DE LA COLLECTION « EUROPA HUMANISTICA »
I. Objectifs de l’entreprise
a) Axe principal : la carrière des humanistes. On suivra donc un ordre chronologique rigoureusement continu, tempéré par le regroupement des rééditions.
Deux extrêmes à éviter :
1°) on ne vise pas à produire un travail spécialisé sur un seul érudit, mais un instrument de recherche, « dossier monographique » ;
2°) on ne vise pas à produire un catalogue de bibliothèque ou une bibliographie descriptive classique des éditions.
b) Cohérence d’ensemble de chaque volume : il s’agit de rassembler plusieurs monographies en fonction de critères intellectuels et historiques pertinents visant à :
– offrir un tableau cohérent de foyers érudits à une époque et en un lieu précis ;
– dégager des réseaux où les divers humanistes traités peuvent se faire écho.
Le choix sera déterminé par des impératifs chronologiques et géographiques et par des critères variés.
On commencera de préférence depuis l’origine (soit à la fin du XVe s. en France comme en Allemagne), dans le cadre d’une discipline dominante (hellénistes, médecins, juristes etc.), d’une école ou d’un milieu cohérent (v. gr. autour de Guillaume Budé et de Lefèvre d’Etaples), voire d’une région.
II. Choix des sources
GENERALITES
1°) Humanistes et autres figures de transmetteurs
Ne pas définir la transmission des textes de façon trop rigide, ne pas la réduire à la seule production d’œuvres critiques imprimées de type moderne (édition, traduction, commentaire ou annotation).
Faire également place aux copistes, aux traducteurs (Hermonyme), aux chasseurs de manuscrits destinés à l’impression (Guillaume Petit : FrHum I), aux collectionneurs et « directeurs de recherche » (Peiresc).
2°) Humanistes importants/ figures mineures
3°) Type de textes à retenir
– les paraphrases : à exclure
– grammaires, alphabets, dictionnaires : seront pris en compte dans le deuxième volume d’hellénistes français.
– recueils épigraphiques : ils sont à retenir aussi.
1. TRADITION MANUSCRITE.
Dans quelle mesure faut-il tenir compte des manuscrits ?
a) Cas d’une édition, d’une traduction ou d’un commentaire qui se présente pour ainsi dire comme un imprimé (exemplaire destiné à un mécène ou à l’impression), et qui est resté inédit : — Ce ms. sera intégré dans la monographie sous la forme d’une notice descriptive limitée (comme pour les imprimés) aux éléments historiques nécessaires à son identification et à l’éclairage de son contenu.
b) Cas de notes manuscrites à caractère philologique laissées par un humaniste (v. gr. notes de Gruter dans le codex Latinus Palatinus), de notes autographes aux marges d’un imprimé ou indirectes dans les imprimés portant des notes de cours : — on indiquera leur existence et, sommairement, leur contenu.
On peut au moins signaler ces sources manuscrites dans les notes critiques, voire en donner la liste en annexe.
2. TRADITION IMPRIMEE.
Recueils de textes. – Tenir compte de la seule œuvre de l’humaniste pris pour sujet de la monographie et non de celles qui peuvent avoir été associées dans un recueil par l’éditeur matériel (sauf cas de textes regroupés pour des raisons d’ordre polémique : on donnera alors une note explicative).
Indication des éditions antérieures. – Noter si une éd. reprend la préface d’une édition antérieure (par ex. incunable).
Manuscrits utilisés.– Signaler (si on le peut) les manuscrits utilisés pour les éditions.
Éditions successives. – Marquer si possible le lien entre les éditions successives.
Cela suppose que l’on ait pu examiner côte à côte les exemplaires ou, plus généralement, disposer d’instruments catalographiques suffisamment fiables (la collation systématique est hors de portée vu la masse de documents à traiter). Ces instruments aident au moins à éliminer nombre de confusions très aisées entre véritables éditions, partages d’une édition entre plusieurs imprimeurs-libraires, et simples émissions avec changement de la seule page de titre et modifications le cas échéant des cahiers contenant les pièces liminaires.
3. LIMITES CHRONOLOGIQUES.
Le principe. La collection s’inscrit dans des limites très larges (pour tenir compte des différences nationales) : XIVe-XVIIe s. pour les transmetteurs, deuxième moitié du XVe s. pour les textes transmis [certains transmetteurs antérieurs au XVIe siècle, comme Pétrarque, Valla ou Landino, pouvant eux-mêmes être repris en tant qu’auteurs transmis par les humanistes du XVIe siècle].
