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Bérault, Nicolas

mardi 20 juillet 2004, par Jean-Marie Flamand

BERAULT, Nicolas | var. BERAULD
- ca 1473.| Orléans
- 1550
Humaniste. « C’est le type même du professeur-éditeur » (M.-M. de La Garanderie1, p. 481).

EHum 63 - AT : Appianus Alex., Ar., Asconius Pedianus, Cic., Lucianus, Lucr., Plin. Major, Plut., Suet., Val. Max. (2) Biblia (3) Athanas. Alex. (4) Belvisi, Giacomo ; Corpus Iuris Civilis ; Fichet, Guillaume ; Filelfo, Francesco ; Guillelmus Parisiensis ; Poliziano, Angelo ; Spagnuoli, Giovanni Battista ; Theophylactus Bulgarorum Archiepiscopus ; Valla, Lorenzo

Après avoir étudié les arts et le droit civil à Orléans, il a probablement (vers 1494) fait un voyage en Italie qui lui a dû lui permettre de rencontrer Ermolao Barbaro et Politien. Rentré à Orléans, il ouvrit un pensionnat (ou « pédagogie ») qui acquit vite une notoriété telle qu’Érasme s’y arrêta, à l’automne 1506, sur la route qui le menait en Italie. En même temps qu’il enseigne, Bérault étudie le grec, suivant notamment les cours publics que donna à Orléans Jérôme Aléandre de décembre 1510 à juin 1511. Venu à Paris en 1512 à l’occasion d’un procès, il travaille avec Josse Bade et donne des leçons publiques à l’université. Il est introduit dans les milieux lettrés parisiens par François Deloynes (ami de Budé) et fréquente ainsi Budé, Germain de Brie, Louis Ruzé, Louis de Berquin, Janus Lascaris, Salmon Macrin. Il correspond avec Érasme et compte Étienne Dolet parmi ses élèves.
En mai 1512, il publie chez Josse Bade, avec l’aide de son ami Louis de *Berquin, les Opera omnia de Politien en deux volumes, d’après l’édition aldine de 1498. Cette édition fait de lui « l’introducteur en France des théories poétiques de Politien » (P. Galand-Hallyn2). En 1513, il explique Quintilien, puis commente Politien (de novembre 1513 à juillet 1514). Suscitant l’enthousiasme de ses auditeurs, il devient vite « sans conteste le meilleur professeur de lettres de Paris »3, comme en témoignent les documents conservés de son enseignement. Étroitement lié au milieu des libraires-imprimeurs parisiens, il épouse en 1516 la veuve de l’imprimeur Jean Barbier. Il donne une édition de Pline l’Ancien (Paris 1516), travaille sur Suétone (praelectio en 1515), sur Cicéron et sur Aristote, et édite en 1518 les Commentaires de Théophylacte sur les Épîtres de Paul. Il traduit deux opuscules de Lucien et compose des préfaces pour divers éditeurs parisiens. Enfin il publie en 1534, à Lyon, chez Sébastien Gryphe, un dialogue sur l’art d’improviser en latin, inspiré à la fois de Politien et du Ciceronianus d’Érasme.

Notices - Bayle I 760-762. || Haag, 2, p. 297-303.|| CEr 1, p. 126-128 M.-M. DE LA GARANDERIE.

Études - Louis DELARUELLE, « Notes biographiques sur Nicolas Bérault, suivies d’une bibliographie de ses œuvres et de ses publications », Revue des bibliothèques 12, 1902, p. 420-445.|| ID., « Études sur l’humanisme français : Nicole Bérault, notes biographiques suivies d’un appendice sur plusieurs de ses publications », Le Musée belge 13, 1909, p. 253-312 [IRHT-hum, rec. fact. Hum. 5].|| ID., « Notes complémentaires sur deux humanistes », Revue du XVIe siècle 15, 1928, p. 311-323. || 1 M.-Mad. DE LA GARANDERIE, « Comment parler couramment le latin : un dialogue de Nicolas Bérault (1534) », Acta Conventus Neo-Latini Turonensis, Paris, 1980, p. 481-493.|| M.-Mad. DE LA GARANDERIE, « Travaux italiens et français sur Pline l’Ancien : l’édition parisienne de Nicolas Bérault (1516) », dans L’aube de la Renaissance, Genève, Slatkine, 1991, p. 209-224.|| 2 Perrine GALAND-HALLYN, « Nicolas Bérault lecteur de Politien », dans Luisa SECCHI TARUGI (ed.), Poliziano nel suo tempo : atti del VI Convegno internazionale (Chianciano-Montepulciano 18-21 luglio 1994), Firenze, 1996, p. 411-427.

=> 3 M.-Mad. DE LA GARANDERIE, Christianisme et lettres profanes, Paris, 1976, p. 55-75 (2e éd. revue, Paris Champion 1995, p. 47-68).