabellae et Philippi Baeticae Regum (an. 1560)
ms Lisboa BN Cod. 3308, p. 381 ; Evora BP CXIV / 1-40, fl. 181v
Dialogus in diem praemiorum
ms Lisboa BN Cod. 3308, pp. 559-567 ; Évora, BP, CXIV / 1-40, fls. 134-151
Gratulatio in aduentu Rev. Episc. Risamensis de Sancta Cruce a Pio quarto Pontifice Maximo legati
ms Évora BP Cod CXIV/1-40 ; Lisboa BN Cod. 3308, p. 457-466 ; New York Hispanic Society of America Ms HC 411/53, f. 137-147
Elegia de regina peregrinatione
ms Évora, BP Cod. CXIV/1-40, f. 179v
Epigrammata alia (a. 1560)
ms Évora, BP Cod. CXIV/1-40, f. 181ss.
Epigrammata aliquot (a. 1574)
Ms Madrid,ms E-65 (= D-206), fls.122-151 ; 193v-194
Epigrammata uaria (a. 1559)
ms Évora, BP Cod. CXIV/1-40, f. 176 ; Lisboa BN Cod. 3308, p. 430-436
Saul Gelboaeus (1559)
ms Lisboa BN Cod. 3092 p. 53-91 ; Cod. 3308, pp. 283-362 ; Chantilly Arch. des Jés. fonds Vanège, ms 6500, 120-160 ; Dillingen, Studienbibliothek Hs 219, f. 101-186 ; Évora BP Cod. CXIV/1-40, f. 81-132 ; Cod. CXVIII/1-221, f. 122-159 ; Munich BU Hs. 521 f. 32-75 ; New York Hispanic Society of America Ms. HC 411/53 f. 58-101 ; Roma BN F.G. Ms. 24, f. 58r-101r ; F.G. Ms. 142, f. 30-43r.
Oratio de laudibus Ioannis Tertii, II Oct. 1559
ms Lisboa BN Cod. 3308 p. 363-379
Oratio de D. Elizabethae laudibus
ms Lisboa BN Cod. 3308, p. 401—412
Oratio Grammaticae (anapestis) ad Prosperum cardinalem a. d. 1561
ms Évora, BP Cod. CXIV/1-40, f. 168v
Oratio Rhetoricae (hexametris) ad Prosperum cardinalem a. d. 1561
ms Évora, BP Cod. CXIV/1-40, f. 169
Oratio Dialecticae (saphicis) ad Prosperum cardinalem a. d. 1561
ms Évora, BP Cod. CXIV/1-40, f. 170
Oratio Philosophiae (asclepiadaeis) ad Prosperum cardinalem a. d. 1561
ms Évora, BP Cod. CXIV/1-40, f. 171
Pro adserenda Hispaniorum eruditione (in laudem Alfonsi García Matamoros)
Alcalá, 1553).
1943, ap. A. Garcia Matamoros, ed. J. López de Toro, Apologia. « Pro adsererenda… », Madrid, pp. 63-64)
Alcina, 1995 : n. 454. 2, p. 206.
C’est donc en toute confiance que nous avons répondu à l’invitation de participer à une action élargie orientée vers la remise des auteurs et des textes de l’humanisme européen. Nous sommes très obligés envers Jean-François Maillard et à son équipe d’avoir lancer cette initiative, à laquelle nous voulons apporter une contribution des auteurs portugais qui font partie de HISLAMPA tout en révisant les fichiers et en élargissant notre horizon de recherche. Le résultat sera PORTHUM, c’est-à-dire, le PORTUGAL DES HUMANISTES : HISLAMPA sera toujours le point de départ pour la navigation dans l’océan bibliographique et point de passage pour la récolte de nouvelles informations ou l’élimination des données périmées. Nous espérons franchement apporter des informations qui puissent appuyer des connaissances plus approfondies pour soutenir nos points de vue sur l’humanisme portugais et européen, notamment dans le cadre de l’humanisme hispanique.
Pour nous TRANSERE est un défi salutaire et aussi une chance. Acceptant d’y collaborer, nous essayerons de partager des informations. Si nous trouvons des financements pour des boursiers, nous préparerons des protocoles pour la saisie directe des données d’après les exemplaires conservés dans les bibliothèques. Pour augmenter l’ampleur de la saisie et la précision des données bibliographiques, nous lancerons des appels concrets à la collaboration de nos prestigieux partenaires étrangers ; les équipes représentées dans TRANSERE seront pour nous des collaborateurs obligatoires si leurs membres acceptent répondre à nos contacts.
Notre projet prétend revoir les fichiers des auteurs d’origine portugaise, laissant pour nos collègues espagnols (en tout premier lieu, nos compagnons de route en HISLAMPA) la partie qui leur revient plus directement.
Je ne voudrais pas exagérer l’importance de nos dossiers pour l’ensemble de l’humanisme européen. Cependant, je ne manquerai pas d’attirer l’attention pour ce qui est en cause : l’intérêt de la culture commune qui nous concerne tous à travers la longue durée des siècles et dont aucune part ne doit être négligée.
La contribution portugaise à l’humanisme littéraire a certes une importance moins grande et moins noble que celle d’autres pays. Mais peut-être faudra-t-il prêter attention au fait que le héros de l’Utopie de Thomas More est un Portugais – Raphael Hytlodée. Si nous allons de l’utopie au réel, il ne faut pas mépriser le fait que l’Europe et le monde, pendant des siècles, ont étudié la langue latine au moyen de la grammaire d’un jésuite portugais, EMMANUEL ÁLVARES : les De institutione grammatica libri tres ont connu plus de 530 éditions, imprimées dès Lisbonne à Pékin et au Japon (tout en passant par Eborae, Antuerpiae, Vilnae, Londini, Lugduni, Coloniae, Dilingae, Posnaniae, etc.). Qui lit Erasme, aimera surement avoir une information exacte et complète de cet auteur plus ou moins inconnu à qui il fait des éloges et qui s’appelle HERMICUS / HENRICUS CAYADO. En outre, nous avons l’honneur de partager avec des autres un intérêt quelques fois particulier pour un auteur tel que DIDACUS PIRES (qui écrivait aussi sous le nom de FLAVIUS IACOBUS) qui, laissant sa ville natale, Évora, et son pays, a passé une partie de sa vie en Croatie et y a laissé ses manuscrits.
Nous sommes également conscients que souvent nos auteurs, qui ont passé beaucoup de leur vie dans un pays étranger, sont devenus des témoins qualifiés des pays qu’ils ont visités. D’autres auteurs reflètent l’image d’un monde en plein changement. C’est une surprise l’apparition toute récente de l’édition du De platano de João Rodrigues de Sá de Meneses, un humaniste portugais dont la vie couvre la fin du XVème et une partie très large du XVIème : ma collègue de travail et ancienne disciple Ana-María Sánchez Tarrío, qui a fait sa thèse de doctorat justement sur cet auteur (défendue sous notre orientation, à l’Université de Saint-Jacques de Compostela, 2000), a travaillé ce même texte et, depuis un an, elle en attend la publication d’une édition critique chez la Fondation C. Gulbenkian (on pourra y trouver des nouveautés, même au plan de l’heuristique des témoins, par rapport à l’édition allemande qui l’a devancé : João Rodrigues de Sá de Meneses, Die Platane – Liber de platano (1557), ed. Roger Friedelein & Angelika Lozar, Müchen, Wilhelm Fink, 2008). Cette convergence d’intérêts prouve qui nos auteurs sont représentatifs d’un moment de culture européenne. C’est un patrimoine de culture commune que nous défendons.
L’intégration dans le projet TRANSERE nous permettra, croyons-le bien, de donner une dimension plus large et plus qualifiée à notre travail. Nous avions pensé que nos fichiers, dans leur état actuel, seraient utiles à partager, même sous des conditions. L’occasion offerte par TRANSERE nous permettra d’aller plus loin, suivant un schéma de contenus travaillés d’une façon normalisée, d’après des règles d’accès et de partage uniformes, permettant des combinaisons de fichiers bien identifiés et ouverts, orientés pour des résultats d’ensemble et selon des applications que bénéficieront à tous ceux qui se retrouvent dans la culture incarnée par nos auteurs. De cette façon, notre culture aura un horizon plus large et mieux intégré.
Aires A. Nascimento
Lisbonne, Fac. Lettres, Centre d’Études Classiques
Europa Humanistica aux Pays-Bas
At this moment, we have a good idea about the editions that were crucial for the after-life of classical and patristic texts in the former Low Countries (modern Belgium, Luxemburg and the Netherlands, plus some neighbouring regions in German Westphalia and the Rhineland). An important part of the work that still needs to be done, concerns the annotations. Leaving aside Erasmus for the moment, seven humanist-philologists can be reckoned among those who bore the burden during the early phase of Renaissance text editing :
(from the Latin School at Haarlem) Dirk Volkertszoon Coornhert, one of the first translators into the vernacular ; Hadrianus Junius, a succesful physician in the England of Henry VIII, before a rich dowry allowed him to concentrate on his activities as an editor in Holland ;
(from Antwerp) Theodorus Pulmannus, a poor draper who nevertheless succeeded to publish no less than forty-four successive editions from twenty-five different Latin authors ; Cornelis Van Ghistele, member of the local chamber of rhetorics, like Coornhert one of the first translators of Latin texts into the vernacular.
This first volume on the printing centres of Deventer, Haarlem and Antwerp does not include the numerous activities at the Collegium Trilingue of Louvain, founded in 1517 by Erasmus. Articles on Alardus from Amsterdam, Jacobus Cruquius, Martinus Dorpius, Petrus Nannius and Juan Luis Vives for example are to be expected from our colleagues at the Universities of Louvain and Louvain-la-Neuve in Belgium. A testimony we get from our prefaces is, that apart from their accomplishments in philology, many amongst these men had their difficulties to convince opponents, acting on behalf of the church as well as the local schools and the universities.
