Sujet fantôme : peut-on parler d’un enseignement du grec à Paris au
Durant près de deux siècles, on peut dire que cette prescription ne sera guère suivie d’effet. Mais l’important est qu’elle sert, toutefois, de référence. Ainsi, plus d’un siècle après, en septembre 1434, la 19e session du concile de Bâle renouvelle la constitution du concile de Vienne : il doit y avoir dans les universités deux maîtres chargés d’enseigner l’hébreu, l’arabe, le grec et le chaldéen. Dans les deux cas (1312 et 1434), nous voyons donc affirmée la nécessité de l’enseignement du grec, associé à d’autres langues « orientales ». Nous limiterons notre regard au statut du grec.
Pour montrer ce que fut l’enseignement du grec à Paris au
Première partie : tableau global (situation comparée de la France et de l’Italie)
En Italie, le retour du grec porte un nom, celui de Manuel Chrysoloras (né à Constantinople vers 1350, mort en 1415, peu après l’ouverture du concile de Constance). À la demande pressante du chancelier de Florence, Coluccio Salutati, il vient dès 1397 au Studio de Florence pour y enseigner la grammaire et la littérature grecque : quatre années lui suffisent pour dispenser un enseignement d’une incroyable fécondité. Le rayonnement en sera considérable, puisque tous ses élèves vont devenir de grands hellénistes, eux-mêmes professeurs et traducteurs d’œuvres grecques en latin : Guérin de Vérone, Leonardo Bruni, Carlo Marsuppini, Poggio Bracciolini, Francesco Filelfo. Après Florence, Chrysoloras enseigne en Lombardie, puis à Rome ; il embrasse le catholicisme et mène une carrière diplomatique. Ses Erotemata (grammaire grecque par questions et réponses) vont jouer au xve siècle un rôle fondamental pour tous ceux qui veulent apprendre le grec, bien au-delà de l’Italie : l’ouvrage est imprimé dès 1480, et connaîtra de nombreuses rééditions.
En France, s’il faut donner un nom pour le retour du grec, ce sera celui de Georges Hermonyme de Sparte, un Grec lui aussi, qui arrive à Paris en 1476 : il joue un rôle certes très important pour la connaissance du grec à Paris, mais il n’est pas d’une envergure comparable à celle de Manuel Chrysoloras.
Dans l’Italie du Quattrocento, de nombreux foyers d’étude du grec se sont développés tout au long du siècle. C’est d’abord Venise qui, en raison de ses liens commerciaux avec Constantinople, voit très tôt affluer les manuscrits grecs, avec le grand chasseur de manuscrits grecs que fut Giovanni Aurispa (c. 1376-1459). Pour l’enseignement, à Padoue, Jean Argyropoulos, venu de Constantinople, enseigne le grec de 1441 à 1444 avant d’aller poursuivre son activité à Florence, où il est réclamé par un groupe de soutien très ardent, à partir de février 1457 : durant près de 15 ans (jusqu’en 1471), ce grand professeur – qui est aussi un grand traducteur, notamment d’Aristote – va former des hellénistes de premier plan, comme Angelo Poliziano. Pour l’enseignement du grec, la Florence des Médicis ne cesse d’accueillir continuellement de grandes figures : ce sont Demetrios Chalcondyle (1424-1511), professeur et éditeur de textes grecs, puis Janus Lascaris. À Rome, plus que l’enseignement, c’est la traduction d’œuvres grecques qui est favorisée par Tommaso Parentuccelli, devenu pape sous le nom de Nicolas v de 1447 à 1455. Ce grand lettré, fondateur de la bibliothèque Vaticane, forme le projet grandiose de faire traduire en latin les grandes œuvres de la littérature grecque et réunit autour de lui toute une école d’hellénistes : Guérin de Vérone, Giannozzo Manetti, Théodore Gaza, et – un temps – Gregorio Tifernate, dont nous reparlerons. Fragile protection : à la mort de Nicolas
En France, quels sont, à la même date, les foyers d’étude potentiels du grec ? Où se trouvent les protecteurs de ces études et qui sont-ils ? Au foisonnement que nous venons de voir en Italie, où de puissants soutiens – sous des formes diverses – permettent la multiplication des centres d’enseignement du grec, s’oppose le monocentrisme culturel de la France : dans une France dont le territoire est certes beaucoup moins étendu qu’aujourd’hui, tout est centré à Paris. Dans le reste de la France, il n’y a, au début du
Un cas particulier : tout près de Paris, l’abbaye de Saint-Denis représente un point d’ancrage de grande importance pour la présence de la langue grecque en France, car un rôle de « conservatoire des études grecques en France »[1] lui a été très tôt dévolu. L’abbaye est placée sous le patronage de Denys l’Aréopagite, le converti de saint Paul[2], présenté comme l’auteur mystique de grands traités théologiques (le Corpus Dionysiacum), et volontairement confondu ensuite avec le premier évêque légendaire de Paris, qui serait mort martyr en 250. Cet amalgame est d’une grande importance religieuse et politique, l’ancrage avec le monde grec ayant une fonction de légitimation (politique et apostolique) ; mais il n’est guère significatif pour l’enseignement même du grec. Certes, au début du
Au
À Paris même, l’université, célèbre surtout pour son enseignement de théologie, attire des étudiants de toute l’Europe. Mais depuis sa fondation, c’est toujours le latin qui y domine de manière absolue : qu’il s’agisse des cours, des textes étudiés ou de la communication entre étudiants. Du reste, dans le cadre du trivium (grammaire, rhétorique, dialectique) et du quadrivium (arithmétique, géométrie, astronomie, musique), on voit mal quelle place pourrait trouver l’apprentissage des langues étrangères (hébreu, arabe, grec). « La forme même des cours s’y prêtait fort mal : lectiones magistrales ou disputationes des étudiants ; seule la meditatio (exercices) eût pu, à la rigueur, s’accorder avec un tel travail »[8].