Signaler, si c’est possible, la date marquant une « coupure épistémologique » dans la transmission : variable en aval selon chaque texte (cf. l’éd. Hardouin de Pline l’Ancien, Paris, 1685). Le milieu du XVIIe s. constitue cependant un tournant, lié au renouvellement des sources et des méthodes.
Date limite choisie : entre 1640 et 1680 environ.
Notre entreprise reste centrée sur la transmission textuelle à l’époque humaniste : rejeter les éditions allant de la date-limite jusqu’au XIXe siècle (sauf cas d’œuvres inédites du vivant de l’humaniste et transmises plus tard) [éventuellement, signaler les éd. ultérieures plus sommairement à la fin de la liste ou dans une note finale].
III. Traitement des sources
1. VEDETTE AUTEUR TRANSMIS
Seuls les auteurs anciens transmis par l’humaniste principal sont à mettre en vedette.
Faire figurer dans l’index général du volume les auteurs anciens et leurs transmetteurs secondaires, associés arbitrairement par l’éditeur matériel, en raison de l’intérêt incontestable que peuvent présenter à certains égards de telles associations.
Cas où un groupe d’auteurs anciens apparaît en vedette (souvent selon des combinaisons différentes lors des rééditions) : — on peut soit prévoir des renvois internes, soit se contenter de la liste synoptique des auteurs anciens transmis figurant en tête de chaque monographie, suivis du titre normalisé des œuvres et de leur date de parution, en y insérant des renvois.
Suggestion. Une numérotation continue de l’ensemble des éditions d’un humaniste donné aurait un double avantage :
a) permettre ce type de renvois
b) éviter la fastidieuse mention des incipit et des explicit des pièces liminaires figurant dans les éditions successives (voir FrHum I).
Cette numérotation continue suivrait la carrière de l’humaniste et la rendrait mieux déchiffrable, à condition toutefois de ne plus la cloisonner d’une part en deux groupes d’éditions, avec et sans préface, d’autre part en deux groupes d’éditions (contemporaines et posthumes).
2. NOTICE DESCRIPTIVE DE L’EDITION.
Reproduction diplomatique / reproduction photographique. – Ne pas multiplier les difficultés dans la transcription typographique : même la transcription la plus scrupuleuse ne parvient jamais à remplacer une reproduction photographique de l’original.
Normalisation moderne et plus lisible des caractères. – Cette normalisation est pleinement compatible avec l’exactitude diplomatique du texte et avec le respect de la ponctuation de la page de titre comme des pièces liminaires suivantes.
Normalisation de la zone adresse : elle permettrait l’identification immédiate sous leur forme vernaculaire des noms des imprimeurs-libraires et des lieux d’édition, éventuellement assortie d’informations complémentaires tirées du colophon, et des indispensables précisions sur le partage de l’édition.
Précisions à apporter : la page de titre n’est souvent qu’un reflet infidèle du contenu du livre. Il faut donc préciser (aussitôt à la suite de la transcription de la page de titre) :
a) si l’édition comporte des œuvres non annoncées ;
b) si, au contraire, elle annonce des œuvres qui ne s’y trouvent pas ;
c) si l’édition contient un ou plusieurs index ou un errata, non annoncés dans le titre et parfois signés ;
d) si l’édition contient un privilège d’auteur, donné par un prince ou un ecclésiastique (beaucoup plus rare et significatif que le privilège d’imprimeur), une iconographie signée, etc.
Exemplaires examinés : mentionner, à la suite de l’adresse, la localisation et la cote de l’exemplaire examiné (assorti d’un signe conventionnel uniformisé pour toute la collection), donner les références bibliographiques concernant l’édition décrite.
Indiquer ici les particularités d’exemplaire : ex-libris, annotations manuscrites (indications de contenu ; anonymes ou non).
Indiquer ici quelle édition antérieure a été reproduite ou modifiée. Indiquer s’il s’agit d’une édition princeps ou d’une première édition dans une ville (v. gr. première édition parisienne).
Mention du format : pourrait figurer dans les cas où l’on a des raisons précises de l’indiquer, par exemple lorsqu’une nouvelle édition a lieu dans un autre format (changement significatif).