Évolution et progrès d’ « Europa Humanistica »
Pour commencer par dresser la cartographie d’« Europa Humanistica » à ce jour, constatons objectivement que, grâce aux efforts de beaucoup de ses actuels participants et aux nouveaux venus, celle-ci s’est lentement, mais sûrement, étendue. En passe de devenir vraiment européenne, elle voit enfin se rééquilibrer le nord et le sud, l’ouest et l’est de l’Europe, dont l’humanisme reste trop peu connu dans nos contrées en dépit de son ouverture et de son unité par delà la mosaïque des nationalités. La carte européenne n’est certes pas encore intégralement couverte : non seulement la dimension et la richesse en érudits de grands pays humanistes tels que l’Italie ou l’Allemagne pourront être explorés seulement région par région dans la longue durée, mais d’autres pays importants comme la Suisse, l’Angleterre ou la Pologne manquent toujours à l’appel, sans oublier la Grèce dont nous sommes souvent tentés d’intégrer les humanistes émigrés dans leur pays d’accueil. Des contacts ont du moins été pris pour pallier peu à peu ces carences, notamment avec James Hirstein, de Strasbourg, désireux de créer une équipe rhénane franco-germano-suisse qu’avait en son temps déjà appelée de ses vœux le Pr. Wilhelm Kühlmann, ou encore à Londres et à Cambridge avec des spécialistes de l’humanisme anglais. Le Pr. Robert Seidel, de Francfort, souhaite également renouer une coopération naguère fructueuse si son nouveau projet sur les disputationes et dissertationes rhétoriques et poétiques publiées dans les universités allemandes à l’extrême fin de la Renaissance est accepté par la DFG : non sans interférences avec notre programme, ce type de documents reflète bien les activités philologiques des savants à l’époque moderne, la réception des auteurs classiques, leur intégration dans les théories contemporaines ou encore tous les problèmes d’imitatio et d’aemulatio.
Un autre sujet de satisfaction, non le moindre, tient à la présence dans notre groupe d’un nombre significatif d’antiquisants, hellénistes et latinistes, aussi scientifiquement pertinente pour notre période que bénéfique au rayonnement de l’entreprise. N’a-t-elle pas en effet pour vocation d’ignorer toute forme de cloisonnement et d’exclusion entre disciplines, encore si dommageable dans maints pays, par exemple en Allemagne ou en France, dans le domaine du néo-latin, pour ne rien dire du néo-grec !
Le bilan concret n’est pas moins positif en termes quantitatifs et qualitatifs. Il faut certes tenir compte des lenteurs inhérentes à des travaux de première main et des difficultés à simplement trouver des documents dont on a parfois pu s’étonner qu’ils fussent aussi rares sous la forme imprimée que sous celle du manuscrit. Néanmoins, sur une période relativement courte, en ordre chronologique, deux volumes français ont paru, suivis de deux volumes allemands et, tout récemment, du premier volume de la série hongroise, en attendant ceux quasiment achevés que l’on évoquera ci-après et au cours de nos débats. Constatons, cette fois-ci sur le plan qualitatif, comme un témoignage de la vitalité de l’entreprise, le caractère évolutif de la méthode suivie, selon une perspective rigoureuse et bien définie, mais non rigide, que propose le « guide » franco-allemand rédigé en coopération avec le Pr. Seidel en 2003 afin de faciliter non seulement les premiers pas des nouveaux venus, mais aussi de susciter critiques, approfondissements et amendements. Il était inévitable, voire souhaitable, que chemin faisant et face à des types de production humaniste différents, chaque équipe eût à adapter la méthode et la présentation à ses besoins comme à ses usages nationaux et ressentît même la nécessité d’améliorer ses nouvelles monographies dans le sens de la précision et de la lisibilité. C’est ainsi que le premier volume sur les hellénistes français avait choisi, non sans inconvénients à cet égard, un classement chronologique intégral des productions imprimées humanistes ; le deuxième volume français sur Henri II Estienne y introduisait un système de renvois, les deux volumes allemands optant pour un regroupement systématique par auteurs anciens transmis. Compte tenu des judicieux conseils allemands et pour donner une image beaucoup plus nette de la carrière intellectuelle de l’humaniste, mais dans l’ordre d’apparition des auteurs anciens qu’il a transmis, le troisième volume en voie d’achèvement regroupe sous la première édition l’ensemble des suivantes, remaniées ou non, que rappelle un simple renvoi à l’année concernée. D’autres variations dans les méthodes méritent encore d’être notées dans les travaux des équipes françaises. Le volume sur Henri II Estienne a, par exemple, intégré des œuvres qui pourraient sembler dépasser le cadre strict de la transmission des textes anciens et être considérées comme des œuvres personnelles. On les a cependant intégrées pour ne pas les dissocier de leurs sources antiques dont elles dépendent étroitement. Quant au volume d’hellénistes français quasi achevé, il indique plus systématiquement la filiation des éditions et annote toutes les citations explicites d’auteurs anciens trouvées dans les pièces liminaires, en évitant toutefois d’en donner une édition critique de type littéraire, hors de notre propos.
Ces quelques exemples qui intéressent la présentation ainsi que le contenu de nos travaux montrent que le souci d’harmonisation tout au rebours d’une morne uniformité se garde du conservatisme, pourvu que restent présents à l’esprit les grands principes qui donnent à l’entreprise sa cohérence et sa raison d’être. L’expérience a brillamment démontré que la concertation en constituait l’instrument essentiel, susceptible en outre d’économiser un temps précieux, s’agissant d’une entreprise particulièrement exigeante à cet égard.
Ce bilan très général qu’il reviendra maintenant à chacune des équipes d’étoffer serait incomplet si l’on n’évoquait l’audience croissante d’ « Europa Humanistica » grâce à son site électronique propre, créé par Marie-Elisabeth Boutroue sur la demande de nos amis de l’Institut Huygens à La Haye, afin de rendre publique une partie du travail avant sa parution sous la forme de volumes imprimés. Très fréquenté, ce site le sera sans doute plus encore lorsqu’il sera plus régulièrement nourri par chacun d’entre nous. Plus décisive, la mise en ligne en été 2007 de la grande base de données encyclopédique BUDE est destinée, lorsqu’elle sera elle aussi suffisamment nourrie, à assurer la communication des informations bio-bibliographiques entre les équipes, à éviter des recherches identiques d’une équipe à l’autre, enfin à faciliter la création des monographies avant leur mise en page. On peut ainsi voir un signe de l’audience croissante de nos travaux à travers la vue d’ensemble qu’en ont tout récemment donnée deux copieux articles de Robert Seidel et de Jean Céard dans les Wolfenbütteler Mitteilungen et les Studi Francesi de 2007. Enfin, des négociations, entreprises à l’initiative de nos amis de La Haye avec l’Union académique internationale, seront complétées à l’issue de la présente Conférence de Budapest.
Pour évoquer plus précisément les perspectives d’avenir de notre entreprise en France même, deux volumes doivent paraître en 2009.
Le deuxième volume d’hellénistes français a pour unité thématique, entre 1476 et 1543, les débuts de l’enseignement du grec et des premières imprimeries dans cette langue en France, prolongés d’une manière décisive par les premiers lecteurs royaux à partir de 1530. A ce thème central on a pu constater que correspondent un milieu et des réseaux cohérents : celui des milieux royaux avant même le règne de François Ier et la figure emblématique de Guillaume Budé, déjà au cœur du premier volume. Sur cinq monographies qui n’épuisent évidemment pas le sujet, deux sont consacrées à ses précurseurs immédiats, non français, en raison d’activités érudites exclusivement menées en France : le Grec Georges Hermonyme de Sparte dont Jean-Marie Flamand va nous restituer ici les contours, l’Italien Jérôme Aléandre, venu supplanter François Tissard, l’initiateur des premières impressions françaises en grec. Quant à Jacques Toussain et au non moins prolifique, mais peu connu Jean Chéradame, ils se meuvent dans la constellation budéenne. Entre autres fruits, ces recherches ont au moins permis deux constats : la nécessité d’attribuer une égale attention pour la filiation des textes aux imprimés et aux manuscrits qui en éclairent la genèse, par exemple à partir d’Hermonyme un certain nombre de productions de Budé et de Toussain dont beaucoup de transmissions ont ainsi pu être identifiées ; s’agissant de leur réseaux ou de leur diffusion ultérieure, la nature de la documentation, ignorant elle aussi toute frontière, a confirmé s’il en était besoin l’intérêt que nous avions à la construire de concert et à l’échanger.
Annoncé d’autre part au catalogue des éditions Brepols de Turnhout pour la fin de l’année 2008, un volume faisant suite à celui qui était consacré à Henri II Estienne rassemblera tout naturellement les productions de son père Robert Ier, imprimeur royal à partir de 1539 (« imprimeur es lettres Hebraiques et Latines ») et de son frère cadet Charles qui lui est souvent associé, tous deux étant responsables d’environ 400 éditions. Ces deux volumes solidaires rappellent l’intérêt parfois négligé de la production érudite des imprimeurs de la Renaissance, dans certains cas plus importante que leur activité purement matérielle pour le compte d’autres savants.
Un troisième volume d’hellénistes français sera consacré à Jacques Lefèvre d’Etaples, figure non moins considérable sur un autre mode que celle de Guillaume Budé, ainsi qu’à ses disciples et continuateurs indissociables Josse Clichtove et François Vatable. Mieux connu pour les aspects politico-religieux de son œuvre, l’importance de Lefèvre d’Étaples pour la diffusion de textes antiques non seulement d’Aristote, mais de bien d’autres, ou son intérêt pour la mystique médiévale restent quelque peu sous-estimés et ses contributions en tant que philologue helléniste encore mal évaluées. Déjà volumineux, un inventaire de leurs transmissions textuelles en a été partiellement constitué.
Quelques vœux très concrets ressortant de ce qui précède serviront à conclure provisoirement, en attendant les débats qui vont suivre et les conclusions que Marie-Elisabeth Boutroue pourra tirer des différentes contributions de cette journée.
La nécessité évoquée précédemment de se concerter plus étroitement que par le passé, constituerait, en dépit des apparences, un gain de temps, temps très compté pour tous. Il serait en particulier très souhaitable de continuer à se réunir sur un rythme assez régulier et de prévoir le financement de ces réunions pour échanger nos expériences, débattre notamment d’éventuelles questions de méthode, accueillir de nouveaux candidats. Relativement courtes au regard des colloques traditionnels, ces réunions, comme les précédentes, devraient se tenir à chaque fois dans un pays différent, afin de bien marquer qu’« Europa Humanistica », internationale et non pas nationale, est bien la chose de tous, la res publica, et d’aucun en particulier.
Dans l’intervalle, il semblerait fructueux de se communiquer sans hésiter en cours de travail, soit par courrier personnel, soit sous la forme d’un forum, les problèmes rencontrés, voire des résultats partiels. L’équipe française de l’IRHT a pu faire l’expérience avec les équipes allemande et hollandaise du profit que l’on pouvait tirer de critiques ou de remarques de fond et de détail.
Ces échanges passent par l’enrichissement patient et régulier des instruments de communication récemment mis en place : site « Europa Humanistica » et base de documentation BUDE.
Enfin, la pérennisation de notre entreprise suppose des moyens de financement et la circulation entre les équipes de l’information qui en conditionne l’obtention au niveau national ou européen. Dans le même ordre d’idées et en l’absence, hélas trop fréquente, de crédits suffisants pour la création d’équipes spécifiques et durables, il conviendrait de se tenir les uns les autres au courant des conditions, différentes selon les pays, d’échanges d’étudiants doctorants ou de post-doctorants que l’on pourrait associer aux travaux de la même façon que tel ou tel spécialiste responsable, comme c’est le cas dans l’équipe belge de Louvain, de la rédaction d’une monographie.