Ce n’est donc pas dans les milieux de l’enseignement, mais plutôt dans ceux de la chancellerie qu’apparaissent, au sein du premier humanisme français, des personnalités qui montrent quelque intérêt pour le grec. Le goût pour les textes de l’antiquité classique – et en particulier pour les textes grecs – est bien présent chez certains des tout premiers représentants de ce mouvement, comme Laurent de Premierfait[9] (c. 1360-1408 : époque de Charles vi), Jean de Montreuil et Nicolas de Clamanges. Il faut aussi mentionner ici un personnage qui est resté un peu à l’écart des représentants du mouvement humaniste – bien qu’il fût connu d’eux et qu’il eût gagné leur estime –, le cardinal Guillaume Fillastre (1348-1428), grand collectionneur de manuscrits, qui a veillé à la constitution de la bibliothèque du chapitre cathédral de Reims : l’inventaire de cette bibliothèque, qui date du
Le mouvement humaniste en France est fortement entravé par la crise politique qui ravage le pays de 1420 à 1450 (terribles conflits entre Armagnacs et Bourguignons), et par les derniers épisodes de la guerre de Cent Ans. Quant à l’appui du pouvoir royal, il se manifeste de façon trop discrète, mais il faut noter que dans l’entourage de Charles
Deuxième partie : parcours chronologique du xve siècle à Paris.
Commençons par Nicolas de Clamanges (c. 1360-1437). Dans le ms. lat. 14752, conservé à la BnF, qui donne le texte des Saturnalia de Macrobe et que possédait Nicolas de Clamanges, nous trouvons un assez grand nombre de citations grecques, ajoutées de sa main, d’une encre plus foncée, dans les blancs qu’il avait à dessein laissés. Ces citations comportent, certes, quelques erreurs d’orthographe, mais dans l’ensemble elles sont fort correctement écrites, avec esprits et accents et d’une main assurée. Gilbert Ouy, qui a le premier signalé l’existence de ces citations grecques dans un manuscrit datable d’environ 1415-1418, estime que « le style de son écriture est proche de celui de Poggio Bracciolini » et pense que des liens ont probablement existé entre Nicolas de Clamanges et Poggio à l’époque du concile de Constance (1415) ; il conclut ses trop brèves remarques en disant qu’il faut donc « réviser assez sérieusement la périodisation généralement admise », et faire remonter de quelque 40 ans la date attribuée à la connaissance qu’on a pu avoir du grec à Paris[11]. Il y a là une piste à poursuivre : signalée depuis plus de 20 ans, elle n’a pas encore été exploitée
De fait, selon la « périodisation » ordinairement retenue, on date la première expérience d’enseignement du grec à Paris de 1458. C’est peu de temps auparavant, à l’automne 1456 exactement, que Gregorio Tifernate[12], un helléniste italien (originaire de Città di Castello, en Ombrie : en latin Tifernum) qui se fait parfois appeler le Grec, arrive à Paris. Ce Gregorio, né en 1414, est un ami de Lorenzo Valla ; il a été à Naples précepteur du jeune Giovanni Pontano, en 1447, puis il fait partie du groupe de traducteurs réunis autour du pape Nicolas
Le départ de Tifernate est suivi d’une nouvelle période d’inertie, qui va durer jusqu’en 1476. Il faut toutefois mentionner, juste avant cette date, le bref passage à Paris d’Andronic Callistos, en 1475 : ce copiste grec[14], collaborateur du cardinal Bessarion, enseigne à Bologne et à Florence, où il a pour élève Angelo Poliziano ; il est déjà septuagénaire quand, après avoir été contraint de vendre ses livres à Milan pour payer son voyage, il quitte l’Italie pour la France. On estime qu’il a pu donner quelques leçons de grec à Paris, avant de gagner l’Angleterre où il aide son compatriote Georges Hermonyme à sortir d’embarras.
