mardi 20 juillet 2004— Dernier ajout jeudi 23 février 2006

Berquin, Louis de

BERQUIN, Louis de - | lat. DEBERQUINUS

  • ca 1490
  • 1529, 17 avril. Humaniste, théologien réformé.

 ? EHum : ne figure pas.

Il est issu d’une famille de petite noblesse flamande (qui possédait le fief de Jumelles et de Vieux-Berquin, aujourd’hui à 11 km au sud-est d’Hazebrouk, dans le département du Nord). La première mention de son nom se trouve dans la dédicace à lui faite par Josse Bade du second volume des Opera de Politien, Paris, 1502. Il vint probablement à Orléans suivre des études de droit civil, en compagnie de Nicolas Bérault qui en 1519 le recommanda à Érasme comme « un homme très savant ». Vulgarisateur des écrits d’Érasme et de Luther, il dut affronter trois procès pour hérésie, en 1523, en 1525-1526 et enfin en 1529. Ses démêlés avec les théologiens commencent en mai 1523, quand il est découvert en possession d’écrits luthériens (livres et manuscrits de Luther, Melanchthon, Hutten), interdits par un édit du Parlement. En juin 1523, certains de ses écrits sont condamnés par la faculté de théologie : il est emprisonné à la Conciergerie, et les écrits incriminés sont brûlés publiquement le 8 août 1523. Mais grâce à l’intervention de François Ier, il est libéré en novembre, non sans avoir juré son horreur pour l’hérésie luthérienne. En 1525, ce sont des manuscrits appartenant à Berquin et contenant des traductions en français (faites par Berquin) d’œuvres d’Érasme qui sont examinées par la faculté : quatre de ces traités sont condamnés (Declamation des louenges de mariage [= Encomium matrimonii], Briesve admonition de la manière de prier [paraphrase par Érasme de Matthieu et de Luc], Symbole des Apostres [= Inquisitio de fide], et Complainte la la paix [= Querela pacis]). Malgré l’interdiction faite par la faculté d’imprimer ces manuscrits, ils sont toutefois imprimés en octobre. Érasme, aussitôt informé des condamnations par Noël Béda, le syndic de la faculté, répond qu’il ne connaît Berquin que par lettres, et que les traductions de celui-ci peuvent avoir ajouté quelque chose à ses propres écrits (Ep. 1579). Dès janvier 1526, Berquin est de nouveau emprisonné, alors que le roi, retenu prisonnier en Espagne après sa défaite de Pavie (24 février 1525), ne rentre à Paris que le 18 mars 1526. La reine-mère Louise de Savoie oppose à la requête du Parlement une demande adressée au pape de créer un tribunal spécial de quatre juges pour éradiquer l’hérésie. Berquin, se croyant fort de l’appui du roi et de la reine mère, lutte pour obtenir un procès équitable devant le Parlement. Le 23 mars 1526, il est déclaré relapse et hérétique et livré au Parlement (le bras séculier : lettre de Béda à Érasme, Ep. 1685). À la suite d’interventions d’Érasme, du roi et de Marguerite de Navarre, Berquin fut finalement relâché par le Parlement en novembre. Il s’employa aussitôt à attaquer ses persécuteurs. Commission papale de 12 membres. Berquin est finalement condamné et mis à mort le 17 avril 1529. Selon le jugement de Théodore de Bèze, Icones : Berquin aurait pu être le Luther de la France s’il avait trouvé en François Ier un appui aussi sûr que celui qu’avait trouvé Luther en Frédéric le Sage, électeur de Saxe.

Notices - Bayle I 782-785. || Haag 2, p.218-226. || CEr 1, 135-140 Gordon GRIFFITHS [notice exceptionnellement riche et détaillée, importante docum. archiv., bibliogr.].

Études - Louis HAUREAU, « Louis de Berquin », Revue des Deux-Mondes 79, 1869, p. 454-481. || Margaret MANN, « Louis de Berquin et l’Enchiridion d’Érasme », Revue du Seizième Siècle 18, 1931, p. 89-103. || Margaret MANN, « Louis de Berquin traducteur d’Érasme », Revue du Seizième Siècle18, 1931, p. 309-323.

Lien - http://www.renaissance-france.org/r…

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