3. PREFACES ET PIECES LIMINAIRES.
a) Indiquer systématiquement dans les éditions successives leur reprise, leur absence ou les modifications intervenues :
– soit par un renvoi de numéro (préface reprise) ;
– soit par une explication (préface absente ou modifiée).
b) Préface d’une édition antérieure, écrite par un autre humaniste (par exemple dans un incunable : voir supra, II. 2. § 2) : inutile d’en reproduire le texte intégral, mais en signaler la présence (qui atteste au moins qu’il a été recouru à cette édition).
c) Reproduction de nouvelles préfaces et pièces liminaires dans les éditions successives : cette reproduction est souhaitable, car elles sont riches d’intérêt pour l’histoire de la réception du texte.
IV. Apports critiques au volume
1. BIBLIOGRAPHIE GENERALE. – Placée en tête du volume, ne contient que les instruments de travail généraux et la littérature critique concernant au moins deux monographies. N’y figure pas la bibliographie utilisée occasionnellement dans les notes. Seule cette bibliographie générale est siglée (une concertation est nécessaire avec les différentes équipes concernées, afin d’aboutir à une liste commune).
2. NOTICE BIOGRAPHIQUE DE L’HUMANISTE (placée en tête de chaque monographie) :
a) conçue comme une notice de dictionnaire, ne doit pas comporter de notes bibliographiques infrapaginales.
b) Contenu. — Ne doit pas commenter le reste de la monographie ni donner des informations qui y figureront, mais fournir des éléments qui n’apparaîtront pas dans le dossier afin d’éclairer :
– l’activité et le milieu de l’humaniste (maîtres, élèves, protecteurs, etc.)
– le lien entre l’œuvre érudite et l’œuvre contemporaine ou les activités politico-religieuses.
3. BIBLIOGRAPHIE : comporte deux sections.
a) Première section : énumère les instruments généraux, toujours siglés.
b) La seconde : littérature critique (sous forme chronologique plutôt qu’alphabétique), sélective pour la littérature ancienne, exhaustive pour les recherches plus récentes.
4. PREFACES ET PIECES LIMINAIRES.
La mention des variantes ultérieures : les variantes seront regroupées, par souci d’économie, dès la première parution de la préface (ne noter que les plus significatives).
Résumé. — On donnera un résumé du texte complet, divisé en paragraphes, avec une numérotation correspondante dans le corps du texte (présentée de manière à la distinguer de celle des pages, folios ou signatures).
Objet du résumé : mettre en évidence les faits précis intéressant l’histoire du texte et le contexte historique. Ne pas détailler ou reproduire les éloges topiques (sauf s’ils reflètent des faits plus concrets servant à confirmer l’importance d’un mécénat attesté par ailleurs).
Pièces liminaires. — Traduire les pièces liminaires en grec, qu’elles soient ou non déjà accompagnées d’une version latine (celle-ci n’étant pas toujours fidèle).
5. APPARAT CRITIQUE : se limite à noter les variantes significatives et à corriger les fautes évidentes (les crochets carrés suffisant à rétablir sans autre explication de simples coquilles d’imprimeur).
6. DIVERSES ANNOTATIONS HISTORIQUES ET LITTERAIRES.
Où placer les notes ? — Soit en bas de page, soit à la fin du document, selon l’ampleur que l’on veut leur donner (notamment dans le cas de notices bio-bibliographiques destinées à documenter exhaustivement les personnages cités).
La première solution est plus pratique pour le lecteur ; elle suppose sélection et synthèse des seules informations utiles à la connaissance du personnage cité ou à la compréhension du texte à l’époque où il a été écrit.
Identification des citations. — Explicites, mais souvent aussi implicites, les citations d’auteurs anciens doivent être identifiées. De même pour les noms géographiques, les personnages historiques ou mythologiques réputés peu connus. [En revanche, on peut se passer de documenter les auteurs anciens les plus connus et réserver les éclaircissements à des auteurs ou à des œuvres rarement cités].
Forme des références. — Pour les références aux auteurs anciens, retenir une forme cohérente :
– soit abrégée, suivant l’usage des éditions philologiques modernes ;
– soit complète (dans le cas des auteurs et des textes les moins connus).
7. INDEX.
a) Index général du volume : y inclure les institutions érudites (universités, collèges) et les bibliothèques privées ou ecclésiastiques mentionnées dans les préfaces ou dans les notes.
b) Index particuliers : ne pas les multiplier (c’est peu pratique).
c) Index des auteurs anciens transmis, renvoyant aux humanistes concernés : indispensable pour le public des antiquisants.
d) Index des dédicateurs (à l’exclusion de l’humaniste principal) et des dédicataires : permettrait d’alléger l’annotation critique à l’intérieur de chaque monographie (s’il était conçu sous la forme de brèves notices de dictionnaire).