C’est en mai 1476 qu’arrive en France celui qui va jouer le rôle majeur de tout le siècle : Georges Hermonyme de Sparte. Sa biographie comporte de nombreuses zones d’ombre : nous pouvons supposer qu’il est né vers 1430. Son épithète Lacedæmonius indique-t-elle qu’il était originaire de Sparte ? ou bien qu’il a été à Mistra l’élève du philosophe Georges Gémiste Pléthon, appelé « le dernier des Hellènes »[15], sans doute pour ses tentatives de faire retour à la religion grecque antique ? Autre question : quel pourrait être le rapport de Georges Hermonyme avec un autre copiste actif à la même époque, originaire lui aussi de Sparte, Charitonyme Hermonyme ? Autant de questions qui restent aujourd’hui sans réponse.
Georges Hermonyme quitte son pays pour l’Italie, sans doute vers 1465 ou 1470, et il rejoint à Rome le cercle lettré du cardinal Bessarion. Connaissant très bien la langue latine, il est chargé en 1473 d’une mission diplomatique en Angleterre pour le compte du pape Sixte iv ; il s’acquitte avec succès de cette mission et enseigne le grec, probablement, à Londres en 1474-1475 : il y a pour élève John Sherwood, évêque de Durham[16]. Mais à la fin de l’année 1475 le voilà soudain accusé d’espionnage par des marchands italiens qui sillonnent la Manche : emprisonné à la Tour de Londres, il ne recouvre la liberté qu’au printemps 1476, au prix d’une très forte rançon, et parvient à quitter l’Angleterre et à rejoindre la France, en maudissant à jamais tous les Britanniques. Il arrive à Paris en juin 1476 et va désormais se fixer en cette ville pour le reste de ses jours, déployant durant plus d’une trentaine d’années une intense activité de copiste de textes, de traducteur et de professeur de langue grecque.
Les recherches que nous venons d’achever, ces dernières années, à la section de l’humanisme, sur ce personnage, nous ont permis de retracer une grande part de son activité en examinant (directement ou sur microfilm) 119 manuscrits écrits de sa main ou contenant des traductions latines faites par lui et dont environ la moitié sont aujourd’hui conservées à Paris. Les textes transmis sont d’une extraordinaire variété : des auteurs classiques, intéressant la philosophie (Platon, Plutarque, Diogène Laërce), des orateurs (Eschine, Démosthène, Libanius), des poètes comme Homère, et son continuateur tardif Quintus de Smyrne, ou encore Hésiode, des auteurs tragiques (Eschyle, Euripide), un peu de médecine (Galien, Hippocrate), des traités grammaticaux byzantins et la Grammaire de Theodore Gaza, ainsi que des lexiques gréco-latins, des textes d’historiens (Thucydide, Xénophon), des chroniqueurs byzantins, des épistolographes, divers recueils de sentences morales, des textes sacrés (évangiles, épîtres, Psaumes) et des écrits religieux (prières diverses, liturgie, et une sorte de petit catéchisme de la foi chrétienne placé sous le nom du patriarche Gennade).
Jamais une telle quantité et une telle variété de textes grecs, classiques et byzantins, n’avait été disponible à Paris. Si la question de l’origine de toutes ces copies reste très difficile à résoudre, il est certain que G. Hermonyme en a réalisé un bon nombre pour répondre à des commandes bien précises. Ainsi le psautier contenu dans le ms. BnF gr. 45 a-t-il été copié à l’intention de David Chambellan, un maître des requêtes de Louis
Les élèves de Georges Hermonyme
Il est certain qu’Hermonyme donne à Paris, en un temps où il est le seul à pouvoir le faire, un enseignement de langue grecque. L’un de ses premiers élèves est, en 1477-1478, Johannes Reuchlin, dont la main grecque ressemble de façon frappante à celle d’Hermonyme. S’il ne reçoit jamais de consécration officielle au sein de l’université de Paris, Hermonyme est cependant devenu le familier de bien des universitaires parisiens. Une lettre de Jacques Lefèvre d’Étaples en date du 12 février 1495, adressée à Charles Bourré – trésorier royal et grand mécène –, parle des remarques faites par Hermonyme « cuius familiaritas mihi quam gratissima est »[17] : Hermonyme estime que l’enseignement des mathématiques manque à l’université de Paris, mais il n’envisage même pas le cas du grec, qui est, lui, totalement absent. C’est donc uniquement à titre privé que Georges Hermonyme a eu des élèves (et cette situation se prolongera fort avant dans le
Enfin, en 1495, l’arrivée de Jean Lascaris, amené de Naples par le roi Charles
Conclusion
Les résolutions du concile de Vienne vont tout de même finir par trouver leur application après quelque 200 ans. Au début du
Jean-Marie Flamand
[1] Voir Pascal Boulhol, La connaissance de la langue grecque dans la France médiévale, vie-xve siècles, Aix-en-Provence, p. 69 ; sur l’hellénisme sandionysien au Moyen Âge, voir Pierre Gandil, Les études grecques à l’abbaye de Saint-Denis au
[2] Sermon de s. Paul sur l’Aréopage : Actes, chap. 17, 31
[3] P. Boulhol, op. cit. p. 76 (et note 35), cite comme unique exemple hors de Saint-Denis un ms. des Areopagitica dans la bibliothèque pontificale d’Avignon.