Le bilan de ces dernières années aura au moins donné la preuve prometteuse pour l’avenir que, moyennant ruse, patience et imagination, des travaux de longue durée pourtant tout à fait à contre-courant de l’époque peuvent lentement, mais sûrement mûrir.
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Pour avoir un aperçu méthodologique des publications Europa Humanistica, merci de télécharger les documents joints. EH échanges développe largement les méthodes de travail suivies, lesquelles sont schématisées et résumées à des fins pratiques dans EH grandes lignes.
Giano Pannonio nell’educazione umanistica : la fortuna del Panegirico di Guarino Veronese a Vienna
La morte di Giano Pannonio, nel 1472, fu seguita da quattro decenni di silenzio. Solo tre sparsi poemetti (L’Epitafio di Andreola, il Torneo di Galeotto, e la Feronia) erano pubblicati in vari incunaboli prima dell’anno 1500,[1] e i poemi, che poi sono stati definiti come tra i più eleganti della poesia latina rinascimentale da Beato Renano, da Erasmo o da Lilio Gregorio Giraldi, sono rimasti nel buio delle copie manoscritte.[2] Stefano Brodarić tentava invano nel 1505 di convincere Aldo Manuzio a pubblicare i testi,[3] e la situazione cambiava solo nel 1512 con l’apparizione a Vienna della prima edizione del Panegirico di Giano Su Guarino Veronese. I motivi della rinascenza di Giano nelle officine tipografiche di Vienna, Bologna o Basilea nel secondo decennio del Cinquecento sono stati finora spiegati piuttosto con la fierezza nazionale associata al rinnovarsi della poesia latina oltre le Alpi : il primo vero poeta latino oltramontano del Rinascimento doveva essere il simbolo della creazione di una cultura umanistica sia in Ungheria, sia - più tardi - in Germania. Quest’aspetto è innegabile se consideriamo che, delle nove edizioni delle opere di Giano Pannonio, uscite dalla stampa tra il 1512 e il 1523, otto sono state curate o organizzate da ungheresi e anche l’unico editore tedesco, Beato Renano nel suo prologo all’edizione di Basilea nel 1518, si appropriò Giano, quale "primo poeta tedesco". Tuttavia, nel presente contributo vorrei mettere in rilievo un altro motivo della rinascita tipografica di Giano : il ruolo svolto dall’istruzione universitaria.
È oggi ben noto che la letteratura umanistica giocava un ruolo importante nella formazione degli studia humanitatis. I testi latini del Petrarca (p.e. i Sette salmi penitenziali o i Carmina in laudem Mariae Magdalenae estratti dalle Senili 14, 17) sono stati stampati molte volte per motivi didattici. Il rinnovamento cristiano negli anni ’80 del Quattrocento ad opera di un Battista Spagnoli significava che nuovi testi dovevano esser inseriti nei programmi degli studia humanitatis : il linguaggio deve essere latino umanistico, ma il messaggio cristiano e morale. Non possiamo dimenticare che il Poliziano scrisse la sua Lamia per l’istruzione universitaria e le sue poesie latine vennero inserite nei curricula scolastici nel secolo XVI.[4] I poemi epico-agiografici o moralizzanti di Battista Spagnoli vennero stampati parecchie volte in Francia e in Germania come testi universitari e i poemetti cristiani di Marcantonio Sabellico, le storie boccaccesche e le declamazioni di Filippo Beroaldo il Vecchio, le poesie di Giovanni Pontano godettero di grande popolarità nei primi decenni del secolo presso le università del Nord. Pertanto, non ci dovrebbe sorprendere se anche le opere di Giano potessero diventare letture scolastiche, analizzate e commentate da professori : è quanto vorrei dimostrare nel caso della prima edizione del Panegirico su Guarino.
Il Panegirico su Guarino di Giano è un monumento principale nella storia dell’educazione umanistica in Italia e, con il De ordine docendi et studendi di Battista Guarino e l’elogio funebre di Lodovico Carbone, è un’importante fonte per il metodo didattico di Guarino Veronese.[5] Se la pubblicazione di quest’opera era giustificata dal punto di vista scolare, i paratesti dell’edizione ci rivelano che giocava un ruolo importante anche il motivo della fierezza nazionale e della conservazione dell’eredità culturale.[6] Paulus Crosnensis, professore di retorica e poetica all’università di Cracovia, dedica questa edizione a Gabriele Perényi, ciambellano reale d’Ungheria e patrono di Paulus durante il suo viaggio in Ungheria. Paulus Crosnensis afferma di aver trovato il manoscritto dell’opera solo per caso ("Venit diebus paulo ante transactis in manus meas opusculum") ; accorgendosi del valore del Panegirico, lo voleva salvare per i lettori colti, anche emendando gli errori del manoscritto. Qui possiamo scoprire anche un altro motivo della pubblicazione : la fiera dichiarazione rivolta alle genti lontane, che le Muse soavi sono già arrivate in Ungheria.[7] L’edizione è accompagnata dai versi di Adriano Wolfardo e Gioachimo Vadiano, che probabilmente cooperavano ai lavori della redazione.
Adesso sono conosciute ben quattro copie di questa pubblicazione, due conservate nella Biblioteca Nazionale di Budapest, e le altre due nella Biblioteca Nazionale di Praga. Finora solo il primo esemplare di Budapest (chiamiamolo A) è stato esaminato, e forse perciò nessuno attribuiva alcuna importanza al fatto che le pagine di questa edizione fossero piene di note minuscole, scritte con lettere piccolissime fino al verso del foglio settimo.[8] Ma c’è una strana coincidenza : anche le altre tre copie sono annotate in un modo simile : nella seconda copia di Budapest (che segnalerò con la sigla B)[9] i commenti terminano al sesto foglio, in una delle copie di Praga ©[10] tutto il poema è commentato, mentre nel secondo esemplare (D)[11] i commenti cominciano al foglio a4v e finiscono al foglio b3r. Stranamente, questi commenti manoscritti sono molto simili, quasi identici : ciò può indicare che qualcuno li preparava e li dettava in una classe. La relazione dei commenti tra loro può essere illuminata da alcuni versi, ai quali tutte e quattro le copie offrono una spiegazione. Qui Giano descrive la gioventù di Guarino e narra il modo in cui lui abbia scelto lo studio della poesia anziché la medicina "ignobile" o la logica :
Post ubi creuerunt sensus crescentibus annis
Non medicina tibi, scitu pulcerrima quamquam
Actu foeda tamen, logicae aut placuere proteruae… (f. a4v, ll. 52-54)
A : ”Unde Hypocrates in libro de flatibus ait medicinam artem esse sordidam cum medicus res fedas sordidas et graueolentes tractare cogitur”
B : ”describit guarini studium et in eo diligentiam in sua adolescentia que ad quartum decimum usque annum post 7m lege censorinum”
C : ”Unde hyppartes
D : ”describit Guarini studium infantiamque et in eo diligentiam in sua adolescentia que ad 14m usque annum post 7m ducat lege Censorinum de nati.”
Ovviamente, A e C da una parte, dall’altra B e D hanno una stretta relazione tra di loro, i commenti sono quasi identici. Un altro esempio, in cui Giano parla di Manuele Crisolora, il maestro di Guarino, dimostra la stessa relazione :
Vir fuit hic patrio Chrysoloras nomine dictus
Candida Mercurio quem Calliopaea crearat (A6r, ll. 145-146)
A : ”eloquentissimus et sapientissimus erat”, "non modo grecarum literarum erat peritus sed omnium eciam scienciarum plenus”, "Est enim mare ad Bisancium vrbem que nunc Constantinopolis dicitur angustissimum que a Constantino Imperatore in maius aucta Gloriosissimi Romani Imperii et totius [Orie]ntis caput erat”
B : ”Chrysoloras interpretatus auro cinctus crisos enim aurum scilicet loron cingulum. ops grece oculum uel faciem scilicet callos pulchritudinem in calliopea id est pulcra” ( !)
C : ”Est enim mare ad Bisancium vrbem que nunc Constantinopolis dicitur angustissimum que a Constantino Imperatore in maius aucta Gloriosissimi Romani Imperii et totius orbis caput erat”
D : ”Chrysolora interpretatur auro cinctus chrysos enim aurum significat loran cinctum”
Tutte le parole dei versi sono commentate in note poste tra una riga e quella successiva. C’è anche un terzo tipo di commento nel testo, che potremmo chiamare ’strutturale’ o ’riassumente’ : in questo caso le parole sono scritte con lettere più grandi e si riferiscono a una figura retorica speciale, o segnalano l’inizio di un’unità strutturale nuova :
Iure Guarine tibi nos carmina nostra dicamus : ”Applicacio” (l. 5 – nelle prime 4 righe Giano menziona l’antico rito secondo il quale si offrivano le primizie come sacrificio a vari dei – e questo costume è applicato alla situazione di Guarino e del giovane Giano Pannonio),
ma troviamo anche riassunti come ”Laus guarini a virtute” (lode di Guarino alla virtù) o ”Comparat Baptistam guarini filium Cigno” (Battista, il figlio di Guarino, paragonato a un cigno).
Questi tre tipi di commento (l’interlineare con sinonimi, la spiegazione con materie della cultura umanistica, e lo strutturale) sono caratteristici di una specie delle stampe di quest’epoca, che Jürgen Leonhardt come humanistische Vorlesungsmitschriften, testi universitari accompagnanti i corso di studi.[12] Che cosa sono esattamente le caratteristiche delle Vorlesungsmitschriften ? Leonhardt ha studiato le stampe della tipografia di Lipsia e di Erfurt dei primi due decenni del Cinquecento e ha trovato molte copie di testi classici (p.e. il De legibus di Cicerone) e umanistici ricchi di note e commenti. Questi libri furono pubblicati per un corso universitario e commentati dal professore di retorica o di poesia all’università nel periodo tra il 1490 circa e il 1520. I luoghi di stampa delle Vorlesungsmitschriften, come Leonhardt ha stabilito, sono Lipsia, Colonia, Strasburgo, Erfurt, Francoforte sull’Oder, Wittenberg, Cracovia, Vienna, Deventer, Zwolle e, meno spesso, Parigi ; questo tipo di pubblicazioni, invece, non sembra essersi diffuso in Italia. Secondo le stime, possono essere almeno mille le stampe in circa 4000 esemplari, che contengono le testimonianze dell’educazione dell’epoca di pre-Riforma. Finora purtroppo solo le lezioni degli intellettuali più importanti sono state studiate in dettaglio, come quelle di Lutero o Melantone, e un immenso materiale resta da decifrare.
