mercredi 28 janvier 2009— Dernier ajout vendredi 2 janvier 2009

Francesco Maria Fiorentini

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Francesco Maria Fiorentini (4 octobre 1603 – 25 janvier 1673)

Francesco Maria Fiorentini naquit à Lucques le 4 octobre 1603. Après avoir appris les humanités auprès de Niccolò Tucci, il intégra en 1624 l’Université de Pise où il rencontra d’ailleurs Galilée. Domenico Del Vigna, le futur Directeur du Jardin botanique de la ville, y était alors Professeur et initia probablement le jeune Fiorentini à l’étude des simples. Le 10 juin 1629, après les cinq années normales d’un cursus universitaire, Fiorentini décrocha une Licence. Sitôt ce titre obtenu, il retourna à Lucques pour y débuter sa carrière de médecin. Il s’inscrivit au Collège des médecins de la ville qui l’envoya en déplacement dans divers endroits, afin de soigner la peste. Il travailla notamment au sein du lazaret que la République de Lucques avait mis en place et dont il avait été nommé responsable. Obligé de la sorte à rester en dehors de la cité et en contact direct avec les malades, il mit à l’épreuve les enseignements reçus à Pise. Son service au lazaret prit fin le 25 décembre 1630 et, après une quarantaine à Massa Pisana, il revint à Lucques à l’automne où il intégra l’Office des apothicaires. Il fut cependant exclu du Collège des médecins pour avoir quitté le lazaret trop tôt. Si la République lucquoise fit appel à lui lors d’une nouvelle épidémie en 1633 il ne réintégra le Collège des médecins qu’en 1636. Durant cet intermède, Fiorentini poursuivit son activité de médecin, qui constituait sa principale source de revenus. En 1638, une nouvelle épidémie survenue près de Ferrare le conduisit à Crémone. En mars 1647, l’épidémie de peste réapparut en Toscane. Fiorentini partit ensuite pour le Nord de la péninsule, où il rencontra les enseignants de l’Université de Padoue et des médecins de Venise. Au cours de nombreuses autres pérégrinations, Fiorentini s’est également rendu à Rome (1644) ou Gênes (1661). Sollicité à plusieurs reprises pour entrer au service de divers souverains, à Padoue, Parme, Florence ou Rome, le Lucquois préféra toujours rester dans sa ville natale.

Esprit curieux, Francesco Maria Fiorentini fonda un musée d’antiquités et se dota d’une vaste bibliothèque, au sein de laquelle il était parvenu à réunir de nombreux ouvrages portant sur l’histoire ecclésiastique, la médecine et la botanique (la bibliothèque de Lucques détient pour cette raison une très importante collection d’imprimés des XVIe et XVIIe siècles). Il a lui-même rédigé des traités d’histoire religieuse (une Martyrologie) et des traités d’histoire civile, notamment une biographie de la Comtesse Mathilde de Canosse. Il s’est aussi intéressé à la médecine et à l’anatomie. Lors de son séjour à Padoue, il réalisa des expériences sur le mécanisme mammaire et la circulation du lait, expériences qu’il consigna dans un traité d’anatomie que son ami génois Alcidio Musnier diffusa à d’importants savants de l’époque, tels que le Danois Thomas Bartholin ou l’Anglais William Harvey. Il a par ailleurs écrit un traité sur le froid et le chaud qui, en dépit d’un thème qui s’y prêtait volontiers, s’écartait des préoccupations galénistes. Sans pouvoir être considéré comme un représentant de l’école iatro-mécanique, Fiorentini était sensible au renouvellement des savoirs qui agitait alors la médecine, ce que prouve, entre autre, sa correspondance avec Malpighi ou Redi.

Deux traités manuscrits de Fiorentini s’intéressent plus spécifiquement aux plantes médicinales. Le premier, le Traité sur l’hysope, rédigé au cours des années 1650, consiste en un exercice de détermination de la plante dans lequel il confronte ses descriptions à celles effectuées par les Anciens, en particulier Pline. La correspondance de Fiorentini révèle qu’il s’était profondément et durablement investi dans la rédaction de ce traité, qui ne fut jamais publié. Le second traité, le Traité sur la fièvre, fut rédigé plus tardivement, au cours des années 1660, peu de temps avant la mort du naturaliste. Il comporte divers éléments se référant aux propriétés fébrifuges du quinquina, sur lesquelles il a réalisé des expériences mentionnées dans sa correspondance avec Redi. De façon plus générale, la correspondance de Fiorentini présente aussi de l’intérêt en raison de ce qu’elle donne à connaître des réseaux de naturalistes au XVIIe siècle. On sait par exemple que deux apothicaires de Lucques, les frères Baldassare et Michele Campi, ont joué un rôle prépondérant dans la rédaction de ces traités et la confection d’un herbier.

