Pour les auteurs, quelques-uns avaient échappé par excès à notre filtrage (par confusion de noms, de dates ou de caractérisation). Tout de suite on s’est aperçu que, par exemple, PETRUS DE ALLIACO n’avait rien à voir avec nos auteurs ; la confusion était due à la caractérisation de l’auteur comme « Pampilionensis » et aussi à cause des éditions faites à Salamanque au début du XVIe siècle.
Inversement, il existait des noms qui avaient été exclus à tort : ainsi, PETRUS JUAN PERPINIÀ n’avait pas été retenu en raison d’une interprétation malheureuse sur son origine : c’est plus tard que nous-mêmes avons pu confirmer qu’en fait il était né à Valence (et non à Perpignan), qu’il avait travaillé à Lisbonne et à Coimbra avant de partir pour l’Italie et de mourir, à l’âge de 36 ans, en France : il s’est révélé un humaniste d’un temps nouveau, un jésuite de la deuxième génération, personnellement très doué et très sensible à la culture collective de son groupe e de son temps.
Pour la fiabilité des fichiers individuels, nous pouvons confirmer que nous avons retenu l’information disponible, mais, heureusement, par après la recherche a beaucoup progressé dans notre monde universitaire. Nos fichiers présentent encore une validité opératoire, mais il faut aller plus loin. Il y a même des cas d’excellence, bien que quelques ajouts complémentaires soient utiles. Il suffira d’indiquer un ou deux cas, où la recherche bibliographique nous a été facilitée par des recherches spécialisées :
ACHILLES ESTAÇO (STATIUS)
n. 1524 m. 1581
NAN 1. 3-4; BM 1. 4-10; RHCEE 4. 96, 267, 300-302; 7. 102; EV 7. 1348-1349; 19. 1200; BHP 2111-2126; FLF 442, 452, 453
1957, A. MOREIRA DE SÁ, "Manuscritos e obras impressas de Aquiles Estaço", Arquivo de Bibliografia Portuguesa, 3, n. 12, 167-178;
1991, BELMIRO FERNANDES PEREIRA, As orações de obediência de Aquiles Estaço, Coimbra.
DIDACUS PIRES
n. 1517 m. 1607 u. 1537
NAN 1. 394; BM 2. 79-80; 4. 103; EV 15. 183-184; BHP 2944-2959; FLF 429, 430, 464, 371, 384, 391
1980, J. P. SANTOS CARVALHO, "De Évora a Ragusa: a peregrinação sem regresso de Didacus Pyrrhus Lusitanus", O Instituto, 140-141, 79-100.
1984, CARLOS ASCENSO ANDRÉ, Um poeta no exílio - Portugal na obra de Diogo Pires (diss. ), Coimbra.
1990, CARLOS ASCENSO ANDRÉ, Mal de ausência - o canto do exílio na lírica do humanismo português (diss. doct.), Coimbra.