Il nostro caso è particolare perché abbiamo lo stesso testo nella stessa edizione con due commenti diversi, inoltre di entrambi i testi ci sono pervenute due copie. Emerge la questione : chi erano i professori che commentavano Giano all’università di Vienna ? Possiamo rispondere a questa domanda con sicurezza almeno in uno dei casi, quando il commentatore parla in prima persona plurale :
Aequarit Cypro nec quod Cato vexit opima : ”Catho Uticensis ex Cypro insula quam ipse subegerat ingentes in urbem Romam diuicias reportavit Lege quos citavimus li 4to ca. 2o Flori” ;[13] cioè ”Catone Uticense riportava da Cipro occupato immensi tesori alla Città. Leggi ciò che abbiamo citato nel quarto libro, capitolo secondo di Floro.”
Per fortuna, l’opera storica del romano Floro non era talmente popolare che le annotazioni su Floro, preparate un anno prima da Giovanni Camers a Vienna, potessero sfuggire alla nostra attenzione. In verità, in questo piccolo volume di commenti floriani ritroviamo, al luogo citato del testo, le tradizioni parallele di questo evento storico.[14] Giovanni da Camerino (1448-1546), o con il nome umanistico Joannes Camers, era un francescano osservante di Camerino che fu chiamato a Vienna all’università, da Padova, già nel 1497 ”ad lecturam theologiae”, probabilmente dall’Imperatore Massimiliano I in persona.[15] Il suo nome (originariamente Joannes Lucas Ricutius Vellinus) è diventato ben noto nei circoli umanistici viennesi, e quando Giovanni Eck, il famoso oppositore di Lutero, descrive le posizioni dell’umanesimo a Vienna nel 1515, lo menziona come colui che per primo ha importato le dottrine di Duns Scoto nella città imperiale.[16] Tradizionalmente l’università di Vienna, negli ultimi decenni del quindicesimo secolo, era considerata come un centro dell’occamismo, della scuola nominalista.[17] Quando Conrad Celtis arrivò in questa città, nel 1497 (nello stesso anno in cui vi giunse Camers), forse cercava alleati per combattere quel bastione di teologia speculativa, e ne poteva trovare uno nella persona di Camers, che essendo scotista e realista, aveva un nemico comune con Celtis, - la secta stoica come essi chiamavano i filosofi scolastici. La lunga guerra di Celtis e Cuspiniano contro il Dottrinale medievale di Alessandro di Villadei finiva in un’alleanza e amicizia, e il teologo minorita da Camerino pubblicava edizioni dei testi classici anziché tesi teologiche.[18] La sua edizione di Floro del 1512 merita grande attenzione anche se la critica moderna gli rimprovera il suo ipercorrettismo.[19] Mi sembra inoltre importante che, nel 1510, solo due anni prima dell’edizione del Panegirico su Guarino, il Camers pubblica i panegirici di Claudiano presso la tipografia viennese, e alcune annotazioni della sua edizione sono molto simili alle note marginali manoscritte che riassumono il contenuto dei versi o richiamano l’attenzione su una figura retorica o elemento strutturale.[20] L’interesse vivo per il genere del panegirico è palpabile anche nel Panegirico all’Imperatore Massimiliano di Adriano Wolfardo (1512)[21], e non è da escludere che esista una relazione fra i panegirici di Claudiano e quello di Valentino Eck scritto in onore di Augustino Moravo nel 1511.
Si rivelano alcune differenze caratteristiche tra i metodi dei due commentatori. La tecnica utilizzata più spesso è la citazione di tutte le tradizioni parallele dell’evento storico o del motivo descritto da Giano note al commentatore. Per esempio, quando Giano descrive i viaggi del suo maestro e lo paragona a Platone, Pitagora e Apollonio di Tiana, il Camers prima annota che questi tre esempi derivano dal prologo di San Girolamo alla Bibbia, e poi cita tre luoghi, dove la storia di Apollonio è descritta.
Multi hanc extremum uestigauere per orbem. / Sic Plato Memphitas, Samius sic quaesit exul / Assyrios, sic quos vocitant Brachmanas adiuit / Multiuagus Thyaneus Indi mirator Iarchae : 1. ”Pro hac historia lege Soli : ca. 21o Lacicum [Tacitum ?] li. 8vo Iustinum 18mo” 2. ”In his tribus exemplis Platonis Pithagore et Thianei Apollonij imitatur autor diuum Hier. in prologo Biblie pro historia Thiane et Iarhe lege Philostratum li. 3o de vita Appollonij”[22]
Gli autori più citati sono i compilatori e gli enciclopedisti antichi : Aulo Gellio, Plinio il Vecchio, Solino, Giustino, Valerio Massimo ; anche negli anni seguenti Camers si occupava di loro : preparava un’edizione della traduzione latina del De situ orbis di Dionisio il Periegeta con un commento (Vienna, Vietor-Singrenius, 1512), compilava un immenso indice alla Storia naturale di Plinio (Plynianus index, Vienna, Vietor, 1514 ; poi riedito insieme al testo di Plinio a Hagenau nel 1518) e un’edizione della silloge storica di Solino (Vienna, Singrenius, 1520). Queste preoccupazioni lo caratterizzano come un appassionato collezionante e compilatore dei luoghi comuni, metodo pedagogico che era consigliato tra gli altri da Erasmo, ma anche da Guarino come metodo utilissimo.[23]
Invece, l’interesse storico è meno palpabile nell’altro commento, che cita anche i filologi e le autorità moderni, come Filippo Beroaldo il Vecchio o Raffaele da Volterra. Per esempio nel commento allo stesso passo possiamo leggere :
Sic Plato Memphitas : ”Est enim Memphis urbs egipcij de quo Valerius libro octavo capite 1mo de studiis et industria”
Multivagus Thyaneus : ”Apolonius qui princeps erat philosophorum eo tempore quo apolonius thyaneus discendi uisendique studio ad illos se contulerat : de quo copiose philostratus et philippus beroaldus in appendice svetoniana capite primo”[24]
È molto probabile che anche il secondo commentatore fosse un professore di retorica o poesia dell’università di Vienna : ciò lo si può dedurre dal luogo in cui Giano descrive la folla degli studenti che si riversavano presso la scuola di Guarino :
Germani argutam pro te liquere Viennam : ”loquacem, propter logicam”, cioè ”anche i tedeschi hanno lasciato l’arguta Vienna per te : la Vienna loquace, a causa della logica”. (C, c1v)
Mentre l’attributo ”arguto” non ha nessuna connotazione negativa in latino, il commentatore dice : ”loquacem, propter logicam”, cioè Vienna è lasciata dagli studenti, perchè l’istruzione teologica segue una forte tendenza logica, e probabilmente qui dobbiamo pensare alla corrente nominalista. Mi sembra che solo uno, che conoscesse bene le controversie teologiche del primo decennio del ’500 a Vienna, potesse interpretare i versi di Giano come una frecciata ironica contro gli occamisti.[25]
Il commentatore anonimo adopera molto di più le citazioni poetiche (Orazio, Virgilio, Ovidio) e ha una sensibilità poetica superiore a quella di Camers. L’imitazione poetica è considerata da lui non come un semplice processo di trascrizione, ma in un modo che gli permette di riconoscere le imitazioni nascoste sotto sinonimi : tutte le parole del testo originale sono sostituite da sinonimi.
Axe sub arctoo positi uenere Poloni : ”Iuxta illud vergilij : et penitus tot diuisus ab orbe britannos” (C, c1v)
Un altro esempio forse dimostra ancora meglio questa sensibilità : quando gli altri dormono, il Guarino si rinchiude nella sua camera per lavorare, ma si mangia solo le unghie, fa la punta alla matita invece di scrivere – dice Giano. Il nostro commentatore spiega il perché : quelli che si preoccupano con pieno zelo di trovare le proprie parole s’indignano per non trovare le parole, che corrispondono alle "cose", alla sua intenzione. E inoltre, naturalmente, indica anche la frase originale di Persio, dalla quale il verso di Giano era creato utilizzando un sinonimo.
Cum stertunt reliqui, cella tu clausus in alta / Abrodis digitos, pluteum uel cedis : "qua utuntur qui literis dant operam percuciunt autem cogitabundi pluteum et occupati toto animo in inueniendis proprys uocabulis indignabundi quo verba rebus non respondeant. Sumptum ex illo persii nec pluteum cedit nec demorsa [
Proprio per questi motivi ritengo plausibile l’ipotesi che Ioachim Vadiano, il più ingegnoso poeta latino del circolo umanistico viennese, l’autore del De poetica et carminis ratione (1518), sia da considerarsi come il probabile commentatore.
[1] Per un elenco dell’edizioni vedi Janus Pannonius : válogatott bibliográfia, a cura di E. Békés, Balassi, Budapest 2002, pp. 7-10.
[2] R. Gerézdi, Der Weltruf des Janus Pannonius und die deutsche Vermittlung, = Studien zur Geschichte der deutschen-ungarischen literarischen Beziehungen, Berlin, 1969, pp. 32-43 ; L. Mezey, Janus Pannonius XVI. századi utóéletéről, in : AA.VV. Janus Pannonius tanulmányok, a cura di T. Kardos, S. V. Kovács, Budapest, pp. 523-533 ; I. Komor, Janus ille Pannonius tantum laudis meruit in carmine…, Annales Univ. Scient. Budapest., Sectio Classica 1974, pp. 91-97 ; T. Kardos, Janus Pannonius reneszánszkori értékelése…, = Iani Pannonii […] antiquis vatibus comparandi, recentioribus certe anteponendi, quae uspiam reperiri adhuc potuerunt, omnia, ed. Joannes Sambucus, Vienna 1569 (ed. facsimile 1972).
[3] R. Gerézdi, Aldus Manutius magyar barátai, = id., Janus Pannoniustól Balassi Bálintig, Akadémiai, Budapest 1968, pp. 204-266 (originariamente in Magyar Könyvszemle 1945, 38-98).
[4] A. Coroleu, Some teachers on a poet : the uses of Poliziano’s Latin poetry in the sixteenth-century curriculum, in : Kleos, Nr. 4, 1999, pp. 167-182.
[5] L’edizione più recente è di I. Thomson, Humanist pietas : the Panegyric of Ianus Pannonius on Guarinus Veronensis, Bloomington, Research Institute for Inner Asian Studies, 1988, pp. 68-251.
[6] J. Ernuszt, Adrianus Wolphardus, Budapest, Pázmány Péter Tudományegyetem, 1939, 29 e A. Gorzkowski, Paweł z Krosna. Humanistyczne peregrynacje krakowskiego profesora, Cracovia, Księgarnia Akademicka, 2000.
[7] "Exterisque et remotissimis declararem gentibus ad Pannonios etiam ipsas humaniores, et suauiores migrasse musas.”
[8] Országos Széchényi Könyvtár, RMK. III. 177/1, fino a b1v.