L’herbier de Fiorentini justement, composé de 15 volumes disponibles à la Bibliothèque d’Etat de Lucques, présente de multiples intérêts. Tout d’abord, l’hétérogénéité de sa composition suggère soit un travail fait à plusieurs, soit, ce qui est tout de même plus probable, qu’il s’agit d’une compilation de divers travaux issus de la botanique lucquoise des XVIIe et XVIIIe siècles. Le document constitue ainsi une source de premier choix pour étudier les pratiques de l’histoire naturelle dans une petite ville d’Italie avant la diffusion du linnéisme. Par ailleurs, l’herbier juxtapose différentes méthodes de classification qui sont exemplaires de la variété des taxonomies en vigueur à l’époque. Enfin, la présence de nombreuses plantes exotiques peut aussi donner lieu à une étude de la circulation des plantes dans les milieux naturalistes. La datation de l’herbier est impossible à effectuer, puisqu’il a continué d’être entretenu après la mort de Fiorentini, survenue le 25 janvier 1673 des suites d’une maladie qui avait débuté quatre ans plus tôt.

Sur Francesco Maria Fiorentini

Amadei, Lucia, Tomei, Paolo Emilio, Un erbario lucchese del XVII secolo, Pise, ETS, 2001

Arrighi, Gino, « Un galileo lucchese Francesco Maria Fiorentini », Actes du 2ème symposium d’histoire des sciences (Pise-Vinci, 16-18 juin 1958), Florence, Giuseppe Bruschi, 1960, pp. 202-212

Boumediene, Samir, Les réseaux de botanistes en Italie au XVIIe siècle, Mémoire de Master 1 de l’Ecole normale supérieure Lettres et Sciences humaines, non publié, 2007

Cotturi, Enrico, « La vita e l’opera di Francesco Maria Fiorentini medico lucchese del Seicento », Minerva medica, volume 50, 1959

Ceccarelli, Ubaldo, « Il carteggio di Francesco Maria Fiorentini, medico lucchese del’ 600, con alcuni scienziati del suo tempo », Minerva medica, volume 53, 1962

Danelli, Viviana, La Biblioteca di Francesco Maria Fiorentini (1603-1673), medico lucchese del ‘600 attraverso il fondo X custodito presso la Biblioteca Statale di Lucca, 2005

Della Campagna, Gian Piero, Ceccareli, Ubaldo, Francesco Maria Fiorentini (1603-1673), Lucques, Geminiani, 1960

Seghieri, Mario, Tomei, Paolo Emilio, « I cultori di botanica in Lucchesia dal XVI al XIX secolo », Atti Ist. Bot. Lab. Univ. Pavia, n. 6, XIV, Pavie, 1980-81, pp. 249-271

Seghieri, Mario, Tomei, Paolo Emilio, « Baldassare e Michele Campi », Atti della Società Toscana di Scienze Naturali. Memorie, Série B, 88, 1981, pp. 195-201

Sforza, Giovanni, F.M. Fiorentini e i suoi contemporanei lucchesi : saggio di storia littereria del XVII secolo, Lucques, Tipografia Giusta, 1879

Barsali, Enrico, « Notizie sull’erbario di F.M. Fiorentini, medico lucchese », Atti della Società Toscana di Scienze Naturali. Processi Verbali, XXV, 1916, pp. 32-35

 

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Sources manuscrites de Francesco Maria Fiorentini à la Biblioteca statale di Lucca

Références

Titre

« Fonds F »

« Francesco Maria Fiorentini »

Ms. 1233-1234

« Erbari di Francesco Maria Fiorentini »

Ms. 1234

« Sull’Isopo dissertazione di J.M. Fiorentini »

Franciscis Mariae Florentini Herbariorum Hyssopismus seu de sacra antiquorum hysopo restituenda phytocritica disquisitio in qua praeter nouam uulgatissimae dudum plantae notitiam dioscoridis atas expenditum et recentior quam fere omnis uelint asserit Plinius in multis uindicatum pugnantianonnuli in ueteribus botanicis conciliant. Aliqua de stirpibus apud neotericos – pendunt. Plurima in sacris et humanis literis.