1992, G. H. TUCKER, "Didacus Pyrrhus Lusitanus (1517-1599), poet of exile", Humanistica Lovaniensia, 41, 221-443
Inversement, il y a eu des moments où notre bonne foi a été trahie par des sources trompeuses. C’est le cas de Stephanus Cavaleiro (Stephanus Eques / Miles, d’après les sources de base). Avertis par un ami (Manuel Saraiva Barreto, aujourd’hui malheureusement décédé, mais qui était très attentif à son objet d’étude que mes responsabilités scientifiques m’amenaient à suivre de près), j’ai dû corriger définitivement et impitoyablement son fichier :
STEPHANUS CAVALEIRO
u. 1493
NAN 2. 289; BM 1. 753-754; RHCEE 4. 69; ANS 557; EV 19. 723-724; BHP 1976-1978; FLF 198
Artis grammatice precepta
Salmanticae 1493 = Sevilla, Bib. Colomb. (Vindel, El arte tipográfico en España durante el siglo XV – Salamanca, Zamora, Coria y Reino de Galicia, Madrid, 1946, pp. 53-54; falso describitur, deponit Manuel Sariava Barreto, “Os Artis grammaticae praecepta de Estêvão Cavaleiro”, Humanitas, 33-34, 1982, 31-47)
Artis grammatice precepta: [ I ] Praecepta ad prima grammatices rudimenta perutili prosodiae tractatulo bonis ex auctoribus; [ II ] Prosodie tractatus grammatice (...) optimis ex auctoribus excerptum feliciter inicipit: Prosodie grammatices secunda pars est que latine dici potest
Hispali 1503 Ioannes Pegnicer de Nuremberga (ed. Lazaro de Gazanis) = Évora BP Inc 25-26 (sec. XVI 6315); Sevilla B Colomb 12. 600 (a1; quaternion, sc., primum tantum)
Epigramma authoris ad barbariem necnon ad Virginis dei matris artem
(Noua Grammatices Marie Matris dei Virginis ars – sub fine)
Noua Grammatices Marie Matris Dei Virginis Ars cuius author est magister Stephanus eques lusitanus. Haec grammatices ars quinque libros continet, Primus liber est de dictionum declinabilium praeceptis (…). Secundus est de octo dictionum earumque omnium accidentium aetymologia. Tertius vero est de earum quoque octo dictionum syntaxi. Quartus es de prosodia et de omnium syllabrum quantitate. Quintus est de syntaxeos figurarumque omnium copiosis praeceptis.
Olissipone 1516 Valentinus Fernandus (& Herman de Campis – infertur ex capitularibus litteris] = Coimbra BU R-31-5
Grammatica in quinque libris summa diligentia correctis
Olissipone 1517 Petrus de Bonis-Hominibus (de existentia huius editionis dubitatur, quamuis a NA laudata)
À mesure que des recherches menées par nos étudiants avançaient ou nous-mêmes arrivions à des résultats certifiés, il nous a été possible de récupérer et valider des informations antérieures. Soit un auteur de la première génération des jésuites :
MICHAEL VENEGAS
n. 1531 m. 1567 u. 1559
EV 18. 861-862; BHP 3210-3215
1972, NIGEL GRIFFIN, “Some Jesuit theatre manuscripts”, Humanitas, 23-24, 1971-72, 427-434;
1973, NIGEL GRIFFIN, “Miguel Venegas and the sixteenth-century Jesuit School Drama”, The Modern Language Review, 68, 1973, 796-806.
1995, J. F. ALCINA, Repertorio de la poesía latina del Renacimiento en España, Salamanca.
2002, Margarida Miranda, Miguel Venegas e o nascimento da Tragédia Jesuítica, Universidade de Coimbra.
ms Lisboa BN Cod. 3308, p. 413-423
Absalom (1562)
ms Lisboa BN Cod. 3092, f. 91-122; Évora BP Cod. CXIV/1-40, f. 202-241; New York Hispanic Society of America ms 411/53, f. 101-137
Achabus (1560)
ms Lisboa BN Cod. 3092, f. 3-53; Cod. 3308, p. 491-567; Chantilly, Arch. des Jés. Fonds Vanège, ms. 6500, f. 162-213; Coimbra BU Cod. 1235, f. 160-217; Colonia, Histor. Arch. der Stadt, Hs. Univ. 1058, f. Bv ff.; Évora BP Cod. CXIV/1-40, f. 17-80; Messina, BU, Fondo Vecchio, ms 113, p. 193-261; New York Hispanic Society of America Ms HC 411/53, f. A-58r; Roma BN, F.G. ms 142, f. 8-28
Aenigmata
ms Lisboa BN Cod. 3308, p. 958; 959; 961
Carmen de nuptiis Isabellae et Philippi Baeticae Regum (an. 1560)
ms Lisboa BN Cod. 3308, p. 381; Evora BP CXIV / 1-40, fl. 181v
Dialogus in diem praemiorum
ms Lisboa BN Cod. 3308, pp. 559-567; Évora, BP, CXIV / 1-40, fls. 134-151
Gratulatio in aduentu Rev. Episc. Risamensis de Sancta Cruce a Pio quarto Pontifice Maximo legati
ms Évora BP Cod CXIV/1-40; Lisboa BN Cod. 3308, p. 457-466; New York Hispanic Society of America Ms HC 411/53, f. 137-147
Elegia de regina peregrinatione
ms Évora, BP Cod. CXIV/1-40, f. 179v
Epigrammata alia (a. 1560)
ms Évora, BP Cod. CXIV/1-40, f. 181ss.