[4] Voir P. Boulhol, op. cit., p. 35-39. Déposé le 8 octobre 827 à l’abbaye de Saint-Denis, ce manuscrit, présent hautement politique tout autant que spirituel, opéra aussitôt sur place, dans la nuit du 8 au 9 octobre (vigile et fête du saint patron), dix-neuf guérisons miraculeuses
[5] Ce manuscrit, dont la partie grecque est entièrement de la main de Johannes Reuchlin (qui fut – comme on le verra plus loin – l’élève de G. Hermonyme durant l’hiver 1476-1477) est « directement lié [au] premier enseignement du grec » donné par Hermonyme à Paris, selon Chr. Förstel, « Les manuscrits grecs », Art et métiers du livre, 2001, n° 222, p. 58.
[6] Chr. Förstel, art. cit., p. 58.
[7] P. Boulhol, op. cit., p. 77. Ce splendide manuscrit se trouve aujourd’hui au Musée du Louvre (cote MR 416- Ivoires 78) :
[8] P. Boulhol, op. cit, p. 79.
[9] L’intérêt de Laurent de Premierfait (ou de Champagne) pour la culture grecque a été particulièrement souligné par Carla Bozzolo, « La lecture des classiques par un humaniste français : Laurent de Premierfait », dans L’aube de la Renaissance, p. 75-76 : « Tulle, pour veoir plus loin, monta sur les espaulles de Aristote ».
[10] Sur Thomas Le Franc, voir E. T. Hamy, « Thomas de Coron, dit Le Franc », Bulletin de la Société française d’histoire de la médecine 7, 1908, p. 193-205 ; et Antoine Thomas, « Nouveaux documents sur Thomas Le Franc, médecin de Charles vii, protecteur de l’humanisme », Comptes-rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-lettres, 55 (9), 1911, p. p. 671-676.
[11] Gilbert Ouy, « Les relations intellectuelles entre la France et l’Italie à la fin du xive et au début du xve siècle », dans Les Humanistes et l’antiquité grecque (éd. par M. Ishigami-Iagolnitzer, Paris, éd. du CNRS, 1989, p. 79-90 (les passages cités sont à la p. 87).
[12] Sur Gregorio Tifernate, voir Louis Delaruelle, « Une vie d’humaniste au xve siècle : Gregorio Tifernas », Mélanges d’archéologie et d’histoire publiés par l’École française de Rome 19 (1), 1899, p. 10-33 (à compléter par une rectification importante de Louis Thuasne, Roberti Gaguini Epistole et Orationes, Paris, 1900, t. I, p. 9). Voir aussi la notice de S. Pagliaroli dans le DBI 59 [2002] 260-265.
[13] Voir Du Boulay, Historia Universitatis Parisiensis, t. V, p. 621, qui s’appuie sur les registres de l’université. Voir Antoine Thomas, « Un document inédit sur la présence à Paris de l’humaniste Grégoire Tifernas (novembre 1458) », Comptes-rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-lettres, 54 (7), 1910, p. 636-640.
[14] Voir Monica Centanni, « La biblioteca di Antonio Callisto. Primo inventario di manoscritti greci », Atti e memorie dell’Accademia Patavina di Scienze, Lettere ed Arti di Padova, 97 (3), 1984-1985, p. 201-223.
[15] Voir C. M. Woodhouse, Gemistos Plethon. The Last of the Hellenes, Oxford, 1986.
[16] Sur ce personnage, qui mourut à Rome le 12 janvier 1493/94, voir DNB 52, 146 ; P.S. Allen, « Bishop Sherwood of Durham and his library », English historical review 25, 1910, p. 445-456.
[17] Lefèvre d’Étaples, Epist. 8 Rice (The Prefatory Epistles of Jacques Lefèvre d’Etaples, ed. by Eugene F. Rice Jr., New York 1972), p. 26.
[18] Lettre citée, en traduction française, par Louis Delaruelle, Guillaume Budé. Les origines, les débuts, les idées maîtresses, Paris, 1907 (réimpr. Slatkine, 1970), p. 72.