Ms. 1235

« F.M. Florentini literarium »

Ms. 1236

« Francisci Mariae Florentini de epidemico cordis polypo ac lienis sphacelo tribus libris explicatae nuperae observationes ad excell. Luc. Respublicae illustrissimos valetudinis prafectos  »

Ms. 1237

« De febribus et de china chinae scripta varia F. M. Florentini »

Ms. 1238-40

« Abbozzi di consulti medici e di relazioni di aperture di cadaveri di Mario Fiorentini »

Ms. 1240-44

« Consulti e pareri medici di F. M. Fiorentini »

Ms. 1245-46

« Consulti di vari medici illustri »

Ms. 1247

« Miscellanea di scritti di vari autori »

Ms. 1248

« Raccolti di scritti riguardanti la medicina di vari autori »

Ms. 1249

« Miscellanea istorica  »

Ms. 1250

« Frammento di notizie storiche di cardinali di s. Chiesa »

Ms. 1251

« Elogiorum et inscriptionum schedrasmata »

Ms. 1252

« Scritti vari ascetici e di sacra erudizione »

Ms. 1253

« Copie di antiche bolle e privilegi »

Ms. 1254

« Miscellanea di scritti diversi  »

Ms. 1255

« Aduersaria medica seu ex quotidianis meditationibus experimentis ex tempore conflatae In multuariae tabulae »

Ms. 1256

« Esame dell’opuscolo di Bern Cattani de excrementis cordis. Tam lienis sphacelum quam cordis polypum antiquioribus ignotos morbos esse neminemque hucusque epidemicos demonstrasse dissertatio »

Ms. 1257

« Notizie e documento per servire alla storia di Voltosanto di Lucca raccolti da Francesco Maria Fiorentini »

Ms. 1258

« Polyanthea latina »

Ms. 1259

« Discorsi storici ed eruditi »

Ms. 1260

« Origines lucenses F.M.  Fiorentini »

Ms. 1261

« Avvertimenti alla Rep. Di Lucca sopra la difesa pubblicata sotto nome di Gir. Beraldi contro le censure fulminate da Mr Cesare Raccagna d’incerto autore »

Ms. 1262

« Le più antiche notizie della Rep. di Lucca »

Ms. 1263

« Brano degli annali di Lucca di F.M. Fiorentini »

Ms. 1264

« Florentini Marii Glossemata prisca et nobila in Nicandri Theriaca in latinum versa »

Ms. 1265

« De genuino puerorum lacte ac mammillarum usu F.M. Fiorentini Iatrophysici Lucensis nova assertio »

Ms. 1266

« Hieryonymi Florentini luc : ex capucinorum familia Apostolici apiud Aetiopes in Congitano regno admissi vita et virtutes »

Ms. 1267

« Diptica lucentia F.M. Florentini »

Ms. 1268-69

« Lettere di scienzati e letterati scritte a F. M. Fiorentini »

Autres manuscrits

Ms. 150

« Scritti vari di Baldassare e Michele Campi ed una lettera sula Triaca di Sebastiano Pissini »

Ms. 2772

« Miscallanea »

Ms. 3115

« Autografi italiani e stranieri raccolti da C.P. Paganini Vol. II »

Ms. 3224-3227

« Herbarium »

Sources relatives à Francesco Maria Fiorentini à l’Archivio di Stato di Lucca

Références

Titre

« Fonds Cerù »

« Legato di Nicolà Cerù »

« Cerù T. 50 »

« Autografi di scienziati vol. 1 »

« Cerù T. 51 »

« Autografi di scienziati vol. 2 »

« Cerù T. 113 »

« Francesco Maria Fiorentini e la medicina lucchesa del suo tempo »

« Cerù T. 115 »

« Scritti di vari medici »

Archives diverses

Références

« Collegio dei Medici »

4, f. 235 ; 5, f. 109 t

« Conservatori della Sanità »

4, f. 206 ; 23, f. 96 sq


Correspondances de Francesco Maria Fiorentini dans les Bibliothèques hors de Lucques

Références

Lettres contenues contenues

Biblioteca nazionale centrale di Firenze

Magl. VIII. S. IV. T. IX. 35-40

6 Lettres de Francesco Maria Fiorentini à Antonio Magliabechi :

De Lucques, le 29 juin 1668

De Lucques le 20 juin 1668

De Lucques, e 21 octobre 1668

De Lucques le 20 novembre 1669

De Lucques le 29 novembre 1669

De Lucques le 2 juillet 1670

« Carteggio familiare di Galileo ».

P. I. t. X, f. 220 : Francesco Maria Fiorentini à Galilée, Lucques, 12 juillet 1633

« Carteggio familiare di Galileo ».

P. VI. t. XII, f. 39Francesco Maria Fiorentini à Galilée, Lucques, 21 décembre 1633

Biblioteca Laurenziana di Firenze

Redi 222

f. 172-202-210 : 19 lettres de Francesco Maria Fiorentini à Redi

Biblioteca Universitaria di Genova

Epistolario Aprosiano

9 lettres de Francesco Maria Fiorentini au Père Angelico Aprosiano de Vintimille

Autografi Fiorentini

8 lettres de Francesco Maria Fiorentini à Alcidio Musnier

 

 

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