[9] Országos Széchényi Könyvtár, RMK. III. 177/2, fino a a6v.
[10] Praga, Národní knihovna, 9 B 62.
[11] Praga, Národní knihovna, 65 D 2961, a4v-b3r. (Dalla Biblioteca Lobkovic)
[12] J. Leonhardt, Exegetische Vorlesungen in Erfurt von 1500-1520, in : AA.VV. Humanismus in Erfurt, a cura di G. Huber-Rebenich, Walther Ludwig, Rudolfstadt-Jena 2002, pp. 91-110 ; J. Leonhardt, Eine Leipziger Vorlesung über Ciceros De legibus aus dem Jahre 1514, in : Wolfenbütteler Renaissance-Mitteilungen Nr. 26, 2002/1, pp. 26-40 ; J. Leonhardt, Gedruckte humanistische Kolleghefte als Quelle für Buch- und Bildungsgeschichte, in : Wolfenbütteler Notizen zur Buchgeschichte, Nr. 29, 2004, pp. 21-34.
[13] D (=Praga, 65 D 2961), b2v. Questo commento appare solo nella versione di Praga, perchè l’utente della copia di Budapest aveva già finito le note al f. a6v.
[14] Adnotationum in Lucium Florum Ioannis Camertis ordinis Minorum sacrarum litterarum doctoris eximii libellus, Vietor-Singrenius, Vienna 1511, G2v-H1r, contiene una silloge delle fonti sul „Bellum Caesaris et Pompei”. Le annotazioni sono state riedite insieme all’edizione del testo di Floro in 1518 (Vienna, Singrenius).
[15] "Doctor Joannes de Camerino ordinis Minorum, ad lecturam theologiae vocatus ex Italia”, forse all’istigazione di Corrado Celtis. V. G. Bauch, Die Reception des Humanismus in Wien, Marcus, Breslau 1903, p. 101. Aschbach, chi lo chiama „Giovanni Ricuzzi Vellini”, ci offre una biografia breve di lui : J. Aschbach, Geschichte der Universität Wien, Braumüller, Wien 1877, vol. 2., pp. 172-184, 452-455. Vedi anche C. Bursian, Geschichte der classischen Philologie in Deutschland, München-Leipzig 1883, p. 171 (n.2.). Aldo Manuzio nella sua lettera a Conrad Celtes in 1501 lo caratterizza come „homo officiosus et summa fide” : Der Briefwechsel des Konrad Celtis, a cura di H. Rupprich, C.H. Beck, München 1934, p. 568.
[16] In 1503, il Camers ha curato un’edizione delle Conclusiones CCCLXXVIII di Duns Scotus sopra la Metafisica di Aristotele apparsa nei Commentaria Doctoris Subtilis Ioannis Scoti in 12 libros Metaphisicae Aristotelis scripta recollecta & ordinata ab ipsius discipulo Antonio Andreae, Simone da Lovere, Venezia 1503.
[17] Vedi, p.e., Bauch, op.cit., pp. 3-4 ; A. L. Gabriel, „Via antiqua” and „via moderna” and the migration of Paris students and masters to German universities in the 15th century, in Antiqui et moderni, a cura di A. Zimmermann, , de Gruyter, Berlin 1974, pp. 439-483, qui p. 443. (Miscellanea Mediaevalia 9) : „The moderni, at such nominalistic universities as Vienna or Erfurt, followed the tradition of the great 14th century Paris nominalists, Albert of Saxony, Marsilius of Inghen, Henry of Langenstein, and Johannes of Prussia, who made great progresses in the fields of natural sciences and economy.” Ma, come ammonisce A. Lhotsky (Die Wiener Artistenfakultät 1365-1497, Böhlau, Wien 1965, p. 184) ci manca ancora l’analisi equilibrata della produzione scientifica dei professori ’nominalisti’ di Vienna nel secolo XV. Per l’arbitrarietà della denominazione ’nominalista’ o ’occamista’ nel tardo Medio Evo, vedi W. J. Courtenay, Was there an Ockhamist school ?, in : AA.VV. Philosophy and Learning. Universities in the Middle Ages, a cura di M. J. F. M. Hoenen - J. H. J. Schneider, G. Wieland, Brill, Leiden 1995, pp. 263-292.
[18] Almeno così ricostruisce la storia della ricezione dell’umanesimo a Vienna G. Bauch (op. cit., 94-114.) La ricerca più recente – in mancanza di documenti definitivi – non trova un vero conflitto tra Celtis e la facoltà vecchia delle arti (p.e. Lhotsky, op. cit., pp. 199-203, o L. W. Spitz, Conrad Celtis : the German Arch-humanist, Harvard University Press, Cambridge 1957, pp. 3, 65.)
[19] L. Havas, Textgeschichte des Florus von der Antike bis zur Frühen Neuzeit, in : Athenaeum, Nr. 80, 1992, pp. 433-469.
[20] P.e. Le annotazioni marginali al primo libro dell’In Rufinum di Claudiano sono : Superi an curent terrena (1), Infernae sedis descriptio (25), Alecto allocutio (45), Megaera socias alloquitur (86), Megaera ad Rufinum (140), Ruffini scelera (178), Auaritiae exprobratio (196), Crudeles plures (252), Stiliconis laudes (269), Herculis labores (278), Stiliconis ad Martem deprecatio (334), Megaerae et Iusticiae altercatio (357), Aureae aetatis descriptio (380). Vedi : Claudiani Opera novissime per D. Jo. Camertem accuratissime recognita, Vienna, Vietor-Singrenius, 1510. Si può comparare queste note all’annotazioni manoscritte come „laus guarini a uirtute” (commento C, d3r).
[21] Wolfhardi Adriani Transsylvani, Panegyris Ad Invictissimum Caesarem Maximilianum semper Augustum, Vietor et Singrenius, Vienna 1512, tertio idus Augusti.
[22] D, a5r. Nella versione B : „pro hac historia lege solinum ca. vicesimo primo” ; „In his 3ibus exemplis platonis, pithagore et thianei imitatus diuum iheronimum in prologo biblie, pro historia thianei iarche lege philostratum li 3o.”
[23] Cfr. Erasmo da Rotterdamo, De ratione studii, a cura di J.-C. Margolin, in : Opera omnia, ord. I. vol. 2., , North-Holland Publishing, Amsterdam 1971, pp. 118-119. Sull’importanza degli autori enciclopedici (Plinio, Macrobio, Gellio) v. ibid., p. 120. Giano descrive la prassi della preparazione di zibaldoni nei vv. 337-338 („Verborum pars nulla perit, sed cuncta citatis / Excipiunt calamis et longa in saecla recondunt”. Vedi Thomson, op.cit, pp. 13, 126-127 e sui zibaldoni W. H. Woodward, Vittorino da Feltre and other humanist educators, , University Press, Cambridge 1897, pp. 168, 173.
[24] C, a5r.
[25] Cf. Bauch, op.cit, p. 97. Il tema dei sofisti verbosi e dialettici garruli è presente già dal tempo di Petrarca nella letteratura umanistica o, più tardi, nell’Elogio della follia di Erasmo o nell’Utopia di Tommaso Moro, ma qui il commentatore si riferisce specificamente alla logica. Così, forse non pensiamo infondatamente alla critica del nominalismo. Per la storia del dibattito tra il scolasticismo e l’umanesimo in Germania vedi E. Rummel, The humanist-scholastic debate in the Renaissance and Reformation, Harvard University Press, Cambridge, MA 1995.
Gregorius Gelenius
Gregorius Gelenius (ca. 1460 - 1514), tschechischer Übersetzer und Kommentator
Jacobus Cruquius, son édition d’Horace, et son influence sur Richard Bentley
Abstract : This case-study discusses the Horace editions by the Flemish humanist Jacobus Cruquius (d. 1584), who was, for more than forty years, active as a professor of classical languages in Bruges. Their importance lies primarily in the fact that Cruquius was the only textual critic able to consult a set of manuscripts, later destroyed during the iconoclastic riots of 1566, which included the Codex Blandinius Vetustissimus, believed to represent an ancient branch of textual tradition offering possibly authentic readings not present in the surviving manuscripts. I furthermore establish a link between the Horace editions of Cruquius and of the famous English scholar Richard Bentley (1662-1742) through the study of a remarkable copy of one of Cruquius’ editions, previously owned by Bentley, and now preserved in the British Library.
Jacobus Cruquius, son édition d’Horace, et son influence sur Richard Bentley
La discussion de l’exemplaire de l’édition d’Horace de l’humaniste flamand Jacobus Cruquius (d. 1584) conservé au British Library à Londres est le résultat des enquêtes faites pour préparer une notice pour un volume d’Europa Humanistica. Elle illustre aussi l’importance du projet, qui inspire des nouveaux chemins de recherche dans l’histoire de la philologie classique. Enfin, une telle discussion permet de mettre en évidence l’étude des philologues peu connus, comme Cruquius, et de remettre en perspective l’activité éditoriale de certains de leurs successeurs plus célèbres.
En conséquence, cette présentation traite non seulement de Cruquius, qualifié par André Boutemy comme "un honnête philologue mais non un savant génial", mais aussi d’un autre éditeur d’Horace, considéré par A.E. Housman comme "a tasteless and arbitrary pedant … of unique originality and greatness", "a man so great that in his own province he serves for a touchstone of merit and has always been admired by all admirable scholars and despised by all despicable scholars" : l’anglais Richard Bentley (1662-1742). Leurs éditions d’Horace, séparées par plus de cent ans, sont toutes deux des bornes notoires dans l’histoire textuel du poète romain, et je vais esquisser les raisons de leur importance et mettre en lumière un lien entre les deux éditions et les deux éditeurs.
Jacobus Cruquius naît avant 1520 à Mesen. Il étudie à l’université de Louvain, où il obtient le grade de magister artium en 1535. Il étudie ensuite le droit canonique à la même université et suit aussi les cours de latin et grec au Collegium Trilingue, le collège de trois langues à Louvain. En 1543, il devient professeur in bonis litteris au fondation de Cuba à Bruges, où il restera jusqu’à sa mort en 1584. Il fut donc actif comme professeur des langues anciens à Bruges pendant plus de quarante années, formant la génération suivante des philologues, parmi lesquels Jacobus Raevardus, Lucas Fruterius, Victor Giselinus et Franciscus Modius.
La première publication que nous devons à Cruquius est une édition du quatrième livre des Odes d’Horace, imprimée à Bruges en 1565 par Hubertus Goltzius. Christophe Plantin publie toutes les éditions suivantes publiées du vivant de Cruquius : les Epodes en 1567, les Satires en 1573, les opera omnia du même poète en 1578 (réimprimés l’année suivante) et le Pro Milone de Cicéron en 1582. Si l’édition du Pro Milone ne semble rien offrir de remarquable, les éditions d’Horace sont considérées comme essentielles pour l’étude du texte. Ainsi Cruquius fut le seul philologue à avoir eu accès à une collection de quatre manuscrits, conservés au monastère Saint Pierre à Gand et détruits pendant les émeutes iconoclastes en 1566. Un de ces anciens manuscrits était le fameux Codex Blandinius Vetustissimus, lequel représentait une tradition ancienne absente des manuscrits que nous possédons aujourd’hui.