Epigrammata aliquot (a. 1574)
Ms Madrid,ms E-65 (= D-206), fls.122-151; 193v-194
Epigrammata uaria (a. 1559)
ms Évora, BP Cod. CXIV/1-40, f. 176; Lisboa BN Cod. 3308, p. 430-436
Saul Gelboaeus (1559)
ms Lisboa BN Cod. 3092 p. 53-91; Cod. 3308, pp. 283-362; Chantilly Arch. des Jés. fonds Vanège, ms 6500, 120-160; Dillingen, Studienbibliothek Hs 219, f. 101-186; Évora BP Cod. CXIV/1-40, f. 81-132; Cod. CXVIII/1-221, f. 122-159; Munich BU Hs. 521 f. 32-75; New York Hispanic Society of America Ms. HC 411/53 f. 58-101; Roma BN F.G. Ms. 24, f. 58r-101r; F.G. Ms. 142, f. 30-43r.
Oratio de laudibus Ioannis Tertii, II Oct. 1559
ms Lisboa BN Cod. 3308 p. 363-379
Oratio de D. Elizabethae laudibus
ms Lisboa BN Cod. 3308, p. 401—412
Oratio Grammaticae (anapestis) ad Prosperum cardinalem a. d. 1561
ms Évora, BP Cod. CXIV/1-40, f. 168v
Oratio Rhetoricae (hexametris) ad Prosperum cardinalem a. d. 1561
ms Évora, BP Cod. CXIV/1-40, f. 169
Oratio Dialecticae (saphicis) ad Prosperum cardinalem a. d. 1561
ms Évora, BP Cod. CXIV/1-40, f. 170
Oratio Philosophiae (asclepiadaeis) ad Prosperum cardinalem a. d. 1561
ms Évora, BP Cod. CXIV/1-40, f. 171
Pro adserenda Hispaniorum eruditione (in laudem Alfonsi García Matamoros)
Alcalá, 1553).
1943, ap. A. Garcia Matamoros, ed. J. López de Toro, Apologia. «Pro adsererenda…», Madrid, pp. 63-64)
Alcina, 1995: n. 454. 2, p. 206.
C’est donc en toute confiance que nous avons répondu à l’invitation de participer à une action élargie orientée vers la remise des auteurs et des textes de l’humanisme européen. Nous sommes très obligés envers Jean-François Maillard et à son équipe d’avoir lancer cette initiative, à laquelle nous voulons apporter une contribution des auteurs portugais qui font partie de HISLAMPA tout en révisant les fichiers et en élargissant notre horizon de recherche. Le résultat sera PORTHUM, c’est-à-dire, le PORTUGAL DES HUMANISTES : HISLAMPA sera toujours le point de départ pour la navigation dans l’océan bibliographique et point de passage pour la récolte de nouvelles informations ou l’élimination des données périmées. Nous espérons franchement apporter des informations qui puissent appuyer des connaissances plus approfondies pour soutenir nos points de vue sur l’humanisme portugais et européen, notamment dans le cadre de l’humanisme hispanique.
Pour nous TRANSERE est un défi salutaire et aussi une chance. Acceptant d’y collaborer, nous essayerons de partager des informations. Si nous trouvons des financements pour des boursiers, nous préparerons des protocoles pour la saisie directe des données d’après les exemplaires conservés dans les bibliothèques. Pour augmenter l’ampleur de la saisie et la précision des données bibliographiques, nous lancerons des appels concrets à la collaboration de nos prestigieux partenaires étrangers ; les équipes représentées dans TRANSERE seront pour nous des collaborateurs obligatoires si leurs membres acceptent répondre à nos contacts.