L’édition d’Horace de Cruquius contient trois sections. La première est le texte d’Horace établi par Cruquius. La seconde est une vue générale des scholies que Cruquius avait trouvés dans les manuscrits anciens et qu’il répète sous le titre de "Commentator". Dans une troisième section qui suit le texte et le commentaire ancien, Cruquius ajoute ses propres remarques.
La précision des informations fournies par Cruquius sur les manuscrits anciens a été l’objet des doutes presque immédiatement après la publication : suite à la destruction des manuscrits il devint impossible de vérifier la véracité de ses informations. La controverse, maintenant connue comme le "Cruquiusfrage", fut à son comble parmi des classicistes allemands pendant le dernier quart du dix-neuvième siècle. Tout le monde s’accordait sur le fait que les données fournies par Cruquius sur les manuscrits anciens d’Horace étaient de la plus haute importance, mais l’on débatait pour déterminer dans quelle mesure l’on pouvait réellement s’appuyer sur le témoignage de Cruquius pour l’établissement du texte. Peut-être Cruquius avait-il imposé ses propres conjectures au lecteur en faisant passer celles-ci pour des variantes du manuscrit que lui seul avait pu consulter ? Il est impossible de trancher cette question aujourd’hui, puisque les manuscrits ont disparus. Comme disait Henry de Vocht : "although philologues should move heaven and earth, it never will be made out what manuscripts were used, for any disputed passage, by him ; nor what was found by him in each instance ; nor whether, for any determined place, the old codex is exactly reproduced by him, or altered on his own head." Et pourtant éditeurs du poète romain qui lui ont succédé ne pouvaient pas ignorer la contribution de Cruquius lequel était désormais, par pur hasard, la seule source des possibles variantes du Codex Blandinius Vetustissimus.
Richard Bentley, "the greatest name among the classical scholars of Europe of the 18th century" comme disait Sandys, a lui aussi compris l’importance de l’édition de Cruquius. Il prend la défense du le philologue flamand dans sa propre édition d’Horace, imprimée en 1711 : "Sane vir probus videtur fuisse Cruquius neque temere fides ei detrahenda est". En même temps, il admet que Cruquius n’est pas toujours digne de confiance dans sa description et collation du Codex Blandinius deperditus : "nimium ille securus et indiligens erat".
L’édition d’Horace de Bentley est également, sinon plus, célèbre que l’édition de Cruquius. Elle est considérée comme "the foundation document of the new ‘philology’, similar to no other contemporary edition of any ancient author" because of its "complete dispersal of traditional half-sense or non-sense by the power of reason" avec pour résultat la révision non surpassée de la vulgate de l’époque. Shackleton Bailey, un des éditeurs modernes d’Horace, estime que plus de 300 des corrections non-conjecturales proposées par Bentley ont obtenu une place permanente dans nos éditions.
Comme l’édition de Cruquius, l’Horace de Bentley fut aussi l’objet d’une controverse. Bentley, qui était Master of Trinity College, Cambridge, l’avait publié au centre d’un conflit avec les fellows du même collège. Le conflit était particulièrement virulent, ainsi que l’illustrent plusieurs pamphlets. Bentley est accusé d’avoir utilisé "scurrilous Words and Language to several of the Fellows, particularly by calling Mr. Eden an Ass, and Mr. Rashly the College Dog … and calling many others Fools and Sots and other scurrilous names". D’autres pamphlets affirment que l’édition d’Horace de Bentley était "unnecessary, and very much unbecoming" et que "the Manner in which it is done, is beneath the Character of a Person that would make any Pretensions to good Breeding." Ils accusent Bentley d’avoir mis "a greater value upon his own sudden Heats and Conjectures, than upon the establish’d Opinion of Mankind" et de "altering the Text … and then telling us that Horace either did, or ought to have writ so."
L’innovation majeure de Bentley fut de refuser de suivre servilement les manuscrits et d’insister sur l’importance du jugement critique et de la divination innée de l’éditeur. Mais l’importance qu’il accordait à la contribution active de l’éditeur n’empêchait pas, on l’oublie trop souvent, l’utilisation consciencieuse des manuscrits : Bentley lui-même ajoutait "praesertim accedente Vaticani veteris suffragio" à son bon mot, cité à maintes réprises, "nobis et ratio et res ipsa centum codicibus potiores sunt". En outre, nous savons que Bentley collationna plusieurs manuscrits pour son édition d’Horace comme l’indique un livre remarquable, possédé autrefois par Bentley, et conservé aujourd’hui à Londres, British Library shelf mark 680.d.26. Ce livre est précisément un exemplaire de l’édition d’Horace de Cruquius (la version imprimée à Leiden en 1597) et contient d’abondantes annotations de la main de Richard Bentley. Ce volume ainsi établit un lien physique entre Cruquius et Bentley.
Les notes démontrent que Bentley a utilisé cet exemplaire spécifique pour collationner des manuscrits. Bentley a noté les différences entre l’édition et chaque manuscrit, en soulignant le mot dans le texte imprimé et en annotant la variante du manuscrit dans la marge. Il fait référence aux manuscrits avec des sigla, qui sont indiqués au début de chaque livre, en fournissant des informations sur les manuscrits collationnés et ceux utilisés par Cruquius. Par exemple, nous trouvons la notice suivante, écrite par Bentley sur la page de titre des Satires : "Prima Editio Cruquij Satyrarum apud Plantinum 8to 1573. Titulo, Ex antiquissimis undecim MSS codicibus Emend. Praefert ut Epodon vero 1567 septem mss. / N Codex Norfolcianus in bibliotheca Societatis Regiae. / Codex R i.e. Regius in Biblioth. S. Jacobi". Bentley souligne avec raison que Cruquius a édité les Epodes pour la première fois en 1567, et les Satires en 1573 et qu’il affirme, sous le titre de ces éditions, avoir utilisé respectivement sept et onze manuscrits. Ceci permet ainsi à Bentley de clarifier certaines notes où Cruquius déclarait avoir trouvé certaines variantes dans "omnes codices" (et d’autres indications pareillement vagues).
Bentley annote non seulement le texte établi par Cruquius, mais aussi les parties consacrées à l’édition du commentaire ancien et les remarques personelles de l’humaniste. Bentley souligne les passages qui l’intéressent et ajoute parfois une grande croix noire en marge pour signaler certains passages, surtout ceux qui contiennent des informations sur les manuscrits Blandiniens. Bentley recopie aussi les renseignements les plus importants fournis par Cruquius sur la page de titre, sans doute comme notes rapides qu’il consultera plus tard. L’une de ces notes, par exemple, signale que quelques-unes des bibliothèques mentionnées par Cruquius (et donc aussi les manuscrits conservés dans cettes bibliothèques) devaient avoir été détruites avant 1570 : "Bibliotheca Blandinia et Dunensis exustae p. 308 ante annum D[omi]ni 1570". Et, en effet, Cruquius avait signalé en page 308 de son édition que la bibliothèque blandinienne comme la bibliothèque du monastère des Dunes à Koksijde, avaient été détruites par les rebelles protestants dans les années 1560.
L’étude de l’édition de Cruquius de Bentley permet d’éclairer certains aspects de sa propre édition. Il est évident que Bentley a d’abord utilisé l’édition de Cruquius pour obtenir plus d’information sur le Codex Blandinius Vestustissimus. Il n’accepte qu’une seule conjecture proposée par Cruquius, dans le premier livre des Satires, satire 9, ligne 30, où il lit "mota divina anus urna" au lieu de "divina mota anus urna". Bentley propose la même correction et affirme qu’il l’avait déjà conjecturée avant de la trouver dans les notes de Cruquius. Il admet à contrecoeur que Cruquius mérite la paternité de cette conjecture, mais trouve du réconfort dans l’assurance que personne n’aurait adopté la suggestion de Cruquius s’il ne l’avait lui-même adoptée : "Atque haec quidem mihi olim in mentem venerant ; postea apud bonum Cruquium conjecturam reperi. Is ergo, quando haec rara avis est et fere unica, gloriam hanc me volente obtineat. Mihi satis erit, si, cum nemo hactenus monenti ei obtemperaverit, posthac me adjutore magis morigeros habuerit."
Appendix : Éditions de Cruquius
- Q. Horatii Flacci Carminum liber quartus (Bruges, Hubertus Goltzius, 1565)
- Q. Horatii Flacci Epodon liber (Anvers, Christophe Plantin, 1567)
- Q. Horatii Flacci Satyrarum seu potius Eclogarum libri II (Anvers, Christophe Plantin, 1573)
- Q. Horatius Flaccus (Anvers, Christophe Plantin, 1578) [i.e. opera omnia d’Horace]
- Q. Horatius Flaccus (Anvers, Christophe Plantin, 1579) [= l’édition de 1578 avec une nouvelle page de titre]
- M. T. Ciceronis Oratio Pro T. An. Milone (Anvers, Christophe Plantin, 1582)
- Q. Horatius Flaccus (Leiden, Franciscus Raphelengius, 1597) [= l’édition de 1578 avec deux collections limitées de notes par Janus Dousa sr. (1545-1604)]
- Q. Horatius Flaccus (Leiden, Franciscus Raphalengius, 1611) [identique à l’édition de 1597]
Les travaux belges en cours (contribution de Demmy Verbeke)
Membres de l’équipe belge : Elie Borza (Louvain-la-Neuve), Jeanine De Landtsheer (Leuven), Tom Deneire (Leuven), Lambert Isebaert (Louvain-la-Neuve), Marc Laureys (Bonn), Monique Mund-Dopchie (Louvain-la-Neuve), Jan Papy (Leuven), Dirk Sacré (Leuven), Gilbert Tournoy (Leuven), Demmy Verbeke (Warwick)
Volumes en préparation : I : 1480-1575 ; II : 1575-1700
Travaux en cours :
- Pays-Bas IA : volume entièrement préparé par l’équipe néerlandaise
- Pays-Bas IB : Alardus Aemstelredamus (Sacré) ; Adrianus Barlandus (Laureys) ; Guilielmus Canterus (Borza) ; Jacobus Cruquius (Verbeke) ; Johannes Despauterius (De Landtsheer) ; Martinus Dorpius (Tournoy) ; Petrus Nannius (Nellen) ; Rutgerus Rescius (Papy) ; Justus Velsius (Papy) ; Johannes Ludovicus Vives (Tournoy)
- Pays-Bas II
Remarques :
Pays-Bas IB : suit la présentation du volume IA ; collaboration étroite avec l’équipe néerlandaise ; progrès : certaines notices presque finies, certaines notices précoces
Stimulation par le projet des études "in margine" : e.g. le lien entre Jacobus Cruquius et Richard Bentley ; presente comme case-study au conférence (disponible ici).