Notre projet prétend revoir les fichiers des auteurs d’origine portugaise, laissant pour nos collègues espagnols (en tout premier lieu, nos compagnons de route en HISLAMPA) la partie qui leur revient plus directement.
Je ne voudrais pas exagérer l’importance de nos dossiers pour l’ensemble de l’humanisme européen. Cependant, je ne manquerai pas d’attirer l’attention pour ce qui est en cause : l’intérêt de la culture commune qui nous concerne tous à travers la longue durée des siècles et dont aucune part ne doit être négligée.
La contribution portugaise à l’humanisme littéraire a certes une importance moins grande et moins noble que celle d’autres pays. Mais peut-être faudra-t-il prêter attention au fait que le héros de l’Utopie de Thomas More est un Portugais – Raphael Hytlodée. Si nous allons de l’utopie au réel, il ne faut pas mépriser le fait que l’Europe et le monde, pendant des siècles, ont étudié la langue latine au moyen de la grammaire d’un jésuite portugais, EMMANUEL ÁLVARES : les De institutione grammatica libri tres ont connu plus de 530 éditions, imprimées dès Lisbonne à Pékin et au Japon (tout en passant par Eborae, Antuerpiae, Vilnae, Londini, Lugduni, Coloniae, Dilingae, Posnaniae, etc.). Qui lit Erasme, aimera surement avoir une information exacte et complète de cet auteur plus ou moins inconnu à qui il fait des éloges et qui s’appelle HERMICUS / HENRICUS CAYADO. En outre, nous avons l’honneur de partager avec des autres un intérêt quelques fois particulier pour un auteur tel que DIDACUS PIRES (qui écrivait aussi sous le nom de FLAVIUS IACOBUS) qui, laissant sa ville natale, Évora, et son pays, a passé une partie de sa vie en Croatie et y a laissé ses manuscrits.
Nous sommes également conscients que souvent nos auteurs, qui ont passé beaucoup de leur vie dans un pays étranger, sont devenus des témoins qualifiés des pays qu’ils ont visités. D’autres auteurs reflètent l’image d’un monde en plein changement. C’est une surprise l’apparition toute récente de l’édition du De platano de João Rodrigues de Sá de Meneses, un humaniste portugais dont la vie couvre la fin du XVème et une partie très large du XVIème : ma collègue de travail et ancienne disciple Ana-María Sánchez Tarrío, qui a fait sa thèse de doctorat justement sur cet auteur (défendue sous notre orientation, à l’Université de Saint-Jacques de Compostela, 2000), a travaillé ce même texte et, depuis un an, elle en attend la publication d’une édition critique chez la Fondation C. Gulbenkian (on pourra y trouver des nouveautés, même au plan de l’heuristique des témoins, par rapport à l’édition allemande qui l’a devancé: João Rodrigues de Sá de Meneses, Die Platane – Liber de platano (1557), ed. Roger Friedelein & Angelika Lozar, Müchen, Wilhelm Fink, 2008). Cette convergence d’intérêts prouve qui nos auteurs sont représentatifs d’un moment de culture européenne. C’est un patrimoine de culture commune que nous défendons.
L’intégration dans le projet TRANSERE nous permettra, croyons-le bien, de donner une dimension plus large et plus qualifiée à notre travail. Nous avions pensé que nos fichiers, dans leur état actuel, seraient utiles à partager, même sous des conditions. L’occasion offerte par TRANSERE nous permettra d’aller plus loin, suivant un schéma de contenus travaillés d’une façon normalisée, d’après des règles d’accès et de partage uniformes, permettant des combinaisons de fichiers bien identifiés et ouverts, orientés pour des résultats d’ensemble et selon des applications que bénéficieront à tous ceux qui se retrouvent dans la culture incarnée par nos auteurs. De cette façon, notre culture aura un horizon plus large et mieux intégré.
Aires A. Nascimento
Lisbonne, Fac. Lettres, Centre d’Études Classiques