Melchor Pérez de Soto
Esta simplificación de la empresa americana ha opacado, más de lo que se cree, la comprensión de la entrada del humanismo en América. En el mejor de los casos, se ha obviado que la conquista trajo consigo el humanismo a tierras americanas, y que con él se transmitieron al nuevo continente las formas de la cultura clásica, además de las diversas formas del humanismo medieval y renacentista, y que juntos producen, de este lado del Atlántico, formas propias -tanto institucionales como individuales- para el cultivo de las humanidades.
Pero obviar algo no significa necesariamente darle su justa dimensión y entender a cabalidad las implicaciones del fenómeno. Es, en realidad, una forma desplazamiento a un segundo plano de un eje ineludible de la formación del pensamiento en América.
Si, como se afirma comúnmente, el conocimiento de la cultura clásica y los modelos de reflexión renacentistas están presentes en la formación del pensamiento criollo, que precipitará más tarde la independencia de las colonias españolas en el xviii, también es cierto que los conquistadores trajeron consigo los instrumentos de emancipación de las colonias en formación y no sólo los instrumentos de su dominación.[1] Se hace así evidente la paradoja, inserta en el corazón mismo de la transmisión de la cultura clásica, de la formación de una identidad desdoblada, pues el humanismo hará de América un emplazamiento de la cultura occidental, pero, al mismo tiempo, conformará el núcleo por el cual ese emplazamiento se entenderá como una expresión independiente de esa cultura, por singular y distinta.[2]
En más de un sentido, el humanismo es más que una empresa textual. De manera que su llegada al Nuevo Continente conjuga una formación cultural e ideológica de los hijos de los conquistadores, el traslado de humanistas de un continente a otro, y el arribo permanente y constante de los embarques de libros, cuyo movimiento está íntimamente vinculado con la formación de los espacios institucionales de reproducción cultural en América : los Colegios. El paso del tiempo trajo consigo la aparición de instituciones y mecanismos que potencian el cultivo de la cultura humanística de este lado del Atlántico : la imprenta y la formación de la Universidad.
Es a partir de la existencia de estos tres ejes : los libreros, las imprentas y la universidad, que para el siglo xvii podemos encontrar humanistas que trabajan en grupos informales de estudio, donde intercambian textos y conocimientos al margen de la misma institución universitaria, y dónde se producen nuevas obras.[3] Estos grupos se forman al amparo de un creciente número de bibliotecas particulares en la Nueva España,[4] que vienen a ser fuente de lecturas, traducciones y nuevas obras escritas. Es así que, en la medida en que estas bibliotecas producen toda esta intensa actividad a su alrededor, que su formación ha de ser considerada una actividad humanista.
Melchor Pérez de Soto, como formador y poseedor de la más grande biblioteca particular de su tiempo es por ello, sin discusión, un humanista. Pero, ¿cómo se caracteriza la formación de una biblioteca como actividad humanística ? Y, ¿en qué medida, la formación de una biblioteca particular lo es de manera más clara ?
En la Nueva España, las primeras bibliotecas tienen un origen institucional y constituyen actos de gobierno para dotar a los colegios religiosos de los medios necesarios para llevar a cabo su labor de formación en la Nueva España.[5] Sin negar que ellas mismas son instrumento de transmisión de las humanidades, lo son en la misma medida en que se conformaron como intermediaras y, por ello mismo, como formadoras de un cierto tipo de relación con la cultura europea y con el humanismo. Una forma institucionalizada y acotada, por restricciones y permisos de importación y conservación de libros, que definía cómo, de qué manera y con qué ámbitos de la cultura europea podía ponerse en contacto alguien que, en América, se formara en el estudio.
Frente a ellas, la creación de las bibliotecas particulares en el siglo xvii es un fenómeno que subvierte esa primera institución bibliotecaria y, en esa medida, se vuelve un espacio de autonomía, creado por los nacidos en América para articular, de forma más inmediata y con menos restricciones, su relación con la cultura europea.[6]
Dos de las grandes bibliotecas novohispanas del siglo xvii, formadas por particulares, fueron las de Carlos de Sigüenza y Góngora y Melchor Pérez de Soto. Que si bien no estaban constituidas por una gran cantidad de volúmenes, sí contenían, por el contrario, una importante variedad de títulos, algo sorprendente si se toma en cuenta que no contaban con los recursos o licencias que tenían las órdenes monacales para la adquisición de algunos volúmenes prohibidos.[7] De cualquier manera, la importancia estratégica de las bibliotecas particulares puede verse en el interés de la Corona por controlar su formación y su contenido, a través de restricciones expresas sobre la adquisición, pero sobre todo, sobre la posesión de los libros.[8]
A diferencia de Sigüenza y Góngora, la biblioteca y figura de Pérez de Soto no corresponden exactamente a la imagen tradicional de un humanista. Los documentos históricos que tenemos a nuestra disposición sobre Melchor Pérez de Soto, maestro mayor de obras de la Catedral Metropolitana de la ciudad de México, son escasos. Aunque no son así los documentos que se refieren a su biblioteca, como veremos más adelante.[9] Los datos más concretos con los que contamos, son los que aparecen en una biografía elaborada por Manuel Romero de Terreros, editada en 1920, que lleva por título Un bibliófilo en el Santo Oficio.[10]
Sabemos que nació en la ciudad Cholula, en Puebla de los Ángeles, en 1606 ; que provenía de una familia de arquitectos : su padre Juan Pérez y un tío llamado Diego López Morillo ejercían este oficio en la ciudad de México ; que inició sus estudios en la escuela de Francisco Clavijo y Juan García Becerril, donde aprendió a leer y escribir. Posteriormente, inició estudios de gramática que abandonó al poco tiempo para aprender el oficio de constructor con su padre.
Además de trabajar como maestro de obras en la Catedral metropolitana de la Nueva España, años atrás estuvo al servicio del virrey García Sarmiento Sotomayor, conde de Salvatierra, quién lo envió, primero, a un viaje de exploración a California en una fragata, dándole treinta hombres a su cargo como cabo y capitán ; en ese viaje fue acompañado por el almirante Pedro Porter Casanate.[11] Posteriormente, realizó un viaje para hacer revisiones al fuerte de san Juan de Ulúa por un daño que tenía la fortaleza. El último viaje del que se tiene registro fue a las minas de Tetela.
Sus actividades como arquitecto las desarrolló principalmente en la capital del virreinato ; su posición como maestro de obras de la Catedral, además de colaborar con la construcción de parte del edificio, le permitió tener contacto y participar en algunos grupos informales de estudio con algunos humanistas del siglo xvii. También practicaba la astrología judiciaria, el trazado de horóscopos y el levantamiento de figuras, y a saber la quiromancia.
Su interés por el estudio de la astrología inició cuando viajó a California con el almirante Pedro Porter Casanate quien fue su primer maestro, tanto de la judiciaria como de quiromancia.[12] Una vez en la ciudad de México fue alumno del agustino fray Felipe de Castro y del mercedario fray Diego Rodríguez, catedrático de la Real y Pontificia Universidad de México, quien hiciera los cálculos de las estructuras para colocar las campanas de la Catedral metropolitana.[13] Su interés por el tema y su desconocimiento de la lengua latina lo llevó a consultar a Nicolás de Robles, vecino suyo, para traducir algunas obras de astrología, entre ellas las de Alí Aberenfel, Tomás Buderio y Claudio Darioto. También requirió la ayuda del bachiller José Benítez de la Cruz, estudiante de filosofía en el colegio de los jesuitas, quien tradujo a Guido Bonato, Omar Tiberino, Ptolomeo y Pedro Ciruelo.[14] De la misma forma, sus estudios lo llevaron a consultar con el padre Francisco Javier Faria, del Colegio de san Pedro y san Pablo ; recurrió también al padre rector de la Compañía de Jesús, Horacio Caroche, para descubrir el significado de una rueda que la obra del Venerable Beda.[15]
Se sabe, por otra parte, que sus compañeros en el estudio de la judiciaria fueron Julián de Espinosa, otro de apellido Jarava, uno que le apodaban el Saboyano y el médico doctor Bonilla.[16] Aunque no se hace una precisión en los nombres de éstos, es seguro que este último, el doctor Bonilla, fue el cuñado de Carlos de Sigüenza y Góngora, Gabriel López Bonilla, médico y astrólogo, quien trabajara años después con Diego Rodríguez en el calculo de la latitud de la ciudad de México y compusiera un discurso cometográfico en 1653.[17]
Sin embargo, todo ese interés por la adivinación astrológica y por la política de la Colonia, terminó por atraer la mirada del Santo Oficio.[18]
Durante un proceso seguido a Gaspar Rivero Vasconcelos, amigo y discípulo de Julián de Espinosa, se mencionaba frecuentemente a Pérez de Soto. Y eso despertó el interés de los inquisidores por él. El 12 de diciembre de 1654 es acusado formalmente de haber cometido muchos delitos contra la fe, pero principalmente por poseer libros prohibidos y haber practicado la astrología judiciaria. Es aprehendido el 9 de enero de 1655 y encerrado en las cárceles secretas de la Inquisición mientras ésta llevaba a cabo el expurgo de su biblioteca.
Meses después, fue trasladado a otra celda junto a otro preso de nombre Diego Cedillo ; el 16 de marzo de 1655 el arquitecto fue encontrado asesinado por su compañero sin motivo aparente.[19] Tras las averiguaciones y las inspecciones pertinentes fue sepultado en la Iglesia de santo Domingo.
No voy a detenerme mucho en el hecho de que la biblioteca es una de las razones por las que Pérez de Soto es encarcelado. Ello nos deja ver hasta qué punto ésta representaba un desafío al poder virreinal sobre la base de una transformación en la forma de relacionarse con la cultura europea. Pero el otro costado de la lamentable detención de Pérez de Soto, es que gracias a la inquisición se conservan los registros del contenido de la biblioteca.
No sabemos cómo se formó la biblioteca, sabemos que frecuentaba la librería de Antonio Calderón, y es de suponer que adquirió algunos volúmenes por ese medio.[20] Lo relevante, sin embargo, es la cantidad de títulos que tenía en ella : 1,502 cuerpos de libros de a folio y a medio, cuarto y octavo, de diferentes autores en latín y en romance.[21]
El inventario de los libros[22] que se conserva nos muestra que el maestro mayor de obras de la Catedral, tenía ejemplares sobre arquitectura y construcción. En ella se encontraba un ejemplar de los Libros de la arquitectura de Vitrubio y de los Diez libros de la arquitectura de León Baptista Alberti. Además, estaban las Medidas del Romano de Sagrado ; la Carpintería de lo blanco de Diego López de Arenas ; el Tratado de ensayar plata y oro de Jerónimo Becerra, entre otros. Otra parte de la biblioteca, contenía libros impresos en México, entre los que estaban la Escala espiritual para llegar al cielo de san Juan Clímaco, primer libro impreso en la Nueva España en el taller de Juan Pablos ; el Repertorio de los tiempos de Enrico Martínez y, por supuesto, la Grandeza Mexicana de Balbuena. A ellos hay que agregar los que se suelen destacar dentro de su biblioteca, por ser obras de autores modernos y científicos, Copérnico y Kepler.
Pero al menos un tercio de su biblioteca contenía libros de autores clásicos, entre ellos se encontraban ejemplares de Séneca, Cicerón, Marco Aurelio, las obras completas de Platón y Aristóteles, Justo Lipsio, Isócrates, Julio César, Virgilio, Ovidio, Esopo y Epicteto, todos ellos en ejemplares con los textos originales, además de libros de comentarios a estos autores, como el de Fernando Álvaro Diez, sobre Séneca y Nerón ; la Cosmografía de Pedro Apiano ; la Summa de philosophia natural de Alonso de Fuentes, entre otros. Un lugar singular lo ocupa, una copia de la Triplici vita de Marsilio Ficino.
Si las bibliotecas constituyen un instrumento, y en este sentido, un eje, por el cual el humanismo logró una difusión y expresión en América, la biblioteca de Pérez de Soto es tal vez una de las más significativas. Pero el conocimiento y el estudio de la forma en que esta biblioteca y este personaje amplían los horizontes del humanismo en la Nueva España y colaboran en la construcción del pensamiento criollo, requieren de nuevas revisiones y de una exploración más profunda. Por ahora, coloquémoslo ya no sólo en el segmento de los hombres que contribuyeron a la transmisión de la ciencia y del pensamiento moderno, sino al cultivo y conocimiento de las humanidades en América.
Bibliografía
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Jímenez Rueda, J. Herejías y supersticiones en la Nueva España (los heterodoxos en México). México : Imprenta Universitaria, 1946.
Leonard, Irving A. La época barroca en el México colonial. México : FCE, 1995.
Leonard, I. A. Los libros del conquistador. 2a ed. México : FCE, 2006.
López, José Hilario. Memorias. México : s/e, 1955.
Olvera, María del Carmen. "La biblioteca de un arquitecto de la época virreinal", en Boletín Monumentos Históricos. México : INAH, núm. 6.
Portillo, Alvaro del. Descubrimientos y exploraciones en las costas de California : 1532-1650. Madrid : Ediciones Rialp, 1982.
Rodríguez Sala, María Luisa (Coord.). Del estamento ocupacional a la comunidad científica : astrónomos-astrólogos e ingenieros (siglos xvii al xix). México : UNAM, Instituto de Investigaciones Sociales, 2004.
Romero de Terreros, Manuel. Un bibliofilo en el Santo Oficio. México : Pedro Robredo, 1920.
Rubio Mañé, Jorge Ignacio. El virreinato. México : FCE, 1983.
Terán Bonilla, José Antonio. "La importancia de los gremios de albañiles y/o arquitectos de las ciudades de México y Puebla en la actividad constructiva novohispana", en Novohispania. México : UNAM, Instituto de Investigaciones Filológicas, Seminario de Cultura Novohispana, núm. 4, 1998.
Terán Bonilla, J. A. "La influencia del pensamiento cristiano en la arquitectura novohispana", en Novohispania. México : UNAM, Instituto de Investigaciones Filológicas, Seminario de Cultura Novohispana, núm. 5, 2000.
Torre Revello, José. El libro, la imprenta y el periodismo durante la dominación. México : UNAM, Instituto de Investigaciones Bibliográficas, 1991.
Toussaint, Manuel. La catedral de México y el sagrario metropolitano. 3a ed. México : Porrúa, 1992.
[1] El ejemplo más claro de esto lo constituyen los manuales de traducción, las gramáticas, los léxicos, las crónicas e historias naturales, los catecismos, sermonarios y confesionarios, ya que todos ellos son recursos que fueron utilizados por los evangelizadores para construir, simultáneamente, un saber sobre los pueblos prehispánicos y los modelos de transmisión de su cultura europea. Se trata, por tanto, de los instrumentos que hicieron posible una dominación cultural efectiva, pero también de los instrumentos con los que se hizo posible un doble Renacimiento en América : el de la cultura clásica y el de la cultura prehispánica ; las dos fuentes más importantes de nuestros procesos de enmancipación.
[2] La mera suposición de una heterodoxia novohispana es lo que hace evidente esta "identidad desdoblada". Pero también permite comprender la importancia del humanismo en América hasta un punto donde la cultura humanista puede ser comprendida como el corazón de algo mucho más fuerte que el hispanoamericanismo oculto en la expresión "América española". Qué hoy hablemos de una América Latina tiene su fundamento, precisamente, en la existencia de esa heterodoxia de corte humanista, la cual ha sido negada sistemáticamente por los partidarios de una identidad cultural basada en el hispanismo y el catolicismo.
[3] Toda esta vida intelectual, que ya no estaba centrada en la vida clerical, parece estar vinculada con la dinámica cultural introducida por los gremios novohispanos, que eran espacios desde donde muchos criollos buscaron tener una insidencia directa en la política colonial (Cf. José Antonio Terán Bonilla, "La importancia de los gremios de albañiles y/o arquitectos de las ciudades de México y Puebla en la actividad constructiva novohispana", pp. 195-228). En apoyo a esto, hay documentos de la época de la Colonia que sugieren que una parte muy importante en la formación de las elites gremiales en la Nueva España fue su formación en lecturas clásicas y renacentistas, así como de otros conocimientos de tipo iniciático o mistérico (Cf. J. A. Terán Bonilla, "La influencia del pensamiento cristiano en la arquitectura novohispana", pp. 381-418 ; y María del Carmen Olvera, "La biblioteca de un arquitecto de la época virreinal"). Y esta codificación del saber parece ser la verdadera causa de la persecusión inquisitorial de muchos de los intelectuales involucrados en la dinámica del humanismo novohispano.
[4] Las primeras bibliotecas particulares datan del XVI, que ciertamente fueron propiedad de miembros del clero como fray Juan de Zumarraga, Vasco de Quiroga, Alonso de la Veracruz, Julián Garcés, Juan de Gaona, pero las cuales no sólo definieron la idea de una biblioteca particular sino la de una "biblioteca humanista" en varios sentidos.
[5] La biblioteca creada por el obispo Fray Juan de Zumárraga, así como la constituida por el obispo y virrey Juan de Palafox y Mendoza, para el Colegio de san Pedro y san Pablo, que hoy conocemos como biblioteca palafoxiana, responden a esta necesidad formativa. Hay, sin embargo, una diferencia entre la formada por Zumarraga y la creada por Palafox. La primera era una biblioteca particular que, si bien fue reconocida mediante una cédula real, en sus mejores tiempos tuvo una función muy interesante : el intercambio con otros propietarios particulares (la mayoría clerigos importantes), que querían darle a la evangelización un sentido profundamente humanista ; dichos intercambios a ser tan importantes que se cuenta que muchos concilios provinciales se realizaron exclusivamente para el intercambio de libros. Las funciones de la segunda, por el contrario, era más parecidas a las de una biblioteca oficial o biblioteca de Estado.
[6] Sobre la formación de este espacio de autonomía para la relación del criollo novohispano con la cultura europea, cf. Juan José de Eguiara y Eguren, Prólogos a la Biblioteca Mexicana, pp.114-123.
[7] Cf. José Torre Revello, El libro, la imprenta y el periodismo en América durante la dominación española, pp. 109-113.
[8] Cf. Fernández del Castillo. Libros y libreros en el siglo XVI, pp. 5-6.
[9] Las actas del proceso inquisitorial que se le siguió a Melchor Pérez de Soto se encuentran en la Biblioteca del Instituto Nacional de Antropología e Historia ; y el listado del expurgo de su biblioteca está resguardado en el Archivo General de la Nación.
[10] Para consultar notas biográficas más amplias o detalladas, basadas siempre en el folleto biográfico de Manuel Romero de Terreros, cf. Irving A. Leonard, "El extraño caso del curioso coleccionista de libros", en La época barroca en el México colonial, pp. 131-149.
[11] Cf. Alvaro del Portillo, Descubrimientos y exploraciones en las costas de California : 1532-1650, p. 460 ; y Jorge Ignacio Rubio Mañé, El virreinato, p. 263.
[12] Cf. M. Romero de Terreros, Un bibliófilo en el Santo Oficio, p. 9.
[13] Cf. María Luisa Rodríguez Sala, "Fray Diego Rodríguez : astrónomo-astrólogo-matemático", en M. L. Rodríguez Sala (coord.), Del estamento ocupacional a la comunidad científica : astrónomos-astrólogos e ingenieros (siglos xvii al xix), p. 124.
[14] Aunque Julio Jiménez Rueda menciona que se realizaron estas traducciones y aparecen en el inventario del expurgo, no se sabe realmente cuál fue su destino fiinal.
[15] Cf. M. L. Rodríguez Sala, "Fray Diego Rodríguez : astrónomo-astrólogo-matemático", en op. cit., pp. 124-125 ; y J. Jiménez Rueda, Herejías y supersticiones en la Nueva España, p. 217.
[16] Idem.
[17] Cf. M. L. Rodríguez Sala, "Fray Diego Rodríguez : astrónomo-astrólogo-matemático", en op. cit., p. 124.
[18] Esto fue el corazón del problema contra los "humanistas prácticos", como Melchor Pérez de Soto. La Corona española se dio cuenta de que tenía que contener el poder político que estas prácticas completamente heterodoxas estaban generando al interior de la vida civil de las Colonias. La confrontación fue en apariencia poco favorable para los criollos, pero a partir de esta época empezó un proceso que culminó en el despliegue de un auténtico poder jurídico logrado mediante la burocracia gremial y los gobiernos locales (los ayuntamientos).
[19] José Hilario López, Memorias, p. 306.
[20] J. Jiménez Rueda, op. cit., p. 217.
[21] J. Jiménez Rueda, Documentos para la historia de la cultura en México, p. IX.
[22] "Inventario de los libros que se hallaron a Melchor Pérez de Soto, vecino de esta ciudad, y obrero mayor de la santa Iglesia Catedral della, las cuales se metieron en la Cámara del Secreto deste Santo Oficio", publicado parcialmente por J. Jímenez Rueda en Documentos para la historia de la cultura en México (pp. 3-94) y por Irving A. Leonard en La época barroca en el México colonial.